Le document final de la réunion, déjà approuvé par les ambassadeurs des 32 Alliés, commence par une formulation classique, mais qui prend aujourd’hui une valeur différente : les dirigeants réaffirment leur « engagement inébranlable » envers l’article 5 du traité de Washington : « Une attaque envers l’un d’entre nous est une attaque envers nous tous. »
- Si cette phrase figure dans la plupart des communiqués de l’OTAN, elle est cette fois placée en ouverture afin que Donald Trump l’endosse publiquement.
- Jeudi 2 juillet, le président américain affirmait encore sur Truth Social que le soutien américain à l’OTAN était devenu « ridicule » et « à sens unique », reprochant aux Européens de ne pas avoir soutenu les États-Unis lors des frappes contre l’Iran.
- Avant son arrivée en Turquie, il a publié une photo de lui aux côtés de la présidente italienne du Conseil, accompagnée de la légende « Restraining order needed ».
- Les États-Unis s’apprêtent également à réduire le nombre de troupes stationnées en Europe, le président Trump lui-même ayant à plusieurs reprises indiqué que cette présence était un moyen de pression pour récompenser ou punir les alliés. Le Pentagone mène actuellement une réévaluation de six mois des forces américaines en Europe.
Malgré ses menaces contre le Groenland, son scepticisme quant au soutien à l’effort de guerre ukrainien et sa proximité avec Poutine, les dirigeants alliés tenteront surtout d’éviter un affrontement avec Donald Trump.
- Pour cela, les discussions se concentreront particulièrement sur la hausse des dépenses de défense et les bénéfices que cela apporte à l’industrie de défense américaine.
- Pour préparer le terrain, le secrétaire général de l’OTAN a déjà déclaré que les achats d’armes européens soutenaient environ 195 000 emplois aux États-Unis.
- Lors du sommet de La Haye en 2025, les Alliés se sont accordés sur un nouvel objectif à l’horizon 2035 : consacrer 5 % du PIB à la défense (dont 3,5 % pour les dépenses militaires et 1,5 % pour les infrastructures).
- Le sommet d’Ankara vise donc à organiser sa mise en œuvre.
- Tous les pays membres ont atteint en 2025 l’objectif de 2 %.
- Aujourd’hui, la Pologne demeure de loin le premier pays en termes de dépenses, avec 4,3 % du PIB déjà consacrés à la défense. Suivent les États baltes et nordiques (entre 3 et 4 %), puis les États-Unis (3,2 %).
Concernant l’Ukraine, les Alliés devraient confirmer une aide militaire de 70 milliards d’euros pour 2026, avec un engagement d’un niveau au moins équivalent pour 2027.
- Les discussions porteront principalement sur les livraisons de systèmes de défense aérienne, de munitions d’artillerie de 155 mm et sur le financement de l’industrie de défense ukrainienne.
- La Maison-Blanche a également confirmé que le président américain allait rencontrer Zelensky en marge du sommet, puis discuter avec Poutine.
- Dans un entretien avec le Financial Times, le président ukrainien a déclaré que Donald Trump lui avait dit, lors d’un appel téléphonique samedi, que l’Ukraine « s’en sort très bien » avec sa campagne de drones à longue portée et hier, 6 juillet, Trump a déclaré : « Nous sommes bien plus proches que les gens ne le pensent » de la fin de la guerre 1.
Le sommet confirme également le rôle de puissance incontournable de l’OTAN joué par la Turquie.
- Deuxième armée de l’OTAN avec environ 355 000 militaires d’active, la Turquie contrôle les détroits du Bosphore et des Dardanelles, tout en maintenant un dialogue avec Kiev et Moscou.
- Trump a d’ailleurs déclaré qu’il assistait au sommet uniquement par respect pour Recep Tayyip Erdoğan.
- Ankara entend profiter de cette rencontre pour sortir définitivement de son isolement au sein de l’industrie de la défense américaine et européenne.
- Erdoğan réclame la levée des restrictions à l’exportation imposées après l’acquisition des S-400 russes et les opérations turques en Syrie, ainsi qu’une participation pleine aux nouveaux programmes européens d’armement.
- Le président américain a annoncé qu’il viendrait à Ankara avec « un cadeau qui fera grand plaisir à Erdoğan », sans doute l’autorisation de vente des avions de chasse américains F-35.
Sources
- Christopher Miller, « Zelenskyy says ‘battle in the sky’ will decide outcome of war with Russia », Financial Times, 6 juillet 2026.