Tous les ans, l’institut suédois V-Dem mesure l’évolution de plus de 600 indicateurs pour chaque pays reflétant l’état de leur démocratie, en s’appuyant sur un réseau de plusieurs milliers de chercheurs à travers le monde.
Ces points de données sont par la suite utilisés pour élaborer des indices quantifiant cinq grands principes : électoral (la tenue d’élections libres), libéral (la protection des droits), participatif (l’implication des citoyens dans les processus politiques), délibératif (si les décisions sont prises suite à un processus établi, et non sur la base d’intérêts particuliers), et égalitaire.
Sur la base de ce score, l’institut répartit chaque pays en quatre grandes catégories, et une « zone grise » : les démocraties libérales, les démocraties électorales, les autocraties électorales et les autocraties fermées.
- Selon V-Dem, les États-Unis ont perdu pour la première fois depuis au moins 1975 leur statut de « démocratie libérale » suite au retour au pouvoir de Donald Trump.
- Le pays est désormais considéré comme une « démocratie électorale », soit une catégorie qui regroupe quelques pays occidentaux comme le Royaume-Uni (depuis 2024), le Portugal (depuis 2023) ou la Grèce (depuis 2020).
Le rapport de V-Dem note que sous la présidence de Donald Trump, le déraillement de la démocratie américaine se caractérise par des abus de pouvoir de l’exécutif qui sapent l’État de droit, ainsi que par une répression et une intimidation à grande échelle à l’encontre des médias et des voix dissidentes.
- Les « contraintes législatives », soit la capacité du Congrès et des agences gouvernementales à interroger, enquêter et contrôler le pouvoir exécutif, ont enregistré la baisse la plus importante, passant de 0,86 à 0,61 – soit une perte d’un tiers de leur valeur.
- L’autocratisation des États-Unis, caractérisée notamment par le renforcement des pouvoirs exécutifs, a quant à elle été la plus rapide au monde au cours des 25 dernières années.
- Il aura ainsi fallu quatre ans à Viktor Orbán en Hongrie, huit ans à Aleksandar Vučić en Serbie, et environ dix ans à Modi en Inde et à Erdoğan en Turquie pour renforcer leurs pouvoirs autant que Donald Trump l’a fait en un an.
Selon V-Dem, les États-Unis présentent le seul cas au monde où un mouvement décrit comme ayant adopté un programme d’extrême droite, nationaliste et anti-pluraliste, est parvenu à prendre le contrôle d’un parti au sein d’un système bipartite. L’année 2026 marquera un moment critique pour la démocratie américaine avec la tenue des élections de mi-mandat en novembre.