Selon des informations obtenues par le journal allemand Der Spiegel, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a rencontré Trump hier, mercredi 8, aurait « informé les capitales européennes que Donald Trump attend des engagements concrets dans les prochains jours concernant le déploiement de navires de guerre ou d’autres moyens militaires européens » dans le détroit d’Ormuz 1.
- Hier, 8 avril, dans un entretien avec CNN, Mark Rutte a déclaré que le président américain était « clairement déçu » par de nombreux alliés de l’OTAN qui n’ont pas soutenu la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran autant qu’il l’aurait souhaité.
- Il a refusé de répondre à la question de savoir si Trump avait évoqué un éventuel retrait de l’OTAN, mais la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait indiqué plus tôt que le sujet serait probablement abordé.
- La rencontre entre Mark Rutte et Donald Trump intervient alors que plusieurs gouvernements européens auraient demandé au secrétaire général de l’OTAN de modérer son soutien à la décision américaine d’attaquer l’Iran. Plusieurs responsables estiment en effet que sa position, jugée trop alignée sur Washington, l’inciterait à soutenir Donald Trump au détriment des intérêts européens 2.
Depuis le début de la guerre le 28 février, plusieurs pays membres de l’OTAN ont fermé leur espace aérien ou refusé que les États-Unis utilisent leur bases pour des missions offensives, dont l’Espagne, l’Italie, l’Autriche et la France.
- D’autres pays, comme le Portugal, ont permis aux États-Unis d’utiliser ses bases dans les Açores.
- Washington dispose au total de 31 bases permanentes et de 19 autres sites militaires répartis dans toute l’Europe, mais leur utilisation est codifiée, dans la plupart des cas, par des accords bilateraux qui autorisent Washington à les utiliser dans le cadre de l’OTAN.
Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables de l’administration, la Maison-Blanche envisagerait un plan visant à sanctionner certains membres de l’OTAN qui, selon Trump, n’auraient pas apporté leur soutien aux États-Unis et à Israël pendant la guerre contre l’Iran 3. L’Espagne se situerait « vraisemblablement en haut de cette liste », selon des sources citées par Der Spiegel.
- La proposition consisterait à retirer les troupes américaines des pays membres de l’OTAN jugés peu coopératifs dans la guerre contre l’Iran, et à les stationner dans des pays que Trump considèrent plus aidants.
- Près de 70 000 soldats américains sont actuellement déployés en Europe, dont 36 000 en Allemagne, 10 000 au Royaume-Uni et 13 000 en Italie.
Plusieurs pays européens, comme la France, l’Allemagne et la Belgique notamment, ont déjà exprimé leur volonté de participer à une mission pour assurer la circulation maritime dans le détroit, une fois la phase chaude du conflit terminée.
- Un groupe de 40 pays s’est déjà réuni pour élaborer un plan militaire et diplomatique visant à rouvrir et sécuriser le détroit d’Hormuz.
- Le président français Emmanuel Macron a déclaré mercredi, 8 avril, qu’une quinzaine de pays envisageaient de faciliter la reprise du trafic dans le détroit.
Ces dernières semaines, Trump a de plus en plus exprimé vocalement sa critique de l’OTAN, allant jusqu’à suggérer qu’une fois la guerre terminée, les États-Unis pourraient réévaluer leur engagement dans l’alliance.
- Il a également lié ses menaces d’annexer le Groenland au manque d’aide des membres européens de l’OTAN en Iran.
- Marco Rubio avait également déclaré : « Pourquoi faisons-nous partie de l’OTAN ? Il faut se poser cette question. Pourquoi dépensons-nous des milliards de dollars pour maintenir toutes ces forces américaines dans la région, si on ne nous autorise pas à utiliser ces bases en cas de besoin ? »
Sources
- Matthias Gebauer, « Trump erhöht den Druck auf Europa – neue Forderung nach Unterstützung in Straße von Hormus », Der Spiegel, 9 avril 2026.
- Andrea Palasciano, « As Trump Bullies NATO, Europe Questions a Deferential Rutte », Bloomberg, 8 avril 2026.
- Annie Linskey et Robbie Gramer, « Trump Team Explores Punishment for NATO Countries That Didn’t Support Iran War », The Wall Street Journal, 8 avril 2026.