Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont pris la décision aujourd’hui, mercredi 11 mars, de prélever 400 millions de barils sur leurs réserves stratégiques de pétrole afin de contenir la hausse des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

Il s’agit de la libération la plus importante de l’Agence depuis sa création, en 1974.

  • L’AIE a procédé à cinq libérations coordonnées de barils de pétrole au cours des 50 dernières années : en 1991 avant la guerre du Golfe, en 2005 après les ouragans Katrina et Rita, après le déclenchement de la guerre civile en Libye en 2011 et à deux reprises suite à l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, en 2022.
  • Avec 400 millions de barils de brut, le volume qui sera prélevé dépassera largement les 180 barils qui avaient été libérés en deux tranches en 2022.

L’ampleur de ce prélèvement s’explique par le rôle central que joue le détroit d’Ormuz — que l’Iran aurait commencé à miner, selon des sources américaines — dans le commerce maritime mondial. Avant le déclenchement de la guerre, 38 % du brut et 19 % des produits raffinés transportés par navires dans le monde transitaient via Ormuz.

Si le chiffre de 400 millions de barils est considérable, plusieurs détails clefs sont encore inconnus, notamment le rythme de leur mise sur le marché.

  • Plusieurs analystes estiment que 2 à 4 millions de barils pourraient être injectés sur le marché chaque jour 1.
  • De son côté, JPMorgan voit un débit de 1,2 million de barils par jour comme étant « réalisable ».
  • Les données américaines issues de la libération de pétrole de 2022 montrent que les réserves stratégiques américaines avaient permis de gérer un peu plus d’un million de barils par jour pendant un mois seulement.

On estime qu’environ 15 millions de barils par jour d’approvisionnement pourraient être perturbés dans le détroit d’Ormuz. L’impact du prélèvement décidé par les pays membres de l’AIE sur les marchés dépendra ainsi de plusieurs facteurs, comme la vitesse à laquelle les stocks devraient être libérés, le débit ainsi que la durée de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz.

Sources
  1. Grant Smith, Nayla Razzouk, Jack Wittels et Ewa Krukowska, « IEA to Release Record 400 Million Barrels From Oil Reserves », Bloomberg, 11 mars 2026.