Jeudi 9 avril, Vladimir Poutine a décrété une trêve pour le week-end de la Pâques orthodoxe en Ukraine. Celui-ci devrait débuter aujourd’hui à 15h (Paris), et expirer demain soir, dimanche 12 avril, à 23h 1. Lors d’un cessez-le-feu temporaire similaire l’an dernier, Zelensky avait accusé l’armée russe de l’avoir violé à 3 000 reprises.

  • Le président ukrainien a proposé à plusieurs reprises de cesser les combats durant le week-end de Pâques.
  • Le 30 mars, il avait déclaré que Kiev était disposé à respecter un cessez-le-feu sur le terrain ainsi qu’une trêve énergétique.
  • Jeudi 9 mars, peu de temps après l’annonce de Poutine, il a déclaré que l’armée ukrainienne « agira en conséquences ». Il ajoutait : « la Russie a également la possibilité de ne pas reprendre les frappes après Pâques ».

Hier, vendredi 10, le directeur de cabinet de Zelensky, Kyrylo Boudanov, a déclaré que les négociateurs américains se « rapprochaient peu à peu » d’un accord de paix avec la Russie.

Il ajoutait, à propos de la Russie : « Ils comprennent tous que la guerre doit prendre fin. C’est pourquoi ils négocient […] Je ne pense pas que cela prendra beaucoup de temps » 2.

  • Selon Boudanov, les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, devraient se rendre à Kiev pour un nouveau cycle de discussions au cours du mois d’avril. Cette visite pourrait intervenir « peu de temps après Pâques », et inclure le sénateur républicain et proche de Trump, Lindsey Graham.
  • Zelensky semble toutefois plus dubitatif quant à une reprise des pourparlers trilatéraux, qui ont largement pris fin depuis le lancement de la guerre contre l’Iran, il y a plus d’un mois 3.
  • Witkoff et Kushner se trouveront aujourd’hui, samedi 11, aux côtés de J.D. Vance à Islamabad pour des négociations avec des représentants iraniens. S’il s’est rendu à plusieurs reprises à Moscou, Witkoff ne s’est jamais rendu à Kiev depuis sa nomination comme « envoyé spécial » de Trump, en 2025.

Le Kremlin a violé toutes les précédentes trêves : pour la Pâques orthodoxe l’an dernier, mais aussi sur les frappes visant les infrastructures énergétiques en mars, puis en mai, à l’occasion des célébrations organisées à Moscou pour commémorer les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

  • Selon The European Correspondent, depuis 2014, Moscou a violé plus de 25 cessez-le-feu officiels 4.
  • Les données compilées par l’Uppsala Conflict Data Program (UCDP) montrent que moins de la moitié (46 %) des 63 conflits pris en compte ayant eu lieu au cours de la période 1946-2005 se sont soldés par un cessez-le-feu ou un accord de paix.
  • Seulement un conflit sur cinq (21 %) débouche sur un scénario de gagnant/perdant, tandis qu’un tiers (33 %) se solde par une situation floue dans laquelle aucun accord de paix ou victoire claire n’émerge.