Il s’agit de la deuxième visite du président ukrainien en France en l’espace de deux semaines. Sur le front, l’armée russe continue de progresser à Myrnohrad, à l’est de Pokrovsk, et mène des assauts à l’ouest de la ville, en direction de Pavlohrad afin de contraindre les défenseurs ukrainiens à se retirer. Les derniers jours ont également été marqués par une progression rapide de Moscou en direction d’Houliaïpole, dans la région de Zaporijia.

À Vychhorod, au nord de Kiev, à plusieurs centaines de kilomètres du front, des immeubles d’habitation ont été frappés hier, dimanche 30 novembre, par des drones shahed russes équipés d’armes à sous-munitions 1.

  • Les discussions entre Zelensky et Macron devraient principalement porter sur « les conditions d’une paix juste durable, dans la continuité des discussions de Genève et du plan américain et d’une concertation étroite avec les partenaires européens », selon un communiqué de l’Élysée.
  • La précédente visite du président ukrainien, le 17 novembre, avait débouché sur un engagement de Kiev pour l’achat de 100 avions de chasse Rafale. 

Cette nouvelle visite intervient alors que la position de Zelensky — mais aussi celle des Européens — devient de plus en plus fragile.

  • Andriy Yermak, chef de cabinet de Zelensky, figure centrale de la vie politique ukrainienne depuis 2020 et chef de la délégation pour les pourparlers de paix depuis 2022, a démissionné vendredi 28 novembre, à la suite de la perquisition de son domicile par des agents du Bureau national anticorruption (NABU) et du Parquet spécial anticorruption (SAPO).
  • Il a été remplacé dans la foulée par Roustem Oumierov, secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale, pour mener les négociations avec les États-Unis sur la fin de la guerre.
  • Cela s’ajoute à l’opposition de la Belgique à l’utilisation des actifs russes gelés pour financer un prêt à l’Ukraine, ainsi qu’à l’alignement de la position de Washington sur les revendications maximalistes de la Russie pour mettre fin à la guerre.

La semaine dernière, le Telegraph avait révélé que les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, s’apprêtaient à proposer à Poutine la reconnaissance par les États-Unis de l’appartenance de la Crimée et « des autres territoires ukrainiens occupés » au territoire de la Russie, lors d’une visite à Moscou qui devrait avoir lieu demain, mardi 2 décembre 2. Oumierov a rencontré Witkoff et le secrétaire d’État américain Marco Rubio en Floride hier, dimanche 30 novembre.

La reconnaissance de jure de ces territoires par la Maison-Blanche est identifiée par le Kremlin comme « l’un des points clefs des négociations avec les États-Unis ».

  • Depuis son retour à la Maison-Blanche, le réflexe de Trump a consisté à accepter les demandes maximalistes de la Russie et à accroître la pression sur l’Ukraine, tout en excluant les Européens de toute discussion.
  • Dans une formulation difficilement compréhensible, le plan américano-russe en 28 points présente les États-Unis comme médiateur entre l’OTAN et Moscou.
  • Jusqu’à maintenant, la position européenne s’est limitée à tenter de convaincre Trump de modifier son approche, sans succès décisif.
  • Selon des sources consultées par la revue, un possible accord de paix pourrait ouvrir la voie à un rapprochement russo-américain susceptible d’inclure plusieurs accords de coopération économique — notamment autour de l’Arctique.