Économie

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Les sanctions économiques fonctionnent-elles vraiment  ?

Depuis 1979, l’économie de la République islamique d’Iran s’est développée avec elles. Si elles n’ont pas réussi à transformer le régime, elles ont empêché la formation d’une classe moyenne, limité la croissance et renforcé les élites politiques qui, dans un État autoritaire, sont les plus à même de les contourner. Une étude en 10 points signée Djavad Salehi-Isfani.

De Lénine à Poutine, des infrastructures titanesques ont façonné le paysage de la Russie. Des centaines de milliers d’hommes sont morts pour les construire. Pour des barrages, des centrales nucléaires ou des méga-usines, ils ont brisé les glaces de l’Arctique, détruit des écosystèmes, asséché des lacs. Hier comme aujourd’hui, ces rêves d’acier et de béton sont surtout des armes de guerre. Paul Josephson revient sur leur histoire — du goulag à l’invasion de l’Ukraine.

La Russie est-elle vraiment en économie de guerre  ?

À y regarder de plus près, les ressources financières et industrielles de Moscou — mais aussi sa main-d’œuvre — sont loin d’être aussi illimitées que Poutine le prétend. Dans une étude chiffrée, le spécialiste des politiques de défense Pavel Luzin nous plonge au cœur d’une économie de l’armement largement en crise depuis l’invasion de l’Ukraine — et qui repose désormais sur des stocks de l’ère soviétique.

«  Notre modèle de mondialisation comportait une faiblesse fondamentale  ». Dans une leçon qu’il vient de prononcer à Washington, l’ancien Banquier central propose une analyse et un diagnostic. «  En Europe, nous pouvons également aller plus loin en finançant plus d’investissements collectivement au niveau de l’Union  ». Nous la traduisons pour la première fois en français.

Partout, les politiques industrielles se redéploient. Mais comment garantir leur efficacité  ? En Israël, une success story ambitieuse s’est arrêtée net lorsque la coalition d’intérêt qui la sous-tendait s’est affaiblie. Dans cette étude de cas depuis Tel-Aviv, Erez Maggor montre qu’à l’heure de la guerre des capitalismes politiques, la puissance de l’État ne suffit pas à relancer une politique industrielle.

Autrefois principale matrice, le seul gain économique est devenu insuffisant pour évaluer les forces et faiblesses stratégiques du secteur privé sur la scène internationale. Afin de surmonter les nouvelles rivalités géopolitiques, les entreprises doivent repenser leurs modèles, pratiques, activités – jusqu’à leur géographie, qui se retrouve à nouveau au premier plan.

Il n’y a pas de fatalité au déclin économique de l’Italie. Mais pour l’enrayer, il faut cesser de se complaire dans le mythe d’un pays dont la singularité tiendrait à une certaine culture de l’illégalité. C’est à l’État de faire respecter la loi et de favoriser un climat favorable aux affaires. Pour Andrea Capussela, il n’en prend pas la route avec Giorgia Meloni  : elle n’a rien fait pour affronter les maux qui minent l’économie italienne, bien au contraire. À force, ceux-ci pourraient s’étendre au continent.

Demain, Emmanuel Macron sera en Inde pour une visite de deux jours. C’est le moment d’examiner la stratégie économique du pays le plus peuplé du monde. Depuis son élection, en 2014, Narendra Modi entend profiter de la défiance suscitée par la Chine de Xi Jinping pour mieux promouvoir l’attractivité indienne. Dans un monde déjà travaillé par de fortes tensions, cette ligne pourrait ouvrir un nouveau front dans la guerre des capitalismes politiques.

Une idée s’est installée dans le débat  : saisir des actifs gelés de la Russie pour les utiliser à la défense et à la reconstruction de l’Ukraine. Alors que la Commission européenne a présenté en décembre une feuille de route pour saisir les profits générés par les actifs de la Banque centrale de Russie gelés depuis 2022, et que le G7 travaille à des propositions pour saisir l’ensemble des actifs, nous faisons le point avec le directeur du CEPS, qui a publié dès mars 2022 plusieurs travaux sur l’efficacité des sanctions contre la Russie.

«  Ne vous laissez pas intimider par les parasites qui vivent de l’État  ». À Davos, dans un discours débité à toute vitesse face à Klaus Schwab, Javier Milei a voulu sauver «  l’Occident  » des dangers d’un capitalisme trop régulé. Il a suscité beaucoup de réactions — et quelques applaudissements gênés. Nous traduisons et commentons la première sortie internationale du paléolibertarien à la tête de l’Argentine.