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Il est désormais courant de penser que l’économie russe est confrontée à une crise de grande ampleur qui pourrait se manifester dans un avenir proche. Il faut toutefois identifier correctement les principaux problèmes et les risques majeurs susceptibles de la provoquer. Les analystes soulignent généralement les dépenses militaires colossales dans un contexte de déficit budgétaire considérable, une politique financière restrictive qui fait grimper les coûts d’emprunt sans pour autant freiner l’inflation, les difficultés rencontrées par l’industrie pétrolière et la baisse de la production de brut, ainsi que les frappes ukrainiennes sur les infrastructures et l’effondrement de secteurs entiers, du commerce en ligne à l’agriculture.

Toutes ces tendances sont bien réelles, mais nous devons en évaluer l’ampleur avec prudence. Cette année, la Russie consacrera très probablement plus de 10 % de son PIB à des fins militaires 1 pour la première fois depuis l’époque soviétique, alors que le déficit budgétaire pour la période janvier-juin 2026 a doublé par rapport à l’année dernière 2. Pourtant, si l’on examine ces chiffres de plus près, un quart des dépenses militaires consiste en versements directs à la population 3 (salaires des militaires, primes à l’engagement ou indemnités versées aux familles des soldats tués ou portés disparus au combat), tandis que le déficit prévu de 7 000 milliards de roubles représente 2,8 % du PIB 4, soit bien moins que les 26,9 % du PIB enregistrés par les États-Unis en 1943 5, bien avant le débarquement des troupes américaines en Normandie. 

Certes, le coût du crédit pour les entreprises russes dépasse désormais 20 % par an, l’inflation officielle est de 6 %, et l’inflation ressentie par la population est plus de deux fois supérieure 6, mais l’économie russe a déjà survécu à des taux atteignant 150 %. Le taux d’inflation officiel moyen au cours des deux premiers mandats présidentiels de Poutine s’élevait à 13,8 % 7, ce qui n’a pas empêché l’économie de croître en moyenne de 7,4 % par an pendant cette période 8. La production pétrolière est en baisse, les exportations reculent et le secteur du raffinage s’effondre sous les frappes de drones ukrainiens, mais il ne faut pas oublier que le volume physique des exportations de pétrole brut et raffiné n’a baissé que de 6 % l’année dernière 9 par rapport à 2021 10, et ce, après la fermeture du marché européen, qui était son principal débouché depuis plus de quarante ans. Le volume des ventes en ligne pourrait baisser de 10 à 12 % cette année. Il restera toutefois supérieur à celui de 2024, et le recul des exportations de céréales 11 ne doit pas nous faire oublier qu’il y a un quart de siècle, la Russie était un important importateur net de tous les produits alimentaires de première nécessité.

La politique de non-développement

Il ne s’agit pas d’affirmer que Poutine dirige aujourd’hui un pays prospère et florissant. Loin de là : les revenus des ménages stagnent, la population diminue de près d’un million de personnes par an et la dépendance technologique vis-à-vis de l’Occident a cédé la place à une dépendance bien plus grande vis-à-vis de la Chine. La Russie se trouve dans un état de « non-développement », mais ni les sanctions ni les attaques ukrainiennes ne parviennent à porter un coup fatal à son économie. Cependant, en imaginant sans cesse de nouvelles méthodes pour faire pression sur Moscou, les responsables politiques occidentaux négligent la force la plus destructrice de toutes, celle face à laquelle l’économie russe est réellement impuissante.

Cette force, ce sont les dirigeants russes eux-mêmes, ce qui n’a rien de surprenant : après tout, les hommes d’État soviétiques ont réussi à détruire une économie et un pays qui étaient à la pointe de la production de matières premières, d’acier et d’électricité, qui avaient constitué le plus grand arsenal nucléaire du monde et qui avaient été pionniers dans l’envoi d’un homme dans l’espace. L’URSS s’est effondrée parce que son économie n’exploitait pas le potentiel de l’entreprise privée, ne stimulait pas la création de richesses et l’investissement, et ignorait les signaux du marché, s’appuyant à la place sur des stratégies et des objectifs élaborés par le Gosplan. 

