Malgré l’impopularité croissante de Donald Trump, les électeurs républicains du 4e district congressionnel du Kentucky ont largement suivi hier, mardi 19 mai, les consignes données par le président américain en votant majoritairement pour Ed Gallrein face à l’élu à la Chambre des représentants Thomas Massie, qui représente le district depuis 2012.
Massie est l’un des principaux critiques de Trump au sein du Parti républicain.
- Celui-ci s’est opposé à la politique étrangère de l’administration Trump en critiquant l’opération qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro au Venezuela en janvier, puis la guerre lancée contre l’Iran aux côtés d’Israël.
- Massie est également le seul élu républicain à avoir co-sponsorisé l’Epstein Files Transparency Act, la loi signée par Trump en novembre qui a contraint l’administration à publier les documents liés à l’affaire Epstein.
- L’an dernier, Massie avait été l’un des deux représentants républicains à voter contre le One Big Beautiful Bill Act, l’une des lois les plus impopulaires de ces trois dernières décennies qui a conduit à une hausse du plafond de la dette de 5 000 milliards de dollars.
Massie est devenu ces derniers mois l’une des principales cibles politiques de Trump au sein du Parti républicain. En raison de son opposition répétée, Trump avait demandé en mars, lors d’un événement dans le Kentucky, qu’on lui trouve « quelqu’un de vivant » (« give me somebody with a warm body ») pour battre Massie lors de la primaire, suggérant qu’il était prêt à soutenir n’importe qui pour le remplacer 1.
- Plus de 32 millions de dollars ont été dépensés durant la campagne pour la primaire, ce qui en fait la plus chère de l’histoire récente du pays.
- Sur cette somme, 19 millions ont été dépensés par des groupes de soutien à Trump et des comités pro-Israël pour faire échouer la candidature de Massie et soutenir Ed Gallrein, un ancien militaire dont la campagne repose sur un engagement sans faille à l’agenda de Trump 2.
- Massie a notamment été la cible de plusieurs milliardaires républicains comme Paul Singer, John Paulson et Miriam Adelson, ainsi que du lobby pro-Israël AIPAC, qui a dépensé plusieurs millions de dollars pour des publicités.
Grâce aux près de 500 millions de dollars amassés par des groupes et comités affiliés à Donald Trump pour les élections de mi-mandat, le président américain mène une campagne de purge du parti visant les élus et candidats qui s’opposent publiquement à son agenda.
- Avant la défaite de Massie, c’est le sénateur républicain de Louisiane, Bill Cassidy, qui a perdu samedi 16 mai la primaire pour sa réélection face à la représentante Julia Letlow, soutenue par Trump.
- Quelques heures avant le scrutin, le président américain avait qualifié Cassidy – l’un des rares élus qui avaient voté pour sa destitution en 2021 toujours présents au Congrès – de « désastre déloyal ».
Sur les 17 élus républicains en poste au Congrès qui avaient soutenu la deuxième procédure de destitution de Trump, seulement 3 pourraient conserver leur siège après les élections de mi-mandat de novembre. Ce chiffre inclut la sénatrice d’Alaska Lisa Murkowski, dont le siège ne sera renouvelé qu’en 2028.
- Les défaites de Massie, de Cassidy et de cinq sénateurs d’État républicains de la législature de l’Indiana, début mai, qui s’étaient opposés l’an dernier à la tentative de Trump de redécouper les cartes électorales dans l’État témoignent de son influence au sein du GOP et de l’ampleur de ses ressources financières.
- Si le Parti républicain pourrait perdre le contrôle de la Chambre, voire du Sénat, suite aux élections de novembre, le 120e Congrès qui sera investi en janvier 2027 devrait être le plus loyal à Trump depuis son arrivée à la Maison-Blanche, en 2017.
Sources
- McKenna Horsley, « In Kentucky, Trump embraces Rep. Thomas Massie’s Republican challenger on their home turf », Kentucky Lantern, 11 mars 2026.
- Theodore Schleifer et Matt Zdun, « Trump’s Push to Defeat Massie Is the Most Expensive House Primary in Recent Years », The New York Times, 19 mai 2026.