Comprendre la mécanique invisible de la nouvelle configuration géoéconomique
Comprendre la mécanique invisible de la nouvelle configuration géoéconomique
Les données le montrent : les élections de juin ne mobilisent pas.
À l’heure actuelle, l’Union apparaît aux Européens toujours aussi distante et byzantine. C’est cette image qu’il faut urgemment briser si nous voulons éviter le cauchemar. Karel Lannoo livre des pistes concrètes pour changer de cap.
Une idée s’est installée dans le débat : saisir des actifs gelés de la Russie pour les utiliser à la défense et à la reconstruction de l’Ukraine. Alors que la Commission européenne a présenté en décembre une feuille de route pour saisir les profits générés par les actifs de la Banque centrale de Russie gelés depuis 2022, et que le G7 travaille à des propositions pour saisir l’ensemble des actifs, nous faisons le point avec le directeur du CEPS, qui a publié dès mars 2022 plusieurs travaux sur l’efficacité des sanctions contre la Russie.
Dans son ensemble, l’Europe contrôle plus de 27 % de l’industrie de défense au niveau mondial — en deuxième position après les États-Unis. Pourtant, depuis des années, les multiples tentatives de l’Union pour intégrer ses systèmes de défense patinent. Selon Karel Lannoo, directeur général du CEPS, il faut profiter d’une situation exceptionnellement dangereuse pour faire émerger un marché.
L’effet à court terme des sanctions financières est limité. Compte tenu de notre dépendance à l’égard de l’énergie russe, elles n’ont fait qu’augmenter les prix, procurant ainsi davantage de revenus à la Russie. La clef sera le gel par le monde occidental des actifs internationaux de la Banque centrale russe, des grandes sociétés et des particuliers russes.
À ce jour, la politique étrangère et de sécurité de l’Union reste largement nationale. Pourtant, la menace est là.
Pour Karel Lannoo, il faut adapter les structures de sécurité sur le continent.
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