La Russie d’aujourd’hui est différente : même si de nombreux secteurs clefs, de l’extraction pétrolière au secteur bancaire, sont fermement contrôlés par l’État, ils fonctionnent dans le respect des règles du marché. Les banques d’État, telles que la Sberbank ou la VTB, proposent les mêmes services, taux et commissions que la banque privée Alfa-Bank. Les opérateurs de téléphonie mobile, publics et privés, se font également concurrence. Les aéroports et les voies ferrées publics sont utilisés par des compagnies aériennes et des transporteurs ferroviaires privés. La Russie est une économie de marché et la recherche du profit ainsi que l’accumulation de richesses constituent un objectif qui unit la société, de l’entrepreneur individuel au fonctionnaire corrompu.

Dès que Poutine a jugé que les difficultés économiques étaient passées, il s’est une nouvelle fois attelé à reconstruire l’ancienne économie de type soviétique.

Vladislav Inozemtsev

À deux reprises au cours de son long mandat, au début des années 2000 et immédiatement après le début de la guerre en Ukraine à grande échelle, Poutine, confronté à de graves difficultés économiques (la perspective d’un défaut de paiement sur la dette extérieure dans le premier cas, et les sanctions occidentales dans le second), a opté pour une libéralisation économique en profondeur. 

Dans les années 2000, les impôts ont été réduits, la réglementation a été harmonisée et la législation sur le commerce extérieur a été simplifiée. En 2022, les « importations parallèles » ont été autorisées, permettant à la Russie de se passer d’une multitude de restrictions. Les droits d’auteur et les brevets appartenant à des entreprises occidentales ont été annulés, les obligations de déclaration des institutions financières ont été simplifiées et des exonérations fiscales ainsi qu’un moratoire sur les faillites ont été mis en place. 

À ces deux reprises, le secteur privé a répondu aux mesures gouvernementales en augmentant ses investissements et en intensifiant son activité. En moins de trois mois en 2022, de nouvelles chaînes d’approvisionnement ont été mises en place, permettant d’abandonner la coopération avec des milliers d’entreprises européennes. Le système de règlement avec les pays asiatiques a été entièrement repensé pour contourner les réseaux bancaires occidentaux. Le chiffre d’affaires des hôtels et restaurants des villes de province a commencé à croître de plusieurs dizaines de pour cent par an, détournant les touristes russes des destinations étrangères. Des terminaux de paiement par carte ont même fait leur apparition dans les petits kiosques des villages les plus reculés. Mais dès que Poutine a jugé les problèmes résolus, il s’est une nouvelle fois attelé à reconstruire l’ancienne économie de type soviétique. 

Le retour de l’économie soviétique

Aujourd’hui, cela représente un danger plus grand pour la Russie que la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales réunies.

Le Kremlin exige désormais une allégeance inconditionnelle de la part des entrepreneurs. Il augmente les impôts (la TVA et l’impôt sur le revenu des personnes physiques ont chacun été relevés deux fois depuis 2019, passant respectivement de 18 % à 22 % et de 13 % à 22 %) ; il impose des restrictions aux entreprises étrangères (et même aux coentreprises) ; et il nationalise les biens de ceux qu’il juge déloyaux. Depuis 2024, plus de 6 000 milliards de roubles d’actifs (75 milliards d’euros, soit 3,2 % du PIB russe) ont été saisis 12, parmi lesquels des aéroports (comme Domodedovo) 13, des groupes agroalimentaires (comme Rusagro) 14 et des sociétés aurifères (comme Yuzhuralzoloto) 15, qui sont passés aux mains de l’État. Confrontées à la nationalisation, les entreprises, même celles qui sont fidèles, comprennent que n’importe quel actif pourrait ne plus rien valoir à l’avenir. 

En conséquence, les tentatives de l’État de vendre les sociétés confisquées à de nouveaux propriétaires n’aboutissent que lorsque le prix est réduit de moitié 16, voire davantage, par rapport à celui fixé par le marché à la veille de la nationalisation. Naturellement, les investissements sont en baisse (-14,3 % au premier trimestre 2026) 17 et l’indice de la Bourse de Moscou a enregistré cette année un record de 19 semaines consécutives de baisse 18

