Dans notre précédente chronique du 12 juin, nous nous demandions si l’équipe des États-Unis pouvait vraiment aller loin dans cette Coupe du monde. Après un seul match, nous n’avons pas encore la réponse, mais il ne fait aucun doute que la manière dont elle a battu le Paraguay hier soir donne de l’espoir à Donald Trump. Non seulement en raison du score (4-1), mais surtout grâce à la qualité de la prestation.
- L’équipe de Pochettino a dominé le jeu et la possession, en affichant une grande intensité, en récupérant le ballon très haut sur le terrain et en se montrant efficace offensivement grâce à des combinaisons de passes intéressantes.
- Les joueurs les plus attendus ont répondu présents. Christian Pulisic, l’un des cadres de l’équipe, qui arrivait avec plus de doutes que de certitudes, a été le meilleur sur le terrain. Auteur d’une passe décisive, il a provoqué le but contre son camp de Bobadilla grâce à une superbe action sur le côté gauche et, plus généralement, terrorisé la défense paraguayenne tout au long de la rencontre.
- L’attaquant Folarin Balogun, l’un des artisans du retour de Monaco en Ligue 1 en 2026, a confirmé son excellente forme en inscrivant deux buts. Il totalise désormais 13 en 2026, entre son club et la sélection nationale.
- Giovanni Reyna, auteur du but du 4-1, est devenu un maître des frappes de l’extérieur du pied à la Modrić. Il a inscrit un but qui figurera sans doute dans les compilations des plus belles réalisations de ce Mondial : une superbe frappe enroulée de l’extérieur du pied droit depuis l’entrée de la surface.
Après la victoire, une vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux : on y voit l’équipe américaine recevoir un appel d’encouragement de Donald Trump dans les vestiaires avant le match. Une séquence dans laquelle on remarque la froideur apparente du capitaine Tim Ream, qui n’intervient pas durant l’échange.
Que Trump soit là ou non, le tournoi continue. Le Brésil fait ses débuts aujourd’hui et, lorsque le pays dispute son premier match de Coupe du monde, le monde entier se précipite devant son écran. La Seleção reste l’équipe la plus attendue, même lorsqu’elle n’est ni la plus forte ni la favorite pour le titre.
- C’est la seule équipe nationale à avoir participé aux 23 éditions de la Coupe du monde, et elle domine le palmarès avec cinq titres remportés (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002), devant l’Allemagne et l’Italie, qui en comptent quatre chacune.
- Pour beaucoup, le maillot jaune et or et le short bleu de la sélection brésilienne sont le symbole même de la Coupe du monde.
- Certaines formations historiques du Brésil ont contribué de manière décisive au mythe du tournoi : l’équipe championne du monde de 1970, avec son légendaire quatuor offensif composé de Jairzinho, Rivelino, Pelé et Tostão ; ou encore celle de 1982, emmenée par Socrates, Zico et Falcão, considérée par beaucoup comme la meilleure équipe nationale de tous les temps à n’avoir jamais remporté la Coupe du monde.
Ce 13 juin à minuit (heure de Paris), la magie du Brésil en Coupe du monde renaîtra.
La Seleção fait ses débuts dans le groupe C face au Maroc, dans ce que l’on peut déjà qualifier de premier véritable grand choc de la compétition. Parce qu’il y a le Brésil, bien sûr, mais aussi parce qu’il y a le Maroc. Une équipe qui, il y a quatre ans au Qatar, avait créé la surprise en terminant quatrième du tournoi, après une défaite en demi-finale face à la France.
- Le Maroc a remporté la dernière Coupe d’Afrique des nations, du moins selon la décision de la justice sportive. Sur le terrain, c’est le Sénégal qui avait gagné la finale, avant d’être privé du trophée après avoir quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc dans les dernières secondes du temps réglementaire.
- Cette défaite sur le terrain, lors d’une Coupe d’Afrique des nations disputée à domicile, a laissé des traces au Maroc. Elle a aussi offert l’occasion de se séparer du sélectionneur Walid Regragui.
- La décision reste toutefois controversée. Regragui a conduit le Maroc jusqu’à une demi-finale de Coupe du monde et une finale de Coupe d’Afrique des nations, tout en hissant la sélection à la 7e place du classement FIFA. Mais on lui a reproché d’avoir fait jouer son équipe de manière trop prudente et trop spéculative, sans suffisamment mettre en valeur le talent offensif que le Maroc produit presque toujours en abondance.
Pour remplacer Regragui, les dirigeants ont fait appel à Mohamed Ouahbi, qui a promis dès son arrivée : « Nous aurons davantage de variété tactique. » L’identité nationale marocaine, fondée sur la technique, est-elle sauvée ? Le retour du Maroc séduisant, spectaculaire et parfois perdant d’autrefois serait-il finalement une bonne nouvelle ?
Une seule chose est sûre : la concentration de talent sur la pelouse ce soir sera tout simplement exceptionnelle.
- Achraf Hakimi, le capitaine du Maroc, est l’un des meilleurs joueurs du monde, et ses dernières saisons au Paris Saint-Germain l’ont confirmé. Ce n’est plus seulement un latéral : c’est un joueur capable d’être décisif dans toutes les zones du terrain, alliant puissance athlétique et qualité technique comme peu d’autres.
