Un café avec le Grand Continent

«Les professeurs sont des inépuisables épuisés» Yannick Haenel

Avec l’auteur du livre de la rentrée La solitude des professeurs est infinie.

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© Corentin Fohlen pour le Grand Continent

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PJ Harvey Kamikaze

Chantefable. Le nom nous transporte déjà à la frontière de la poésie, sous l’ombre de Robert Desnos. C’est ainsi que s’appelle la brasserie du XXe arrondissement où l’on retrouve Yannick Haenel, un habitué des lieux. En bon élève dont toute la vie tourne ou a tourné autour de la salle de classe, il s’installe naturellement devant, au premier rang, en terrasse. Nous, nous sommes dans la salle du fond où nous l’attendons dans un joli décor Art Déco pour le photographier. Pendant ce temps, il attend aussi, seul, en regardant la rue et les passants. Il a pris un Sancerre bien frais. On pourrait en rester là ; il n’aurait pas pu mieux illustrer le titre de son nouveau roman, La solitude des professeurs est infinie. On va le chercher, il arrive avec son verre à la main : « C’est vrai qu’il ne me serait jamais venu à l’esprit de venir dans la salle du fond. »

Il s’empresse de se justifier : la journée a été longue, les entretiens s’accumulent et se succèdent, il est fatigué, il a donc commandé un verre de vin blanc. « Quand je me suis improvisé chroniqueur judiciaire pour Charlie Hebdo au moment des procès des attentats de janvier 2015, je devais écrire un texte chaque jour. Tous les soirs, j’allais à la même brasserie, où je prenais toujours un Sancerre. Le serveur me répétait à chaque fois, fièrement : ‘Un Sancerre, pour être sincère’. Sur le moment, ça me paraissait un peu idiot. Mais avec le temps, je me dis qu’il visait assez juste. Et c’est resté. » 

La vie d’un « technicien de l’emmerdement »

Nous sommes alors un de plus, rejoints par Mathieu Roger-Lacan, qui tombe à pic : il est aujourd’hui ce que Yannick Haenel était hier, un professeur de lycée qui passe un certain temps dans le train pour aller enseigner. Plusieurs décennies avant d’écrire ce roman, Haenel a enseigné le français dans le secondaire, pendant dix-sept ans. Prof par vocation, « et rien n’est plus intranquille qu’une vocation ». 

Les trains. Les couloirs. Les horaires. C’est tout cela aussi, surtout peut-être, la vie des profs. « Être un jeune prof, c’est résoudre des problèmes sans cesse, être une sorte de technicien de l’emmerdement. C’est ce que je trouve passionnant. Les services que rendent les professeurs du secondaire sont quotidiens. Ils sont ancrés dans l’imaginaire collectif, et pourtant restent invisibles, sous la surface d’une société qui ignore, presque par définition, ce qui se passe dans une salle de classe. Ce lieu, c’est un peu un anti-lieu, comme l’atopos de Roland Barthes dans Fragments d’un discours amoureux. On y échappe aux règles du décompte et de la mesure, qui régissent toutes les interactions du monde capitaliste. Ce qui se joue dans un cours (ou même : ce qui joue là), c’est une dépense colossale – une dépense, au sens que Georges Bataille donne à ce mot – qu’aucun outil ne saurait quantifier. »

La double rentrée 

Yannick Haenel pense en écrivain : ce sont les mots qui guident sa pensée. Il avance à pas de loup dans la vérité de son discours, avec une voix d’une douceur modianesque, régulièrement suspendue par un grand sourire juvénile. Nous voulons en savoir plus sur le succès du livre, qui bénéficie aussi de la superposition de ces deux rendez-vous très français du mois de septembre : la rentrée littéraire et la rentrée des classes. On commence par arroser le succès avec un second Sancerre, histoire d’y voir un peu plus clair. 