Le Kremlin pense ainsi se procurer des ressources pour la guerre, mais en réalité, l’économie perd bien plus de valeur que le budget n’en encaisse : ce qui semblait très précieux hier ne vaut plus rien dans un pays où les droits de propriété ne sont en aucune façon protégés contre les revendications de l’État. La dernière mesure en date dans ce sens est le décret n° 604 : le Kremlin affirme sans ambages que les entreprises dont les propriétaires ne parviennent pas à protéger leurs installations contre les attaques de missiles et de drones ukrainiens peuvent être nationalisées 19. Ce décret a été signé il y a à peine deux semaines, mais des fuites ont déjà laissé entendre que la liste de ces entreprises comptait 167 cas 20, ce qui signifie que ces près de 200 entreprises récemment rentables seront bientôt nationalisées et probablement conduites à la faillite par des bureaucrates et des responsables de la sécurité.

Ce qui semblait très précieux hier ne vaut plus rien dans un pays où les droits de propriété ne sont en aucune façon protégés contre les revendications de l’État. 

Vladislav Inozemtsev

Mais ce n’est qu’un début. Alors que, dans les années 2000 — et Poutine devrait s’en souvenir —, les recettes fiscales augmentaient de 18 à 32 % par an 21, quand bien même les taux d’imposition étaient réduits, c’est aujourd’hui l’inverse qui se produit. En Russie, la taxe « environnementale » liée à la future « mise au rebut » d’une voiture particulière neuve dépasse, dans la plupart des cas, son prix de gros 22, et le quasi-doublement récent de cette taxe a entraîné une baisse des recettes totales, simplement parce qu’il a freiné la demande. L’année dernière, le Kremlin a fait pression pour instaurer la « taxe touristique » sur les hôtels et autres lieux d’hébergement, mais cette année, une commission de la Douma d’État a été contrainte d’admettre qu’elle rapportait moins d’argent qu’il n’en fallait pour financer les effectifs croissants des services fiscaux chargés de la percevoir 23. La dernière innovation en date est une augmentation de la fiscalité pesant sur les petites entreprises.

En effet, un « régime fiscal simplifié » a été mis en place en Russie à la fin des années 2010 : les petites entreprises et les entrepreneurs individuels pouvaient y adhérer et l’unique impôt auquel ils étaient alors soumis s’élevait à 6 % de leur chiffre d’affaires total. Il était possible d’échapper au paiement de la TVA, mais uniquement si ce chiffre d’affaires ne dépassait pas 60 millions de roubles (environ 620 000 euros au taux de change actuel) par an. Depuis cette année, ce seuil a été abaissé à 20 millions de roubles et, au-delà, la TVA doit être acquittée 24, ce qui signifie que la charge fiscale y triple au moins (il convient de noter que ce seuil de 20 millions de roubles est calculé sur la base du chiffre d’affaires de 2025 et s’applique donc rétroactivement). 

En conséquence, une part considérable de l’économie a commencé à basculer « dans l’ombre » : depuis février 2026, la Banque de Russie constate une augmentation de la demande d’espèces de plus de 600 milliards de roubles par mois 25. Le même scénario se produit pour ceux qui se sont enregistrés ces dernières années en tant qu’indépendants. Ce mode d’exercice de l’activité a été introduit en 2018 et a entraîné une simplification et une réduction considérables des cotisations sociales. Le nouveau régime s’est avéré si avantageux que le nombre de travailleurs indépendants est passé de 800 000 en 2019 à 16,5 millions fin 2025 26. Un changement de leur statut, qui pourrait intervenir l’année prochaine, porterait un nouveau coup au secteur privé (les petites entreprises et les entrepreneurs individuels ne représentent que 20 % des recettes budgétaires 27, mais environ 42 % de l’emploi 28 ; s’ils font faillite ou cessent leur activité, l’État devra faire face à une forte hausse tant du chômage que de ses propres obligations sociales).

Une part considérable de l’économie a commencé à basculer « dans l’ombre ».

Vladislav Inozemtsev

La folie de Poutine ne se limite pas à des « réformes » purement financières : sa mentalité exige un contrôle étatique et bureaucratique aussi total que possible de l’économie et de tous ses acteurs.

