Au cours d’une conférence de presse aujourd’hui, jeudi 16 avril, le chef d’état-major américain Dan Caine a déclaré que l’armée américaine avait diffusé des messages radio à 13 navires qui étaient sur le point de passer outre le blocus, les avertissant : « Faites demi-tour ou préparez-vous à être abordés. Si vous ne respectez pas ce blocus, nous recourrons à la force ». 

Ces derniers ont depuis modifié leurs itinéraires.

  • Caine a déclaré que le blocus était appliqué « à l’intérieur des eaux territoriales iraniennes et dans les eaux internationales », et ajouté que la marine américaine pourrait poursuivre jusque dans l’Indo-Pacifique « tout navire battant pavillon iranien ou tout navire tentant d’apporter un soutien matériel à l’Iran ».
  • Il a précisé que la zone concernée par le blocus se situait entre le golfe d’Oman et la mer d’Arabie, plutôt que dans le détroit d’Ormuz lui-même — ce qui réduit l’exposition américaine aux drones et missiles de Téhéran. 
  • L’Iran dispose de plusieurs ports à proximité de la frontière pakistanaise, notamment à Chabahar, où se trouve le seul port en eau profonde de la République islamique qui donne sur l’océan Indien.

Seulement deux navires ont traversé le détroit d’Ormuz durant la journée, entre minuit et 17h, heure de Paris. Ces navires sont : 

  • Le Neshat, un cargo iranien parti de Tanzanie au début du mois d’avril, est arrivé au port iranien de Bandar Abbas jeudi 16 en fin de matinée. Celui-ci avait hésité à entrer dans le golfe d’Oman samedi 11 avril, mais a finalement repris sa route lundi matin, avant l’entrée en vigueur du blocus.
  • Le Lucky Ocean, un cargo qui navigue sous pavillon de la Gambie, a traversé le détroit jeudi matin avec ses signaux AIS désactivés. Il déclare rejoindre Sharjah, aux Émirats arabes unis, et le port iranien de Bandar Lengehn, à l’ouest du détroit. Ses données de navigation montrent toutefois qu’il se trouvait au large des côtes omanaises depuis le 11 avril.

Il s’agit du plus faible nombre de passages de navires depuis le 27 mars. 

  • Aucun navire iranien transportant du pétrole ne semble avoir passé le détroit d’Ormuz depuis l’entrée en vigueur du blocus, lundi 13. 
  • Si le blocus se poursuit et que le pays n’est plus en mesure d’exporter son brut, ses réserves de pétrole pourraient arriver à pleine capacité dans 10 à 15 jours.
  • Passé ce délai, les producteurs seront contraints de fermer les puits.