Méditerranée

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Malgré l’interdiction de toutes les activités des Frères Musulmans et leur classement sur la liste du terrorisme en octobre 2013, le mouvement continue à jouer un rôle politique en Egypte, grâce notamment à sa présence en Turquie. L’organisation a retrouvé sa place en tant qu’acteur de l’opposition, arrivant jusqu’à organiser une mobilisation contestataire, en se servant d’un hashtag et d’une chaîne télévisée.

Albanie, Monténégro et Serbie sont tous trois frappés depuis l’hiver par une vague de contestations citoyennes. Parfois chaque semaine, des milliers de manifestants se rassemblent dans les capitales et les centres régionaux pour contester le pouvoir en place. Si les revendications relèvent le plus souvent du pouvoir d’achat, de la corruption et du changement démocratique, les mouvements sont très disparates et varient fondamentalement d’un pays à l’autre.

L’Istituto Ricerche Internazionali Archivio Disarmo (IRIAD) de Rome a publié un rapport sur l’état du trafic illicite des armes légères et de petit calibre (SALW) dans la Méditerranée élargie. Signaux faibles qui démontrent le statut de la Méditerranée comme pont géopolitique pour le trafic illicite. Outre les Balkans et le Moyen-Orient, l’Afrique apparaît comme un territoire de transit et de destination. Mais les acteurs régionaux ont posé la question de savoir comment mettre un terme à ces trafics.

Malgré la pression de la communauté internationale, l’opération militaire lancée par Khalifa Haftar le 4 avril se poursuit. L’homme fort de l’Est a décidé de mettre fin à la présence du gouvernement de Tripoli, soutenu par l’ONU, et compte reprendre la capitale par les armes. Un contrecoup pour comprendre qu’en est-il de la stratégie du maréchal Haftar, de ses soutiens et de la nouvelle configuration politique en Libye qui est en train de se créer.

Ahmed Gaïd Salah a évincé Abdelaziz Bouteflika, mais la guerre fait rage dans les arcanes du pouvoir algérien pour déterminer le déroulement de la période de transition. L’armée, les services secrets, la classe politique, le peuple  : personne n’est d’accord sur le calendrier et les modalités de la transition. Beaucoup de questions, et peu de réponses.

L’avancée des forces armées libyennes de Khalifa Haftar vers Tripoli, avec le soutien d’un large éventail de puissances internationales, dont Riyad en particulier, s’inscrit dans le cadre de la tentative du maréchal de s’asseoir à la table des négociations en position de force lors des élections. Dans une situation où la position d’Al Serraj semble de plus en plus mince, la perspective la plus réaliste semble être celle d’un renforcement des négociations avec Tobrouk.

La victoire dans les villes d’Istanbul, d’Ankara, d’Antalya et de Mersin offre une consolation de prestige pour le CHP, alors que le score de l’AKP ne s’érode pas, restant au même niveau qu’en 2014. Mais les problèmes économiques grandissant de la Turquie ont rattrapé le «  reis  », qui a pourtant pesé de tout son poids dans cette campagne. Le CHP sera-t-il capable de saisir cette opportunité pour se reconstruire  ?

Jair Bolsonaro dessine peu à peu sa politique extérieure au fil de ses visites diplomatiques  : après les Etats-Unis et le Chili, il s’est rendu en Israël du 31 mars au 3 avril. L’entrevue entre les deux dirigeants était vivement attendue, après l’annonce du président brésilien en octobre 2018 du possible transfert de l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem. Même si Bolsonaro tient à préserver ses intérêts économiques dans les pays arabes voisins, son rapprochement avec Netanyahou constitue bien une rupture avec la politique étrangère de Lula et ses successeurs, qui avaient à maintes reprises fait part de leur soutien à la question palestinienne.

Lors de l’Assemblée générale de son parti, le 31 mars, Silvio Berlusconi a expliqué qu’il travaillait à une alliance du PPE avec les souverainistes de droite du prochain Parlement européen afin de créer une nouvelle « souveraineté européenne ». Si la proposition d’alliance a de fortes chances d’aboutir à un résultat positif, le véritable objectif de l’ancien Premier ministre est de revenir au pouvoir à Rome.