Un succès : le mot le gêne un peu, mais oui, il faut bien le dire, le livre est un succès. Depuis deux semaines, quelque chose lui revient avec une intensité qu’il n’avait pas prévue. Des lettres, des messages, Instagram qui « déferle ». Des professeurs surtout, mais pas seulement. Comme si le livre avait touché un point sensible dont tout le monde connaissait l’existence sans parvenir tout à fait à le nommer.

« Je n’ai jamais eu de réponses aussi immédiates. Mais je n’en fais pas une affaire personnelle. Je sens que c’est le signe que ça parle de tous côtés, que ça déborde. La vraie question, c’est : qu’est-ce qui se passe du côté de la transmission ? Est-ce qu’elle est finie ? Est-ce que l’appauvrissement du langage est arrivé à un point tel que l’école devient l’angle mort de la République ? »

Plus beau que le militantisme 

La conversation déborde elle aussi : hors du roman et vers le monde. Yannick Haenel concède que ce livre, qui n’a rien d’un roman à thèse, rien d’idéologique non plus, est sans doute son roman le plus politique, au sens fort de ce terme. « Pendant des années, moi, je me sentais très politique quand j’allais le matin au collège, quand je me forçais à me lever tôt. J’aurais pu faire autre chose de ma vie. J’y allais quand même, quitte à être déçu, quitte à me faire rabrouer par moi-même. Ma soif de politique était assouvie par le professorat. Je ne votais même plus à l’époque. Être prof dans des collèges de banlieue parisienne, c’était ma manière de faire de la politique. C’est plus beau que le militantisme. »

La date de publication, elle aussi, a joué. Le livre paraît au moment où les professeurs recommencent à mal dormir. Fin août, début septembre, comme dit le titre d’un film : les emplois du temps apparaissent, les salles se repeuplent, les RER recommencent à se prendre à l’aube. Nous lui faisons remarquer que La solitude des professeurs est infinie est arrivé presque exactement à l’instant où son titre pouvait devenir le mantra de plusieurs centaines de milliers de personnes. Il sourit. Il jure ne pas l’avoir calculé.

Mais il reconnaît que quelque chose s’est produit. Le roman a parfois été reçu, dit-il, comme « un manuel », non pas pédagogique bien sûr, mais un manuel de survie existentielle. Cela lui plaît. « J’ai toujours appris à vivre avec les livres. Dostoïevski, Hermann Hesse, bien d’autres. Les livres m’ont dit comment vivre. »

C’est peut-être aussi pourquoi celui-ci lui aura demandé tant de temps. Haenel voulait l’écrire depuis près de vingt ans, après avoir passé dix-sept ans à enseigner dans le secondaire. Il avait d’abord imaginé raconter des heures de cours, tout simplement, parce qu’elles lui semblaient constituer une matière romanesque que personne ne regardait vraiment : « Une matière très scintillante et combustible, pleine de contradictions ». Cinquante-cinq minutes pendant lesquelles on ne sait jamais exactement si l’on réussit ou si l’on échoue, où trente voix composent malgré elles une sorte d’orchestre, tantôt dissonant, tantôt harmonieux.

Le vase brisé

Ça aurait aussi fait un joli titre, « Le vase brisé ». Haenel nous confie que c’était son titre de travail, pendant la rédaction du roman. « C’était beau, mais il fallait faire des choix. Ce n’était pas seulement une question d’efficacité, mais de savoir à qui on parle. Pour une fois, je ne voulais pas faire un livre d’écrivain pour écrivains. »

Il ne voulait surtout pas non plus écrire un témoignage sur l’Éducation nationale. Encore moins un essai sociologique. « Les états par lesquels passe un professeur sont absolument ambivalents. On peut sortir d’un cours en se sentant glorieux, presque à l’apogée de l’existence, et le suivant est un désastre. On n’arrête jamais d’y penser : avant, pendant, après. Et cette simultanéité des sensations, il me semblait que seul le roman pouvait la dire. » Restait à trouver la forme de ce roman. 

