Depuis lundi 2 mars, le Hezbollah s’est engagé dans la guerre livrée par Israël et les États-Unis contre l’Iran en tirant des roquettes et des drones vers le territoire israélien. Si la plupart de ces projectiles sont interceptés, le gouvernement de Netanyahou invoque ces attaques pour justifier une opération terrestre au Liban.
- Dès mardi 3 mars, des troupes israéliennes ont pris position dans le Sud du pays afin de créer une « zone tampon » censée protéger les populations vivant dans le nord d’Israël des frappes du Hezbollah.
- Depuis, Tsahal a massé des moyens supplémentaires à la frontière tout en envoyant des soldats dans les localités de Houla, Kfar Chouba et Khiam, qui avait déjà été le théâtre de batailles entre les forces israéliennes et le Hezbollah à l’automne 2024.
La guerre contre l’Iran et la reprise des frappes du Hezbollah, soutenu par Téhéran, ont fait voler en éclats le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 qui prévoyait un retrait des forces israéliennes du Sud-Liban afin de permettre un déploiement des Forces armées libanaises. Cette dernière, qui dispose de moyens insuffisants, s’est retirée de plusieurs postes avancés au cours des derniers jours sur une profondeur de 10 kilomètres.
Le gouvernement israélien pourrait se saisir du chaos au Moyen-Orient pour tenter de repousser aussi loin que possible les combattants du Hezbollah.
- L’armée israélienne a ordonné mercredi 4 mars l’évacuation de tous les civils libanais habitant au sud du fleuve Litani, ce qui représente une zone de plus de 800 km² (soit environ 8 % de la superficie du pays).
- Le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes, Eyal Zamir, a déclaré aujourd’hui, vendredi 6 mars, que Tsahal irait « aussi loin que nécessaire, y compris jusqu’au fleuve Litani et au-delà, si on nous en donne l’ordre » 1.
- Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a quant à lui déclaré hier qu’Israël « n’avait d’autre choix » que de créer une « zone stérile » dans le sud du Liban. Il ajoutait : « Il est peut-être inesthétique, voire désagréable, de raser deux ou trois villages libanais, mais ils l’ont bien cherché. Personne ne leur a dit qu’ils devaient devenir le pays hôte d’une organisation terroriste ».
Les renseignements américains et israéliens suggèrent que le Hezbollah n’a cessé de se renforcer depuis l’automne 2024, notamment suite à l’explosions de bipeurs et de talkies-walkies, les 17 et 18 septembre, lors d’une opération orchestrée par le Mossad qui avait conduit à l’élimination de plusieurs hauts-responsables du groupe 2.
Il n’est toutefois pas certain que le Hezbollah soit en capacité d’opposer une réelle résistance face à l’armée israélienne, qui a rappelé 100 000 réservistes pour renforcer ses positions à la frontière.
- Les attaques lancées par le groupe contre Israël sont motivées par la lutte pour sa survie, dans laquelle le régime iranien est engagé depuis près d’une semaine.
- Si les milices chiites en Irak intensifient elles aussi leurs attaques contre les forces américaines et des groupes kurdes iraniens dans le nord-est du pays, les Houthis au Yémen sont jusqu’à présent restés en-dehors du conflit.
Sources
- Lucy Williamson, « Israeli troops push into Lebanon for yet another war with Iran’s proxy Hezbollah », BBC, 6 mars 2026.
- Feliz Solomon et Dov Lieber, « Israel Was Ready to Take On Hezbollah Again. Now It Can. », The Wall Street Journal, 2 mars 2026.