Des responsables américains ont indiqué que l’administration Trump envisageait de mener des opérations militaires au Mali contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda, créée en 2017 par la fusion de plusieurs groupes djihadistes actifs dans la région 1.
Il s’agirait du huitième pays ciblé par des frappes depuis le retour au pouvoir de Trump, en 2025.
- Le président américain a lancé en 18 mois des opérations militaires en Iran, au Yémen, en Somalie, en Syrie, au Venezuela, en Irak et au Nigeria.
- En septembre, l’armée américaine a également déployé l’opération Lance du Sud dans les Caraïbes et le Pacifique Est, afin de lutter contre le trafic de drogue en provenance d’Amérique latine.
- Plus de 60 frappes visant des navires ont été recensées à ce jour, portant le bilan à au moins 200 morts.
L’an dernier, l’administration américaine a intensifié le partage de renseignements avec le Mali dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes. Contrairement à l’administration Biden, un ancien responsable américain a déclaré que Washington ne portait pas de « jugement » sur la légitimité de la junte. L’administration semble en effet vouloir renouer des liens avec les régimes de l’Alliance des États du Sahel afin de rétablir un dispositif de lutte contre le terrorisme, de contrer l’influence russe, mais aussi et surtout de sécuriser l’accès aux minerais critiques 2.
- Selon ACLED, l’armée malienne et les mercenaires russes déployés pour la soutenir ont provoqué la mort de 925 civils en 2020, soit quatre fois plus que les groupes islamistes.
- Si la stratégie de contre-insurrection menée par la junte malienne et la Russie affaiblit certains réseaux djihadistes, elle alimente aussi les ressentiments locaux, et crée de nouvelles opportunités de recrutement pour les groupes armés.
- Il est peu probable qu’une opération militaire américaine au Mali affaiblisse suffisamment les groupes terroristes pour permettre à la junte de recouvrer son autorité sur l’ensemble du territoire. Une campagne ciblant le JNIM pourrait aussi profiter à un autre groupe rival, l’EI-Sahel, une branche de l’État islamique, avec laquelle le JNIM se dispute violemment le contrôle du territoire depuis 2019.
Sources
- John Hudson et Rachel Chason, « Trump administration weighing military options in Mali, officials say », The Washington Post, 22 juillet 2026.
- Adrian Elimian, « US eyes rebuilding relations with West African juntas », Semafor, 16 mars 2026.