Hier, dimanche 15 mars, des responsables américains anonymes ont déclaré au média en ligne Semafor qu’Israël avait « informé les États-Unis cette semaine qu’il était à court d’intercepteurs de missiles balistiques » 1. Le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Sa’ar ainsi qu’un porte-parole de Tsahal ont démenti ces informations.
Cette fuite — très rare — pourrait indiquer un renforcement d’un front anti-guerre au sein de la Maison-Blanche.
- Les intercepteurs sont essentiels pour assurer la protection du territoire israélien face aux frappes iraniennes de missiles, et peuvent également être utilisés en dernier recours pour intercepter des drones.
- Une pénurie ou, du moins, de faibles réserves exposerait les villes israéliennes à d’importants dégâts.
Ce scénario ferait l’objet d’inquiétudes parmi les conseillers les plus influents de Trump.
- Le 13 mars, dans un épisode de son podcast, le conseiller IA et crypto du président américain, David Sacks, avait évoqué un scénario catastrophe : « Si cette guerre se poursuit pendant des semaines ou des mois, Israël pourrait tout simplement être détruit […] Vous devez vous inquiéter qu’Israël escalade la guerre en envisageant l’utilisation d’une arme nucléaire, ce qui serait véritablement catastrophique ».
- Si les préoccupations de Sacks semblent au moins en partie motivées par des considérations économiques, et notamment la potentielle remise en question par le conflit du modèle de financement de l’IA, qui repose sur les économies des États du Golfe, d’autres craignent que Trump ne s’enferme dans un « piège de l’escalade ».
Selon des sources citées par Axios, plusieurs hauts-responsbles à Washington anticipent une crise longue au Moyen-Orient qui pourrait se transformer en un conflit de plus faible intensité, mais durable 2. Pour les républicains, le principal risque est qu’une perturbation prolongée de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz entraîne une hausse des prix avant les élections de mi-mandat, en novembre.
Au 16 mars, le prix à la pompe d’un galon d’essence avait dépassé les 3,7 dollars en moyenne aux États-Unis, soit 21 % de plus qu’il y a un an, selon AAA.
- Selon une source proche de l’administration, Trump aurait été « grisé par ses succès » lors de l’opération visant le programme nucléaire iranien en juin 2025 et par la capture de Nicolás Maduro à Caracas en janvier.
- Malgré une campagne aérienne d’une intensité inédite, le président américain n’a toujours pas déclaré victoire, et pourrait être sur le point d’escalader davantage le conflit en déployant des Marines.
- Un autre proche de la Maison-Blanche a déclaré à Axios : « Plus les Iraniens perturbent le détroit [d’Ormuz], plus Trump est obstiné ».
La porte-parole de la Maison-Blanche Anna Kelly a nié en bloc les informations d’Axios, affirmant que « l’ensemble de l’administration est unie derrière le président Trump et le département de la Défense » 3. Si les sondages montrent un fort soutien à la guerre contre l’Iran parmi la base MAGA seulement une minorité de Républicains « non-MAGA » y est favorable.
Sources
- Shelby Talcott, « Israel is running critically low on interceptors, US officials say », Semafor, 15 mars 2026.
- Jim VandeHei et Mike Allen, « Behind the Curtain : Trump’s escalation trap », Axios, 16 mars 2026.
- Joe Sommerlad, « Trump’s inner circle showing ‘buyer’s remorse’ over Iran war and fear president was ‘high on his own supply,’ report says », The Independent, 16 mars 2026.