- Brahim Diaz et Azzedine Ounahi (passé par Angers et Marseille) ne sont que deux des joueurs qui font de la ligne offensive marocaine l’une des plus fascinantes à observer. Et la liste est encore longue : Saibari, El Khannouss, Talbi.
- Quant au Brésil… parler de sa technique mériterait un article à part entière.
Carlo Ancelotti, l’un des entraîneurs les plus titrés des dernières décennies, a façonné ces derniers mois une sélection brésilienne polyvalente, capable de changer de visage en fonction de son adversaire et il n’a pas hésité à prendre des décisions fortes au moment des convocations.
- Il a ainsi laissé à la maison João Pedro, auteur de 20 buts avec Chelsea cette saison, tout en faisant confiance à des joueurs moins expérimentés comme Igor Thiago, Luiz Henrique ou le jeune Rayan.
- Il a également rappelé Neymar Jr. Les brésiliens le réclamait, et Ancelotti le lui a offert. L’attaquant n’a plus joué avec la Seleção depuis 2023 et manquera d’ailleurs le premier match en raison d’une blessure. Mais l’entraîneur italien espère que son aura dans le vestiaire saura tirer le groupe vers le haut.
- Le Brésil est toutefois construit autour de Vinicius Jr., un joueur qui a jusqu’ici eu moins d’impact avec la Seleção qu’avec le Real Madrid. Or, Ancelotti est sans doute l’entraîneur idéal pour le relancer : c’est lui qui a su révéler la meilleure version du Brésilien lors de leurs années communes à Madrid.
Ancelotti est sans doute le sélectionneur le plus attendu de cette Coupe du monde. Pour sa première expérience à la tête d’une équipe nationale, et donc sa première participation à un Mondial, l’Italien arrive avec une réputation unique : celle d’un entraîneur capable de sublimer les talents grâce à son management humain et sa grande capacité d’adaptation. Et s’il existe une sélection où le talent individuel est une véritable marque de fabrique, c’est bien le Brésil.
Tout cela ne fait pas du Brésil la meilleure équipe du tournoi. L’Espagne, la France, l’Angleterre ou encore l’Argentine sont toutes mieux cotées. Mais au fond, peu importe. Cette nuit, on reste éveillé pour voir Carlo Ancelotti sur le banc du Brésil en Coupe du monde.
Ce qu’il ne faudra pas manquer dans les autres matches de la soirée
- Akram Afif conduit le ballon sur la pointe des pieds avant de décocher des frappes surpuissantes, surmonté de son imposante chevelure bouclée. C’est la star du Qatar, celui qui a mené son pays au sacre lors de la Coupe d’Asie 2024 en inscrivant huit buts dans la compétition. À suivre ce soir à 21 heures dans le match Suisse-Qatar.
- La Suisse est désormais une sélection de tout premier plan. Lors du dernier Euro, elle a éliminé l’Italie en huitièmes de finale avant de ne céder qu’aux tirs au but face à l’Angleterre en quarts. Elle se présente à cette Coupe du monde avec plusieurs joueurs prometteurs, mais il faudra surtout garder un œil sur le jeune Johan Manzambi. Ce milieu de terrain de 20 ans, capable de courir pour deux, est la révélation du Fribourg finaliste de la Ligue Europa et figure déjà sur le radar des plus grands clubs européens.
- Selon de nombreux observateurs, l’Écosse pourrait être l’outsider de ce Mondial. Cette nuit, à 3 heures du matin (heure française), elle débute face à Haïti. Pour ceux qui tiendront jusqu’au bout de la nuit, deux joueurs méritent une attention particulière : Scott McTominay, dont le retourné acrobatique contre le Danemark lors du match décisif des qualifications appartient déjà à la légende du football écossais, et Lawrence Shankland, un buteur qui semble avoir débarqué tout droit des années 1980 : déplacements lourds, léger embonpoint, style brut mais une efficacité redoutable dans la surface de réparation.
- Et une fois Haïti-Écosse terminé, autant rester éveillé pour regarder aussi Australie-Turquie, à 6 heures du matin. La Turquie est l’une des équipes les plus techniques de cette Coupe du monde. Une question animera le tournoi : lequel de Kenan Yildiz ou d’Arda Güler se révélera le plus décisif ?
Mise à jour sur les personnalités non admises en Amérique du Nord
- Jibril Rajoub, président de la fédération palestinienne de football, a assisté sans difficulté au match d’ouverture jeudi à Mexico, mais il ne pourra pas se rendre aux États-Unis, les autorités américaines ne lui ayant pas accordé de visa.
- Le milieu de terrain du Ghana et d’Arsenal Thomas Partey ne disputera pas le premier match de sa sélection contre le Panama, prévu jeudi à Toronto. Visé par plusieurs accusations de violences sexuelles au Royaume-Uni, le gouvernement canadien lui a refusé l’entrée sur son territoire, alors qu’il ne rencontre aucune difficulté pour se rendre aux États-Unis.