Il n’existe ni en France ni dans aucun autre pays européen de « contrôle qualité » officiel aussi étendu sur les produits vendus au détail qu’en Russie. Chaque brique de lait, chaque bouteille d’eau minérale et tout autre produit doivent porter une étiquette spéciale dans le cadre du programme « Chestny Znak » (« Signe d’honnêteté ») 29, ce qui permet de suivre l’ensemble du parcours d’un produit, de l’usine au rayon, tout en augmentant son prix de 10 à 35 %. Les recettes générées par cet étiquetage reviennent à une société détenue par Rostec, le premier fabricant d’armes russe 30. Mais ce n’est même pas l’élément le plus surprenant. Chaque année apporte son lot de nouvelles restrictions. Afin de soutenir les constructeurs automobiles russes (qui, en réalité, se contentent d’assembler des kits de véhicules importés de Chine), des restrictions ont été imposées sur les marques de voitures pouvant être utilisées comme taxis : les chauffeurs de taxi en Russie n’ont désormais plus le droit de conduire une Mercedes ou une Renault 31

Même en Union soviétique, les agriculteurs collectifs étaient autorisés à garder une vache ou de la volaille dans leur cour, mais depuis le 1er septembre, tout foyer rural détenant plus de dix poulets ou canards doit installer sur son poulailler une plaque portant un code QR délivré par les services vétérinaires locaux 32, un panneau qui, ajouté à la visite de l’inspecteur, coûte autant que cinq à six volailles (dans trois ans, cette plaque devra être installée même si l’on ne possède qu’un seul coq ou une seule oie).

Au final, dans un pays aussi centralisé que la Russie, les initiatives venues d’en haut sont reproduites au niveau régional et municipal. Les élus locaux instaurent leurs propres restrictions, des plus diverses. À Saint-Pétersbourg, par exemple, les autorités ont décidé d’interdire aux travailleurs migrants en situation régulière originaires des anciennes républiques soviétiques d’exercer le métier de livreur ou de cuisinier dans les stands de restauration de rue 33. En conséquence, les prix de ces services ont augmenté et le chômage s’est accru. À Rybinsk, le maire a décidé que la ville serait plus agréable à regarder si les enseignes des commerces étaient réalisées dans un style uniforme, en utilisant l’ancienne orthographe russe d’avant la réforme de 1918 34. Bien entendu, le coût de la conception et de la fabrication de ces enseignes est à la charge des propriétaires de magasins, cafés et restaurants. À Novossibirsk, ce pôle industriel sibérien de l’ère soviétique qui, il y a quarante ans, m’avait frappé — alors que je n’étais qu’un jeune étudiant — par la brutalité et la monotonie de son architecture en béton, le conseil municipal a exigé que tous les kiosques de rue soient reconstruits selon un modèle standard et repeints d’une couleur grise uniforme 35. Il a menacé de démolir leurs kiosques ou de résilier leur baux d’occupation de la voie publique s’ils refusaient. Nous notons simplement que les travaux de rénovation et de repeinture coûtent, en moyenne, deux mois de bénéfices à un commerce de détail moyen. On pourrait multiplier les exemples de ce type à l’infini.

Quand le Kremlin cible les entreprises

Au cours des dernières années, les recettes du budget fédéral russe provenant du pétrole et du gaz n’ont cessé de diminuer. Alors que le budget fédéral avait perçu 11 600 milliards de roubles (160 milliards d’euros au taux de change moyen de 2022) dans ce secteur en 2022, il n’a encaissé que 8 500 milliards de roubles 36 (soit 90 milliards d’euros au taux de change moyen de 2025) l’année dernière 37. Dans le même temps, les recettes provenant des impôts sur les entreprises nationales et les entrepreneurs individuels ont augmenté, passant de 16 200 38 à 28 8 000 milliards 39 de roubles (soit de 223,4 à 305,7 milliards d’euros aux taux de change respectifs). La situation s’est encore aggravée cette année : par rapport au premier semestre 2025, les recettes pétrolières et gazières ont chuté de 22,7 % 40, tandis que toutes les autres recettes ont poursuivi leur croissance anémique. Il semble que le Kremlin fasse tout ce qui est en son pouvoir pour prélever autant d’argent que possible sur les entreprises privées.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, on peut le dire sans détour : la plus grande menace qui pèse sur l’économie russe ne vient ni des sanctions occidentales ni des frappes ukrainiennes contre les infrastructures, mais des agissements des plus hauts dirigeants du pays. Poutine et ses proches, âgés de 70 à 75 ans, ont grandi en Union soviétique. Ils considèrent l’effondrement de celle-ci non seulement comme « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » 41, mais aussi comme un malheureux incident provoqué par les intrigues occidentales et la trahison de Mikhaïl Gorbatchev. Ils sont incapables de reconnaître le droit d’existence des entreprises privées. Tout argent qui n’est pas placé sous leur contrôle est considéré par eux, tout comme le faisaient autrefois les communistes soviétiques, comme ayant été volé à « l’État ». Ils ne comprennent pas que ce sont les citoyens qui font progresser le pays, qui réalisent davantage d’investissements et qui paient plus d’impôts — impôts qui pourront ensuite servir à mener une guerre contre un pays voisin. Cet anachronisme flagrant du Kremlin devient la principale cause de la défaite imminente de la Russie dans son entreprise agressive : faire des affaires dans le pays devient contre-productif et les autorités ne savent que percevoir des impôts et imposer toujours plus de restrictions, mais pas comment développer l’économie.

