Sur les 17 milliards de dollars promis pour la reconstruction de Gaza par les pays membres du « Conseil de la paix », une organisation lancée et présidée par Trump à Davos en janvier, le fonds financier du Conseil d’administration, mis en place par la Banque mondiale, n’a reçu aucun versement 1.

  • L’organisation dispose d’un deuxième compte chez J.P. Morgan, et le porte-parole du Conseil de la paix a déclaré que plusieurs dons y avaient été versés, sans toutefois en préciser les montants.
  • J.P. Morgan n’est tenue à aucune exigence en matière de transparence, et ne doit pas rendre compte de la situation financière du fonds.
  • Les Émirats arabes unis avaient annoncé financer le bureau du « Haut représentant pour Gaza », Nikolaï Mladenov, à hauteur de 20 millions de dollars et le Maroc à hauteur de 3 millions de dollars. 
  • Selon la Charte du Board of Peace, le président dispose de la capacité de gérer les fonds. L’adhésion des « pays invités » au Conseil d’administration est limitée à trois ans : si l’un d’eux souhaite rester plus d’un an, il est prévu qu’il contribue au fonds géré par Trump personnellement, à raison d’un milliard de dollars comptant.
  • La reconstruction de l’enclave est estimée par le Conseil de la paix à plus de 30 milliards de dollars 2.

L’organisation devrait soutenir l’administration, la reconstruction et le redressement économique de la bande de Gaza à la suite du cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025 et selon les lignes énoncées dans le plan de paix de Trump

  • À ce jour, Israël occupe toujours environ 60 % de la surface de la bande de Gaza. 
  • Le Hamas refuse de déposer les armes. 

Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité des Nations unies le 15 mai, le Conseil de la paix avait appelé à combler « de toute urgence » l’écart entre les engagements pris auprès de l’organisation et les versements. Le document ajoutait : « Les fonds engagés mais non encore versés représentent la différence entre un cadre qui existe sur le papier et un cadre qui produit des résultats concrets sur le terrain pour la population de Gaza ».

  • Aucune reconstruction de l’enclave ne peut débuter sans un accord sur la feuille de route pour la mise en œuvre intégrale de l’accord d’octobre 2025.
  • Or, le Hamas accuse régulièrement Mladenov et le Conseil de la paix d’adopter la position du gouvernement israélien 3.
  • Si la fréquence des bombardements a diminué depuis octobre 2025, Israël vise toujours les responsables du Hamas – le 6 mai, l’un des fils de Khalil Al-Hayya, le négociateur en chef du mouvement dans le cadre des pourparlers sur l’avenir de l’enclave, a ainsi été tué dans une frappe israélienne 4.
  • Des images satellites montrent également que Tsahal a progressivement étendu son contrôle de l’enclave au-delà de la ligne jaune fixée dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu.