Canberra. Le Parti libéral australien connaît une importante crise interne qui a atteint son apogée ces derniers jours, posant de sérieux problèmes au parti et remettant en question le futur de l’actuel gouvernement australien. En conséquence des points de vue divergents sur l’avenir du parti, les plus conservateurs de la coalition ont demandé à pouvoir choisir un nouveau leader selon l’institution australienne du “leadership spill”. À cette occasion, le ministre de l’Intérieur Peter Dutton s’est constitué principal concurrent du leader actuel du parti, le premier ministre Malcolm Turnbull.

Le premier “leadership spill” du mardi 21 août a vu Malcolm Turnbull gagner le vote interne avec 48 soutiens contre 35, conservant ainsi son rôle de leader des libéraux et de premier ministre. Ce résultat fut suivi de la démission de Peter Dutton du ministère de l’Intérieur, suivi par d’autres membres du gouvernement (1).

Malgré la Victoire de Turnbull au premier “leadership spill”, l’idée d’un nouveau “leadership spill” a circulé parmi les députés dans les jours suivant, forçant le Parlement à interrompre ses travaux afin de permettre au parti libéral de se réunir pour choisir un nouveau leader. C’est Peter Dutton lui-même qui a demandé ce nouveau vote, persuadé de pouvoir rassembler une majorité qui le porterait à la tête du parti et du gouvernement (4). Mais, dans l’intervalle, de nouveaux noms ont été portés sur le devant de la scène afin de remplacer Turnbull, parmi lesquels l’actuelle ministre des affaires étrangères Julie Bishop et le ministre des finances Scott Morrison. Finalement, vendredi 24 août, le conservateur Scott Morrison est sorti de la mêlée, devenant ainsi le nouveau leader du parti libéral et remplaçant Turnbull au poste de premier ministre (2).

La crise interne du parti a éclaté  à la lumière de la baisse du soutien au gouvernement Turnbull mis en évidence par de récents sondages qui témoignent du désir d’un changement de leader afin d’aller vers des positions plus conservatrices pour gagner les élections fédérales l’année prochaine. Pour Morrison, la prochaine étape sera de former un nouveau gouvernement et de s’assurer qu’il pourra obtenir la majorité au parlement. En effet, depuis la dernière élection, l’actuel gouvernement s’appuie sur les députés indépendants et les sénateurs afin de s’assurer la majorité. Ce qui pourrait changer avec un nouveau premier ministre plus conservateur (3).

Perspectives :

  • Après sa défaite, Turnbull a démissionné de son poste au parlement, entraînant l’organisation d’une législative partielle dans sa circonscription afin de le remplacer. Cela pourrait poser problème au nouveau gouvernement qui s’appuie sur les votes des indépendants.
  • Si Morrison échoue à obtenir la majorité au parlement, des élections anticipées seront organisées. La législature actuelle prendra fin en novembre 2019, mais un changement de leader à la tête de la coalition pourrait nécessiter des élections anticipées.

Sources

  1. Parliament is melting. Here’s why and what happens next, ABC News, 23 août 2018.
  2. DAVIES Anne, Who is Scott Morrison ? Evangelical churchgoer behind Australia’s tough line on immigration, The Guardian, 24 août 2018.
  3. GREEN Anthony, How and when to call the next federal election, ABC, 24 août 2018.
  4. KIMMORLEY Sarah, GHAZARIAN Zareh, Malcolm Turnbull will likely face another leadership spill — here’s what it is and how it works, 23 août 2018.

Chiara De Lazzari