Le président actuel López Obrador, AMLO, de gauche, en fonction depuis 2018, n’est pas rééligible. Sa successeure désignée est Claudia Sheinbaum, ancienne maire de Mexico et membre du GIEC, qui fédère une coalition de gauche nommée Juntos Haremos Historia (« Ensemble nous ferons l’Histoire »).

  • En face, la candidate de l’opposition Xóchitl Gálvez a rassemblé le centre-droit, mais aussi certaines forces de gauche qui s’opposent à l’autoritarisme du président actuel. 
  • Enfin, le troisième homme est le centriste Jorge Álvarez Máynez. 
  • Les sondages donnent une large majorité à Sheinbaum, même si Gálvez a connu une nette remontée (de 20 % à plus de 30 %) depuis novembre 2023.

La campagne a été marquée par des violences croissantes, caractéristiques du mandat d’AMLO. Au niveau municipal, au moins 26 candidats ont été assassinés depuis septembre, dont encore 2 à la mi-mai, dans les États méridionaux du Guerrero et du Chiapas. 

  • Le mandat d’AMLO a été le plus sanglant de l’histoire récente du pays, avec plus de 170 000 homicides entre 2018 et mars 2024. 

Si la croissance économique – autour de 3 % en 2024 – demeure faible par rapport aux autres pays en voie de développement, le Mexique se trouve dans une position privilégiée pour profiter des tensions commerciales sino-américaines. 

  • Avec près de 800 milliards de dollars d’échanges, en 2023, pour la première fois depuis plus de vingt ans, le Mexique a remplacé la Chine en tant que premier partenaire commercial des États-Unis. 
  • Selon Deloitte Insights, le développement par les États-Unis d’une production à proximité (nearshoring), pourrait contribuer à hauteur de 3 % au PIB mexicain au cours des cinq prochaines années1
  • Les élections américaines de novembre seront suivies de près à Mexico. Donald Trump a déclaré que si élu il imposerait des droits de douane de 200 % sur les voitures chinoises fabriquées au Mexique. 
  • La question de la frontière mexicaine est au centre de la campagne américaine, avec les deux candidats soutenant des positions fermes en matière d’immigration.  
  • L’accord commercial  États-Unis-Mexique-Canada signé en 2020 — qui a remplacé l’Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA) — devrait être revu en 2026, ce qui permettra à Washington d’adresser notamment les inquiétudes liées aux importations mexicaines en provenance de Chine, qui peuvent arriver sur le marché américain.

Après Milei, l’Amérique bascule vraiment à droite ? Le résultat du scrutin pourrait confirmer les propos de l’ancien ministre de l’Ecuador, Guillaume Long, « Si l’on regarde en termes de nombre de pays, il y en a plus qui sont à droite […]. Mais si on regarde en termes de poids économique, politique, géopolitique, en termes de nombre d’habitants, en termes de PIB, etc., l’histoire est un petit peu différente avec le Brésil, le Mexique et la Colombie qui donnent le la sur l’axe progressiste. En Amérique latine, entre le conservatisme et le progressisme, deux propositions très distinctes s’affrontent ».  

Sources
  1. Nearshoring in Mexico, Deloitte Insights, juillet 2023.