La Chine a entrepris à l’automne 2025 des travaux d’aménagement visant à installer des systèmes logistiques, des radars, un héliport ainsi qu’une piste d’atterrissage sur le récif d’Antelope, long de 6 kilomètres, situé à environ 280 kilomètres des côtes chinoises et 320 kilomètres du Vietnam.

  • Des images satellites prises par Vantor les 19 juillet et 14 août montrent que Pékin a récemment terminé la première phase de construction sur le récif, dont le contour semble désormais entièrement remblayé 1.
  • Selon le CSIS, des travaux d’aménagement auraient déjà débuté en vue de la construction d’une piste d’atterrissage de 3 kilomètres de long dans le nord-ouest du récif 2.
  • L’île dispose d’un atout stratégique majeur : un port en eau profonde qui pourrait permettre, à terme, de ravitailler des navires patrouillant en mer de Chine du Sud.

Compte tenu de l’ampleur des travaux, le récif d’Antelope pourrait devenir le plus grand avant-poste chinois de la région.

  • Il s’agit du premier projet de construction majeur en mer de Chine du Sud entrepris par Pékin depuis 2017, avant que les pressions internationales ne ralentissent son expansionnisme.
  • Le site bénéficie d’un emplacement stratégique qui pourrait accueillir des missiles sol-air et antinavires ainsi que des avions, comme sur l’île voisine de Woody, située à environ 100 kilomètres.

Une fois opérationnel, le récif d’Antelope pourrait soutenir les opérations des garde-côtes chinois. Afin d’asseoir ses revendications territoriales en mer de Chine du Sud, Pékin a considérablement investi ces dernières années dans cette branche, et dispose aujourd’hui d’une flotte de près de 700 navires, ce qui en fait la première au monde.

  • Les garde-côtes chinois sont régulièrement impliqués dans des affrontements avec des équipages de bateaux de pêche des pays de la région – Philippines, Vietnam notamment –, et participent également à des exercices avec la marine.
  • Selon l’expert en droit de la mer Lowell Bautista, les infrastructures en construction à Antelope devraient permettre aux garde-côtes d’organiser des déploiements « plus persistants et mieux coordonnés » 3.

Dans ses dernières projections, le CSIS estime que les patrouilles des garde-côtes chinois pourraient doubler cette année par rapport à 2025 autour du récif de Scarborough, au large des côtes philippines, si la tendance observée au premier semestre se maintient 4.

  • En effet, durant les six premiers mois de l’année, 933 journées de présence de navires des garde-côtes chinois ont été enregistrées autour du récif, contre 1 099 sur l’ensemble de 2025.
  • L’année dernière avait déjà constitué un record, avec deux fois plus de journées de présence de navires des garde-côtes qu’en 2024 (1 099 contre 516).