La plus grande menace qui pèse sur l’économie russe ne vient ni des sanctions occidentales ni des frappes ukrainiennes contre les infrastructures, mais des agissements des plus hauts dirigeants du pays.

Vladislav Inozemtsev

La propriété publique, comme le montre l’exemple français, n’est pas synonyme d’inefficacité : les trains de la SNCF circulent presque à l’heure (les TGV à 85 %, les TER et les Intercités à 89 %, les Transilien/RER à 91 %, contre une moyenne de 58 % pour la Deutsche Bahn). Cependant, les changements constants des règles du jeu, la pression fiscale excessive, le mépris des droits de propriété et la perception des entreprises non pas comme des partenaires, mais comme des vassaux, ne mènent à rien de bon. Depuis 2022, le Kremlin ne s’est pas contenté de serrer la vis aux entrepreneurs ; il affirme désormais ouvertement, à l’instar des conseillers de Poutine (des jeunes ayant grandi à l’ère post-soviétique), que le système planifié soviétique a échoué uniquement parce que la puissance de calcul était insuffisante à l’époque pour établir correctement les proportions de l’économie nationale 42, et que le moment est donc venu de le réintroduire sur une nouvelle base technologique.

Une économie de guerre ne suit pas toujours le même modèle. Aux États-Unis, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle reposait sur l’initiative et les capacités des entreprises privées, ainsi que sur une somme colossale de fonds levés grâce à l’augmentation de la dette publique. Il en est résulté l’émergence des États-Unis comme première puissance économique mondiale. En Union soviétique, elle s’est construite sur l’appauvrissement de la population et un système de planification rigide, ce qui a entraîné l’effondrement du communisme et la désintégration du projet politique. 

Poutine mène la Russie sur cette deuxième voie, et il ne faut pas l’en empêcher. L’Ukraine et l’Occident doivent avant tout amener le Kremlin à prendre conscience des menaces auxquelles il est confronté. Le fait de lui faire croire qu’il est menacé détruira l’économie russe plus efficacement que n’importe quelle force extérieure ne pourrait jamais le faire.

