L’Organisation de coopération mondiale sur l’intelligence artificielle (WAICO) est une initiative lancée par Pékin le 16 juillet, en marge de la Conférence mondiale sur l’IA de Shanghai. Elle réunit à ce jour 29 pays, dont la Chine.
- Selon les médias d’État chinois, l’organisation « vise à promouvoir la coopération internationale et la gouvernance mondiale en matière d’IA, en veillant à ce que celle-ci soit bénéfique, sûre et équitable, favorisant ainsi son développement sain et ordonné au profit de l’humanité tout entière » 1.
- Dans sa forme actuelle, celle-ci se présente toutefois plus comme une plateforme principalement tournée vers les pays du Sud, et notamment les participants aux Nouvelles routes de la soie, que comme une initiative mondiale.
- WAICO compte ainsi seulement 2 pays européens (la Biélorussie et la Serbie), un seul pays du Moyen-Orient (Oman) et aucun pays nord-américain. La majorité de ses membres se situent en Asie du Sud-Est, en Asie centrale et en Afrique.
Contrairement à la Pax Silica, l’initiative américaine qui vise à renforcer la coopération dans les chaînes d’approvisionnement de l’intelligence artificielle et les technologies de pointe, WAICO ne compte aucun pays qui occupe une position stratégique en matière d’IA.
- La Pax Silica réunit à la fois les Pays-Bas, qui détiennent le monopole des machines de lithographie à ultraviolets extrêmes, la Corée du Sud, qui contrôle la majeure partie de la production de puces mémoire à haute bande passante, le Royaume-Uni, qui joue un rôle clef dans l’architecture des puces ARM, et deux pays du Golfe, le Qatar et les Émirats arabes unis, qui disposent de larges capitaux et d’une énergie bon marché pour alimenter les centres de données.
- Taïwan, qui fabrique plus de 90 % des semi-conducteurs de pointe au monde, a également participé au deuxième sommet qui s’est tenu fin juin à Washington en tant que pays non-signataire.
L’initiative chinoise est présentée par Pékin non pas comme une plateforme sino-centrée, mais comme un forum où divers pays pourront travailler sur des programmes de formation, des projets communs et des sujets de gouvernance de l’IA. Dans son discours du 17 juillet, Xi Jinping a ainsi présenté l’organisation comme la réponse « à l’appel du Sud global », et annoncé la création d’ici 2031 de 5 000 places de « formation et de perfectionnement spécialisées en intelligence artificielle » à destination des pays en développement.
- Pékin a l’ambition d’accueillir des dizaines de nouveaux membres au sein de WAICO, afin de porter la taille de l’initiative à 40 voire 50 pays.
- Celle-ci pourrait notamment s’ouvrir aux membres des BRICS qui n’ont pas signé l’accord fondateur, dont l’Iran et l’Égypte.
- Les deux membres restants du groupe, les Émirats arabes unis et l’Inde, ont quant à eux déjà rejoint la Pax Silica américaine, ce qui pourrait compliquer une éventuelle adhésion future à WAICO.
- Le Kazakhstan, pays fondateur de l’Organisation de coopération de Shanghai, est à ce jour le seul pays appartenant à la fois à la Pax Silica et à WAICO.
Lors de la la cérémonie de signature de l’accord créant la WAICO à Shanghai est à signaler la présence d’António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.
Sources
- « 29 countries sign agreement on establishing World AI Cooperation Organization », Xinhua, 16 juillet 2026.