Mardi 1er septembre, alors qu’il prenait part à une conférence de presse dans le cadre du Sommet de l’Organisation de Shanghai, qui se tient à Bichkek, au Kirghizistan, Vladimir Poutine a déclaré que les frappes ukrainiennes en mer Noire et d’Azov auraient provoqué des dégâts représentant « environ 1 % du PIB » russe, soit environ 22 milliards d’euros.
- Dans une transcription de la conférence de presse, publiée par le Kremlin, Poutine a déclaré : « Au total, durant ces 40 jours, ils ont endommagé une centaine de nos navires […] Ce n’est pas un préjudice critique pour nous. Ils ne peuvent pas nous infliger de préjudice critique. Mais il y a tout de même des dégâts » 1.
- On ignore si Poutine, en évoquant ce bilan économique, vise uniquement les frappes ayant visé les navires transportant pétrole, gaz et denrées, ou s’il y inclut également les dégâts causés aux infrastructures énergétiques et de transport.
- Le président russe n’a par ailleurs pas mentionné, dans ses réponses, les dégâts subis par les entrepôts et centres logistiques de la plateforme de e-commerce Wildberries, ciblés à plusieurs reprises par des frappes de drones ukrainiens depuis mi-juillet, et dont les pertes se chiffrent en milliards de dollars.
Loin de minimiser l’impact de la campagne ukrainienne, ces déclarations de Poutine semblent presque acter la capacité de Kiev à porter des coups à l’économie russe.
- Les aéroports de Moscou de Vnoukovo et de Cheremetievo ont été forcés de suspendre leurs activités durant deux nuits consécutives, après que Zelensky ait déclaré mardi 1er septembre le ciel russe « totalement dangereux » 2.
- Les menaces ukrainiennes ont contraint plusieurs compagnies aériennes, dont Pegasus, la plus grande compagnie privée turque, à faire demi-tour en plein vol pour plusieurs de leurs avions à destination de Moscou, et à annuler des dizaines de vols.
Dans une note publiée le 1er septembre, la Banque centrale russe a implicitement reconnu l’impact des frappes ukrainiennes sur l’économie du pays, anticipant un « ralentissement de la croissance au troisième trimestre » en raison d’une « perte temporaire de capacités de production et de logistique » 3.
Ces surprenantes déclarations de Poutine pourraient servir à justifier une nouvelle escalade en Ukraine.
- S’exprimant jeudi 3 septembre depuis le Forum économique oriental de Vladivostok, le président russe a déclaré avoir mal anticipé les frappes contre les infrastructures : « Nous sommes partis du principe qu’il s’agissait d’installations purement civiles, qui ne pouvaient en aucun cas être la cible d’attaques, même en temps de conflit armé […] Mais sur ce point, nous nous sommes trompés, notre adversaire, malheureusement, voit les choses différemment » 4.
- Le président russe a averti la population de « se préparer à tout », en réponse à une question sur l’éventualité d’une pénurie durable de carburant. Il a par ailleurs déclaré que la Russie se trouvait « contrainte de riposter en miroir » aux frappes ukrainiennes.
- Depuis 2022, l’armée russe frappe délibérément des infrastructures civiles et énergétiques ukrainiennes, dans l’espoir de briser le moral de la population et de pousser Kiev à accepter un accord de paix défavorable.
Sources
- « Ответы на вопросы СМИ », Kremlin, 1er septembre 2026.
- Publication sur Telegram de Volodymyr Zelensky, 1er septembre 2026.
- « Рост экономики РФ в III квартале может замедлиться из-за временного выбытия мощностей », Interfax, 1er septembre 2026.
- « Ответ на атаки по инфраструктурным объектам РФ один – укрепление системы ПВО, заявил Путин », Interfax, 3 septembre 2026.