L’accusation portée par Téhéran contre l’Ukraine pourrait marquer un tournant : pour la première fois depuis 2022, un autre État déjà engagé dans un conflit menace indirectement de rejoindre Moscou dans sa guerre.

  • Selon l’Iran, l’Ukraine aurait attaqué au moyen d’un drone un navire commercial iranien en mer Caspienne, causant la mort d’un marin.
  • L’Ukraine avait déjà mené ce type d’attaques, visant notamment des navires utilisés pour le transport de matériel militaire en provenance d’Iran, ainsi qu’un navire de guerre.
  • Selon Kiev, le navire visé « transportait des composants destinés à des drones et à des missiles à destination de la Russie, et non des marchandises civiles », comme l’affirme l’Iran.

Les menaces de représailles à l’encontre de l’Ukraine proférées dimanche 26 par le ministre des Affaires étrangères iranien font peser le risque d’une implication plus active de Téhéran dans la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine. Un tel scénario rapprocherait dangereusement le conflit d’une guerre étendue.

La guerre russe contre l’Ukraine a déjà, dans un sens, une dimension globale.

  • Afin de repousser les forces ukrainiennes dans l’oblast de Koursk, la Russie a fait appel en 2024 à plus de 10 000 soldats nord-coréens. Selon Zelensky, des infrastructures seraient en construction dans l’oblast frontalier russe de Voronej pour accueillir 30 000 combattants nord-coréens supplémentaires.
  • Des images diffusées par des médias entre fin 2023 et début 2024 montraient quant à elles des opérations menées par des forces spéciales ukrainiennes au Soudan, en soutien à l’armée nationale contre les mercenaires russes de la société Wagner, alliés aux Forces de soutien rapide (RSF).
  • C’est également en Afrique que la Russie mène une campagne de recrutement active, non seulement pour combattre en Ukraine au sein de l’armée russe, mais aussi pour travailler dans les usines qui fabriquent les drones utilisés sur le front.
  • Selon une enquête de la BBC, au moins 3 500 combattants recrutés à l’étranger par Moscou auraient été tués durant la guerre, principalement des nord-coréens mais aussi des Ouzbèkes, des Tadjiks, des Géorgiens et des Azerbaïdjanais 1.

La Russie est également soutenue par la Chine via l’exportation de milliards d’euros de biens à double usage utilisés par l’industrie de défense. L’an dernier, après plus de trois ans de guerre contre l’Ukraine, Vladimir Poutine avait apporté son soutien à Pékin pour l’annexion de Taïwan, un territoire souverain visé par un discours révisionniste – que Moscou avait mobilisé pour justifier l’invasion de 2022.

  • L’axe Russie-Chine-Iran-Corée du Nord est ainsi, à divers niveaux, d’ores et déjà impliqué dans la guerre russe contre l’Ukraine.
  • L’Ukraine bénéficie quant à elle d’un soutien financier et militaire européen et de l’appui des États-Unis, notamment via du renseignement et de l’imagerie satellite.

Au-delà de l’Ukraine, un enchaînement causal entre différents théâtres est visible : le 20 juillet, les Houthis ont annoncé la mise en place d’un embargo maritime sur les ports et les navires saoudiens de la mer Rouge, bloquant ainsi la route que Riyad utilisait pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran. 

Sources
  1. Olga Ivshina, « From Uganda to America : The foreigners dying in Russia’s war », BBC News Russian, 20 juillet 2026.