Elle est venue de deux événements radicalement différents.

Le premier est tragique. En octobre 2020, Haenel couvre pour Charlie Hebdo le procès des attentats de janvier 2015. Chaque jour, il assiste aux audiences ; chaque nuit, il écrit. Un matin, les téléphones des journalistes se mettent à vibrer : un professeur vient d’être assassiné. Samuel Paty. Ce soir-là, Haenel n’arrive pas à écrire sa chronique judiciaire. Il appelle Riss, le directeur de la rédaction de Charlie, et lui annonce qu’il écrira autre chose, un texte non pas sur Samuel Paty, mais pour les professeurs. Et il l’intitule : « La solitude des professeurs ».

Le second est un souvenir franchement burlesque. À la fin d’une année scolaire, longtemps auparavant, le jeune professeur Haenel participe à un pot de départ. Il boit un peu trop, danse avec une collègue qui lui plaît et finit par s’étaler sur la table où ont été disposés les cadeaux. Un vase tombe. Un beau vase, une reproduction authentique faite par les ateliers du Louvre. Le lendemain, ses collègues lui présentent la note. 

L’anecdote nous fait rire. Il y a toujours une joie secrète lorsqu’on apprend qu’un épisode génial d’un livre a eu lieu pour de vrai. Mais le réel échappe toujours, et entre-temps, le vase cassé est devenu autre chose. « Je me suis dit que c’était la métaphore parfaite de cette faute imaginaire qu’on impute constamment aux professeurs. Il y a toujours quelqu’un pour leur reprocher quelque chose : les parents, l’administration, les inspecteurs. Et les professeurs finissent par intégrer eux-mêmes le reproche. Avec mes copains, on sortait de Normale, on était agrégés à vingt-deux ans, et après chaque cours on se disait quand même : je n’ai pas assez bien fait. » 

Et du terrain métaphorique, on glisse vers la métaphysique. Haenel connaît une vieille histoire de la mystique juive, tirée d’un des livres du Zohar, un recueil de surinterprétations talmudiques par des rabbins du Moyen-Âge. Au moment de la création du monde, la lumière divine est d’une telle intensité que les vases destinés à la contenir se brisent. Des étincelles se dispersent. Il appartient ensuite aux hommes de travailler à leur rassemblement, à la réparation du monde : le Tikkoun. L’accident grotesque du pot de fin d’année trouve soudain sa place dans une cosmologie. C’est exactement le genre de collision qui l’enchante. « J’aime que les choses s’écrivent de biais entre la littérature et la philosophie. »

Un herméneute de l’immédiat

Le professeur du livre, Jean Deichel, son double romanesque — « moi en mieux et moi en pire, en plus ivrogne et en plus scintillant » — se promène donc avec le Zohar dans les poches. Il écoute aussi du punk-rock, lit sans cesse, accumule les livres et des feuilles d’arbre dans son manteau, habite dans un studio qui surplombe un terrain de tennis en terre battue dont il doit assurer l’ouverture et la fermeture chaque jour. Un peu à l’image de l’auteur lui-même, au début des années 1990. Mais ces livres qu’on avait dans les poches à une époque pas si lointaine, ce n’est pas juste un attribut un peu pittoresque. Haenel cherche un mot. « Ce sont des activateurs d’intensité. » Un professeur, dit-il, est « un herméneute de l’immédiat ».

La formule nous arrête. Elle résume peut-être une bonne partie du roman. Devant une classe, il faut interpréter en permanence. Lire les signes et répondre immédiatement. Jean Deichel applique la même méthode au monde entier. Même lorsqu’il enseigne dans « ces horribles de préfabriqués au fond de son collège moche », il peut y voir simultanément un jardin d’Éden. Simultanément. Le collège est tragique et comique. Le professeur est ridicule et héroïque. Le vase cassé est une connerie de fin de soirée et la manifestation terrestre d’un récit mystique. La littérature sert moins à choisir entre deux versions du réel qu’à rendre possible leur coexistence. 

