La multiplication récente des attaques de drones ukrainiens en territoire russe et en Crimée occupée a conduit à une hausse considérable des recherches des particuliers et des entreprises pour l’achat de systèmes anti-drones. Sur Yandex, le principal moteur de recherche russe, le volume de recherches a atteint son niveau le plus élevé depuis mai 2023 – un mois qui avait été marqué par d’importantes attaques ukrainiennes sur Moscou et sa région.
- Durant la semaine du 14 juin, le nombre de recherches a dépassé les 8 000, soit une augmentation de 35 % par rapport à la fin du mois de mai.
- Les entreprises qui postent des annonces sur Internet pour répondre à la demande proposent la plupart du temps des fusils anti-drones, des dispositifs portables pour lesquels aucun permis ni autorisation spéciale n’est requise 1.
- Ces armes, si elles peuvent désactiver des drones en perturbant le système de positionnement et les protocoles de communication de l’engin, sont toutefois largement inefficaces contre des drones longue portée.
Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux russes montre l’installation d’un système de défense anti-aérienne militaire sur un immeuble résidentiel à Sokolniki, un quartier de Moscou, au début du mois de juin. Le système en question installé dans la vidéo ci-dessous, vraisemblablement un Pantsir SMD-E modifié pour la lutte contre les drones, est équipé de missiles à courte et moyenne portée (de 7 à 20 km). Une autre vidéo partagée ces derniers jours montre une installation similaire sur un autre immeuble moscovite 2.
S’ils peuvent être déployés pour défendre des intérêts privés spécifiques, ces systèmes contribuent également à renforcer la défense de la capitale russe, qui s’est montrée insuffisante pour faire face aux dernières attaques ukrainiennes.
- Les entreprises russes ont dépensé plus d’un milliard de dollars pour faire face aux attaques ukrainiennes de drones, notamment en investissant dans des systèmes de brouillage et des armes de gros calibre, qu’elles sont désormais autorisées à acheter.
- Or, sans système de guerre électronique à grande échelle – qui ne correspond pas à une utilisation civile –, il est peu probable que ces dispositifs constituent un rempart efficace contre les drones ukrainiens de longue portée.
- L’autorisation donnée début juin par le Kremlin à la Banque centrale et à Sberbank, la plus grande banque du pays, de se doter de leurs propres moyens pour faire face aux attaques de drones témoigne de l’échec du pouvoir russe à assurer la défense de son territoire.
Sources
- Ирина Долинина, « В России всплеск интереса к антидроновым устройствам », Важные истории, 26 juin 2026.
- Publication sur X d’Exilenova+, 26 juin 2026.