Sources
  1. « Каждый второй рубль : Россия снова увеличит расходы на войну », RFI, 18 juin 2026.
  2. Polina Duganova, « Дефицит бюджета России за январь—апрель составил ₽5,87 трлн », RBC, 8 mai 2026.
  3. « Цена Донбасса : расходы Кремля на живую силу в случае нового наступления превысят 5 трлн рублей », RE:RUSSIA, 13 février 2026.
  4. Valeria Dobrova, « Сбербанк снизил прогноз дефицита бюджета России на 2026 год », RBC, 18 août 2026.
  5. Kimberly Amadeo, « U.S. Budget Deficit by Year », The Balance, 16 mai 2024.
  6. « Инфляционные ожидания населения в августе снизились, предприятий – повысились », Банк России, 26 août 2026.
  7. Tableau des taux d’inflation mensuels annualisés, Инфляция в России.
  8. GDP growth (annual %) – Russian Federation, Banque mondiale.
  9. « Новак сообщил, что РФ в 2025 году экспортировала 238 млн т нефти », Interfax, 27 février 2026.
  10. Irina Filimonova, Vassili Nemov, Irina Provornaya, « Приоритеты нефтяного экспорта России », ИнфоТЭК, 19 mai 2022.
  11. « РФ в августе снизила отгрузки зерна на экспорт в 3,5 раза, до 1,7 млн т », Interfax, 1er septembre 2026.
  12. Maria Perevoshchikova, « Новая волна : как национализация стала одним из главных экономических трендов в России », Forbes.ru, 22 décembre 2025.
  13. Kirill Sokolov, Georgy Tadtaev, « Суд конфисковал аэропорт Домодедово в доход государства », RBC, 17 juin 2025.
  14. Denis Panteleev, « Суд передал в доход государства принадлежавшие Мошковичу акции « Русагро », RBC, 5 mai 2026.
  15. Vitalina Yarkhovska, « Национализация « Южуралзолото » : как государство конфисковало компанию и 4,9 млрд рублей у Константина Струкова », Kommersant, 30 décembre 2025.
  16. André Zlobin, Evgeniya Belkova, « Росимущество с четвертой попытки продало ЮГК за 93,2 млрд рублей », Forbes.ru, 19 juin 2026.
  17. « Инвестиции в основной капитал в РФ в I квартале упали на 14,3 % », Interfax, 3 juin 2026.
  18. « Индекс Мосбиржи падает 19 недель подряд. Что происходило после таких просадок раньше », TBank, 16 juillet 2026.
  19. Olga Ulyanova, « Как новый Указ № 604 позволяет государству взять ваш бизнес под внешнее управление за одну ошибку »,  Klerk, 26 août 2026.
  20. « Правительство подготовило список компаний для национализации из-за атак БПЛА – Русская служба »,  The Moscow Times, 4 septembre 2026.
  21. Recettes et dépenses publiques de la Russie par année, FMI.
  22. Vladislav Inozemtsev, « Афера века, или Как еще можно обобрать россиян – Русская служба », The Moscow Times, 15 octobre 2025.
  23. Ivan Ivanov, « Туристический налог оказался проблемным », Gazeta-N1, 22 mai 2026.
  24. « Новые правила работы на УСН с 1 января 2026 года : как снизить риски », Klerk, 18 mars 2026.
  25. Anna Bezrukova, « Спрос на наличные в России достиг максимума с начала 2026 года », Эксперт, 3 août 2026.
  26. Maria Perevoshchikova, « Число получающих госпомощь самозанятых резко сократилось », Forbes.ru, 27 mai 2026.
  27. « ”Опора России” : Малый бизнес платит в бюджет больше нефтянки — и продолжает беднеть », EastRussia, 29 avril 2026.
  28. « На сектор МСП приходится почти треть всех занятых в бизнесе в России », Kommersant, 3 juin 2026.
  29. Marina Shchapova, « Прослеживаемость товаров в 2026 году : полный перечень с изменениями », Российский налоговый курьер,  7 mai 2026.
  30. « Путин и Чемезов обсудили систему маркировки Честный знак », Kommersant, 7 mai 2026.
  31. Valeria Antonova, « В России вступил в силу закон о локализации машин такси », RBC, 28 février 2026.
  32. « Домашняя птица на учете. Что должны сделать дачники до 1 сентября », Российская газета, 4 août 2026.
  33. Masha Startseva, « В Петербурге вступил в силу запрет на работу мигрантов-курьеров », RBC, 22 novembre 2025.
  34. Oksana Polyakova, « Старинные вывески в Рыбинске : история создания, примеры, интересные факты », Вокруг Света, 5 août 2025.
  35. Arrêté de la mairie de Rybinsk, 18 août 2021.
  36. 109. Informations succinctes sur l’exécution du budget fédéral par année, Ministère des Finances de la Fédération de Russie.
  37. « Нефтегазовые доходы России достигли минимума с начала года » , RBC, 3 septembre 2026.
  38. 109. Informations succinctes sur l’exécution du budget fédéral par année, Ministère des Finances de la Fédération de Russie.
  39. « Ненефтегазовые доходы бюджета России в 2025 году выросли до 28,81 трлн рублей », TASS, 19 janvier 2026.
  40. Victoria Voropaeva, « Минфин : нефтегазовые доходы России упали на 22 % », Финансы, 9 juillet 2026.
  41.  « Послание Федеральному Собранию Российской Федерации », Президент России.
  42. « Орешкин заявил о реинкарнации плановой экономики », TASS, 23 avril 2026.