« Il n’y a pas de vérité unique sur une situation sociale, a fortiori celle de l’enseignement. Le Zohar me permet d’avoir accès aux deux choses en même temps. »

Dostoïevski lui rendra le même service. Le vase brisé appelle le prince Mychkine de L’Idiot ; les livres viennent rétrospectivement déchiffrer ce que le personnage a vécu sans le comprendre. Car Deichel vit avant de comprendre. Et puis la littérature vient lui dire : regarde, voilà peut-être l’histoire dans laquelle tu étais.

Les inépuisables épuisés

Yannick Haenel le dit volontiers, La solitude des professeurs infinie est aussi un roman épique et picaresque. Et s’il fallait chercher à caractériser son protagoniste, pourrait-on dire qu’il est une sorte de Quichotte ? Il s’apprêtait à prendre une gorgée de son vin blanc, il s’arrête, il repose le verre sur la table sans boire. Il sourit. La comparaison lui plaît. C’est un des personnages féminins centraux du roman, Sophie, qui en est à l’origine. « Le chevalier errant sans dame est comme un arbre sans feuilles », dit-elle, légèrement moqueuse, à Jean Deichel en citant le Quichotte

Ce jeune professeur, agrégé et poète, hidalgo incompris de la littérature « qui se la raconte un peu », précise en direct Haenel, cherche tout au long du roman son Sancho Panza, qu’il finit par trouver par hasard en la figure du chien, Lumpen. Deichel est pris dans une folie douce, celle du désir de transmettre, d’être professeur, mais aussi celle du désir de fiction. Il est conscient d’être le personnage d’un roman qui est en train de se construire et qui ne doit jamais arrêter de s’écrire : le Quichotte meurt quand il redevient Alonso Quijano, c’est-à-dire quand la fiction s’arrête. 

« C’est très beau. C’est cohérent ; Don Quichotte, c’est ça, c’est une production de fiction pour ne pas flancher tout en étant sur une ligne pour défendre quelque chose qu’on croit être juste. Puis il y a l’idée de la chevalerie derrière, c’est-à-dire toute la bibliothèque au fond. Mon prof, mon alter ego Jean Deichel, est vraiment quelqu’un qui a un rapport de faveur avec les livres, qui pense que les choses sont écrites. » Faut-il voir là une sorte de fatalisme ? Haenel ne le pense pas. Mais son protagoniste va quand même se retrouver à la fin dans une tombe étrusque et voir que sa vie a déjà été peinte, « dans un grand éclat de rire évidemment, ajoute-t-il aussitôt, parce que tout ça est quand même une farce. » Avant de conclure : « Prendre avec soi tous les livres du monde, comme fait Quichotte, les dépenser dans un geste burlesque, chercher à enclencher une vie et toutes les vies des autres, au fond, c’est quand même aussi de ça dont il s’agit. »

Il est tentant de pousser le parallèle. Y a-t-il un geste chevaleresque dans le professorat ? « Je le crois vraiment, je n’ai aucun problème à l’assumer. » Haenel est un grand lecteur de Kierkegaard : « Il m’est difficile de ne pas penser au ‘chevalier de la foi’ de Crainte et tremblement. » Mais le rire final de Deichel n’est jamais très loin. « C’est une chevalerie comique, pleine d’autodérision, foireuse comme dirait Beckett. Il ne s’agit pas de chercher une grandeur, tout ça est un peu suranné, ce n’est pas adapté à notre monde. Il s’agit de chercher une justesse. Quichotte est quelqu’un qui n’a pas de position de surplomb, qui accepte que ce qu’on croit être la folie et qui est en vérité son énergie. » Haenel s’arrête. Il sourit encore, une gorgée de Sancerre pour être sincère : « Vous savez, c’est un inépuisable épuisé. » 

