Europe

Long format

Dimanche soir, l’Union européenne est passée à 900 000 voix de basculer.

Si, pour Guillaume Duval, il faut se réjouir d’avoir vu Nicusor Dan l’emporter, le fait qu’un candidat ouvertement téléguidé par Washington et Moscou ait pu s’approcher à ce point du pouvoir dans un pays aussi vital pour la sécurité du continent est une alerte sérieuse.

Si la guerre ouverte entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a pris fin en septembre 2023, un conflit armé pourrait resurgir à tout moment dans l’une des plus anciennes zones de tensions de l’espace post-soviétique.

Or entre Bakou et Erevan, l’Union peine encore à trouver une solution cohérente.

Potentielle plateforme d’échange entre la Russie, la Chine et l’Iran, le Caucase devrait pourtant être une priorité de la diplomatie européenne.

En 2015, la chancelière Angela Merkel prenait la décision historique d’ouvrir les frontières de l’Allemagne aux réfugiés.

Dix ans plus tard, la percée électorale de l’AfD se construit sur une vague de sentiments anti-immigration — comme les partis d’extrême-droite dans le reste de l’Europe.

Face à ce basculement de la politique migratoire de l’Union, qui en vient aujourd’hui à violer certains droits humains pour des exigences sécuritaires, Alessandra Briganti appelle à se souvenir des mots de Merkel  : la dignité humaine est intangible.

De Proust à Kafka en passant Annie Ernaux — quelque part entre la mer de Cadaqués et un bel appartement de Barcelone — Milena Busquets nous plonge dans un voyage intime où elle se débat contre les pièges de l’autofiction.

En explorant dans son dernier livre un jeu parfois complexe et troublant entre ses souvenirs et leur représentation au cinéma, c’est hors du roman qu’elle nous invite à méditer une évidence oubliée  : vivre peut être doux.

En s’élargissant, l’Union s’est aussi désarmée.

Alors qu’elle semble réveillée de son sommeil post-historique, elle doit rapidement répondre à une violence directe et ciblée contre elle depuis l’Est et à la montée d’un ressentiment dangereux au Sud.

Réintégrer le risque, développer des capacités militaires, refaire de la politique  : l’amiral Pascal Ausseur propose un manuel de survie européen.

L’Union européenne a vécu dans une illusion en pensant être un pôle fort du monde post-guerre froide.

À partir des années 2010, elle a été frappée par un affaiblissement géopolitique et économique dans ses voisinages — où le ring of friends qu’étaient supposé construire les partenariats méditerranéen et oriental s’est transformé en un ring of fire.

Pour sortir de l’impasse de la westlessness, l’Union devrait jouer de sa spécificité au sein du groupe occidental.

Médiation des conflits bilatéraux. Mise en œuvre de la méthode d’adhésion graduelle. Insuffisance du plan de croissance.

Du Monténégro à la Serbie en passant par l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine ou le Kosovo, plusieurs problématiques fragilisent le processus encore très hétérogène d’élargissement de l’Union aux Balkans occidentaux.

Au-delà de l’adaptation des pays candidats, François Lafond appelle à réactualiser la réflexion autour d’une «  souveraineté européenne  » invitant à dépasser le seul horizon national — qui se pose y compris au cœur des États membres.

Face à la synthèse impériale islamo-nationaliste incarnée par Erdoğan, l’OTAN et l’Union ont fait preuve de passivité — voire d’aveuglement.

La politique étrangère ouvertement révisionniste de l’AKP va à l’encontre des valeurs européennes.

Tout en continuant de viser une relation améliorée et apaisée, l’Union ne peut pas exclure, à court terme, une politique de fermeté envers Ankara.

Le budget et l’élargissement ont des destins liés dans la construction européenne.

Aux côtés de l’instrument d’aide de pré-adhésion, de nouveaux mécanismes voient le jour depuis le début de la guerre en Ukraine — afin d’ancrer le soutien financier à l’Ukraine dans la perspective d’une adhésion européenne.

Entre l’intensification du soutien aux pays candidats et l’engagement en faveur du redressement économique de l’Ukraine, l’Union devra à n’en pas douter continuer à faire preuve d’imagination budgétaire dans les années à venir.