À l’occasion d’un sommet historique réunissant les dirigeants des trois nations constitutives du Royaume-Uni, à l’exclusion de l’Angleterre, le Premier ministre écossais John Swinney, le Premier ministre du pays de Galles Rhun ap Iorwerth et la Première ministre d’Irlande du Nord, Michelle O’Neill, ont signé lundi 14 septembre une déclaration appelant « le gouvernement britannique à préparer, planifier et faciliter un changement constitutionnel » visant à faire « sécession du Royaume-Uni » 1.

  • Les trois dirigeants ont dénoncé les « dégâts » provoqués par le Brexit sur leurs économies et affirmé leur intention de rejoindre, à terme, l’Union européenne.

La portée juridique du document est limitée : seul Westminster a les compétences pour organiser un référendum d’indépendance ou de réunification.

  • Le dernier en date remonte à 2014, lorsque les Écossais avaient voté à 55,3 % pour rester une nation constitutive du Royaume-Uni, et contre l’indépendance.
  • Le gouvernement écossais, alors dirigé par Nicola Sturgeon, avait demandé suite à la victoire du SNP de 2021 à tenir un deuxième référendum, mais la demande avait été rejetée par Westminster.

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a laissé entendre la semaine dernière qu’un nouveau référendum pourrait être organisé en Écosse si l’opinion publique y était favorable. En Irlande du Nord, l’accord du Vendredi saint de 1998 prévoit la possibilité d’un tel scrutin, dont la tenue relève de l’appréciation du secrétaire d’État britannique, s’il apparaît « probable » qu’une majorité de la population voterait pour quitter le Royaume-Uni, ce qui ouvrirait la voie à une réunification avec l’Irlande.

Une sécession de l’Irlande du Nord, de l’Écosse et du pays de Galles amputerait Westminster d’une part significative de sa population et de ses ressources.

  • Les trois nations représentent 15,4 % de la population du Royaume-Uni (10,7 millions sur 69,3 millions), 13,2 % du PIB et près de la moitié de sa superficie (46,4 %, soit environ 113 000 km²).
  • Le Royaume-Uni passerait du 5e PIB mondial au 6e, se retrouvant ainsi derrière l’Inde, une ancienne colonie britannique, selon une estimation de la revue.
  • Le pays afficherait toutefois un PIB légèrement supérieur à celui de la France : environ 3 005 milliards d’euros contre 2 913 milliards, soit un écart inférieur à 100 milliards d’euros.

Westminster pourrait également perdre plusieurs atouts stratégiques.

  • La base navale de Clyde, en Écosse, héberge l’ensemble des sous-marins nucléaires britanniques – aucun autre site du Royaume-Uni ne dispose du même accès en eaux profondes vers l’Atlantique.
  • L’Écosse assure au pays son positionnement sur le « GIUK » : un point de passage clé pour la surveillance de l’Atlantique Nord et pour l’essentiel de l’accès aux réserves pétrolières offshore de la mer du Nord.
  • La perspective d’une adhésion à l’Union de l’Écosse, du pays de Galles et d’une Irlande du Nord réunifiée avec l’Irlande ferait de l’Angleterre un pays entouré d’États membres, à l’image de la Suisse.
Sources
  1. Andrew Learmonth, « SNP, Plaid Cymru, Sinn Féin sign pact », The Herald Scotland, 14 septembre 2026.