L’expression est de Jean Reverzy, un écrivain des années 1950, de Lyon. « Un romancier comme Paul Gadenne ou d’autres grands écrivains qui ne seront jamais dans les manuels mais qui sont très touchants. » Reverzy raconte dans un très beau roman « qui plaît beaucoup à Modiano », Place des Angoisses, l’histoire d’un médecin urgentiste qui fait partie des « inépuisables épuisés ». « Franchement, les professeurs du secondaire, c’est ça : ils connaissent très bien la fatigue. La fatigue, c’est une chose ontologique, ça a à voir avec l’être. Et la fatigue, c’est inépuisable. »

Paradoxe sur le professeur

Reste ce mot : solitude. 

Il y a quelque chose de paradoxal à présenter le professeur comme un solitaire. Un professeur rencontre des centaines, bientôt des milliers d’élèves ; il change parfois de lycée, de collègues, de villes. Il passe sa vie entouré de nouveaux visages. Yannick Haenel acquiesce. C’est justement pourquoi la solitude qui l’intéresse n’est pas seulement celle de l’abandon institutionnel, même s’il ne la nie pas. Elle est plus profonde. Elle ne prend pas la forme d’une plainte, mais de la conscience d’une condition ontologique. 

« Personne ne peut faire cours à notre place », dit-il très doucement. « C’est comme un grand musicien. On ne peut pas se mettre à la place du pianiste. Comme dans l’écriture. Comme dans l’amour. Ce n’est pas reproductible. Aucun cours ne ressemble à un autre. » Le professeur est seul non parce que personne ne l’entoure, mais parce que personne ne peut exactement partager l’acte qu’il accomplit.

La porte se ferme. Pendant cinquante-cinq minutes, quelque chose se passe, ou ne se passe pas complètement. La société, les inspecteurs, les collègues même ne sauront jamais très bien quoi. Et cette réalité, qui nourrit la solitude des enseignants, constitue aussi pour Haenel leur étrange liberté. « Ce n’est pas secret, ce n’est pas tabou, ce n’est même pas impartageable. C’est plutôt comme du jeu, au sens mécanique : un espace de liberté. »

Nous retrouvons alors ce qui nous avait frappés au début de la conversation. La solitude du professeur n’est pas l’opposé de la rencontre. Elle en est peut-être la condition.

Pour rencontrer vraiment trente personnes, il faut accepter de s’exposer seul devant elles. Il faut accepter d’être atteint. « Si on n’est pas transpercé, c’est que ça ne va pas. Si on se protège trop, si on met un écran d’autoritarisme vertical entre les élèves et nous, il ne se passe rien. La fragilité devient un lieu de parole. Mais on en paye le prix. » Nous faisons le parallèle avec le Paradoxe sur le comédien de Diderot. Le roman de Yannick Haenel a quelque chose d’un Paradoxe sur le professeur. L’idée lui plaît.  

Un kamikaze de la douceur

Il y a quelque chose de radicalement étrange dans le geste d’enseigner, et plus encore d’enseigner la littérature, aujourd’hui. Un texte de Stendhal ou de Duras lu pendant cinquante minutes par trente adolescents qui, ailleurs, ne l’auraient peut-être jamais ouvert. « Parfois, je me dis que l’école va devenir subversive. Ce sera peut-être l’un des derniers lieux où le langage ne sera pas en voie d’appauvrissement. »

Le professeur comme vestale, dit-il un peu plus tard : celui qui veille sur un feu dont personne ne sait exactement pour qui il brûle. Comme Quichotte. Ou comme un kamikaze.

Mais alors, précise-t-il en recommandant finalement le morceau de PJ Harvey pour accompagner cet entretien : un kamikaze « au bon sens du terme ». « Un kamikaze de la douceur. Un kamikaze de la parole. C’est un peu ça, les profs. »