Méditerranée

Long format

L’impossibilité pour le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez de trouver un accord avec Podemos, démontre que le système politique espagnol est désormais marqué par une crise d’ingouvernabilité. Cette crise qui s’ouvre est définie par une méfiance populaire généralisée à l’égard des élites politiques, qui paraissent avoir abdiqué à leur rôle. Même la perspective de nouvelles élections ne semble pas pouvoir inverser la tendance d’une paralysie du système politique espagnol.

Entre discussions budgétaires et affaire Fakhoury, la rentrée libanaise aura été marquée par un renouvellement des hostilités entre Israël et le Hezbollah, dont certains membres combattent en Syrie au côté de l’Iran, tandis qu’Israël tente de détruire leurs positions sur place. Le survol illégal de Beyrouth-Sud par deux drones israéliens (dont l’un s’est écrasé tandis que l’autre a explosé en vol) a légitimé les propos belliqueux du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. Depuis lors, les provocations réciproques se sont multipliées, chacune étant mobilisée par les parties aux fins de leurs propres objectifs politiques. L’ensemble dénote à nouveau la faible assise démocratique d’un gouvernement libanais qui, bien qu’élu, peine à s’appuyer sur des citoyens désabusés, pour contrer les mécanismes enclenchés par des entités infra-étatiques non démocratiques.

Demain, mardi 17 septembre, des élections législatives anticipées vont avoir lieu en Israël. Benjamin Netanyahou (Likoud) n’a pas réussi à former une coalition depuis les dernières élections en avril dernier.

Le lundi 9 septembre, Mazara del Vallo en Sicile a été le point de départ des premiers navires de pêche italiens à opérer dans les eaux orientales libyennes sur la base d’un accord d’une durée de cinq ans. Il s’agit du premier accord opérationnel qui protège enfin les navires de pêche italiens du risque d’opérer sans autorisation dans une zone maritime particulièrement poissonneuse et d’une importance vitale pour les marines italiennes. Le problème  ? Cet accord a été conclu avec les milices de Haftar, soutenues par les Russes, les Français et les Égyptiens, mais pas avec Fayez Sarraj.

Deux grands pays d’Afrique sont le théâtre depuis de longs mois de manifestations de masse qui modifient le cours de leur histoire  : l’Algérie et le Soudan. Ce dernier semble s’acheminer vers un régime démocratique. Le premier est confronté à une impasse entre le haut commandement de l’armée et la population. Tandis qu’il se met lui-même et sa famille en avant, Gaid Salah devrait garder à l’esprit qu’il n’est plus que le porte-parole du majlis des généraux supérieurs. Certains d’entre eux pourraient penser qu’il est en train de devenir trop ambitieux.

La mort du président Béji Caid Essebsi a provoqué l’organisation d’une élection anticipée dont l’issue demeure absolument imprévisible. Les partis dominants classiques se voient ralentis dans leur course à la présidentielle par l’émergence d’une figure populiste qui mène campagne depuis la prison de Monarguia dans laquelle il est mis en détention, depuis le 23 août, pour fraude fiscale et blanchiment d’argent.

Le gouvernement «  jaune-rouge  » est officiellement entré en fonction. Mais, même si la liste des ministres nommés a une très claire valeur politique et est pro-européen, pour ce moment le gouvernement, et c’est sa principale limite, ne se présente pas avec une vision nouvelle et forte. Les noeuds principaux  : la loi de bilan, l’immigration et la sécurité.

Un survol du programme du nouveau gouvernement PD-M5S permet d’identifier les décisions qu’il prendra en matière de politique économique. Entre continuité, nouveautés par rapport aux mesures du gouvernement précédent et ruptures évidentes, il faut s’attendre à un gouvernement avec de fortes nuances redistributives et environnementalistes, mais la question demeure de savoir d’où viendront les ressources nécessaires à un projet fort et expansif.