Trump a décrit ce cadre comme une base pour un accord à long terme, qu’il a qualifié de bénéfique « pour toujours ». Ce cadre serait également lié à son projet d’un système de défense antimissile « Golden Dome », pour lequel la position stratégique du Groenland serait clef.
Lors d’un entretien avec Fox Business, le président américain a déclaré que les termes de l’accord étaient encore en cours de négociation, mais que « dans les faits, il s’agit d’un accès total ». Il ajoute : « Il n’y a pas de fin, il n’y a pas de limite dans le temps […] Nous obtenons tout ce que nous voulons, sans aucun coût ».
- Interrogé sur la possibilité que les États-Unis finissent par acquérir le Groenland, il a répondu : « C’est possible. Mais, dans l’intervalle, nous obtenons tout ce que nous voulions : une sécurité totale ».
À ce stade, les détails concrets du cadre restent très vagues.
- Aucune clause formelle n’a été rendue publique, ni aucun texte ou point technique confirmé par les autres parties. Il s’agit pour le moment plutôt d’une déclaration politique.
- Le général Alexus G. Grynkewich, commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe, a déclaré à propos d’une opération militaire dans la région : « Nous n’avons reçu aucune directive politique nous demandant d’aller plus loin ».
Ce cadre d’accord viserait principalement à renforcer la sécurité de l’Arctique. Selon un responsable européen, il pourrait inclure une renégociation du pacte de 1951 entre les États-Unis et le Danemark régissant le stationnement des troupes américaines au Groenland, ainsi que :
- le déploiement de missiles américains au Groenland ;
- l’octroi de droits miniers, notamment pour empêcher une présence ou des investissements chinois, voire un droit de veto potentiel de Washington sur les projets russes ou chinois sur l’île ;
- un renforcement de la présence de l’OTAN dans la région 1.
Mark Rutte a indiqué qu’aucun transfert de territoire ni aucune modification du statut du Groenland n’avaient été évoqués.
- La Première ministre danoise a déclaré que l’accord-cadre entre Trump et Rutte ne concernait pas la souveraineté du Groenland.
- Selon plusieurs rapports, le statut des bases britanniques à Chypre pourrait servir de modèle pour les bases américaines au Groenland, ce qui donnerait à Washington une souveraineté partielle sur des zones de l’île pour y implanter des bases militaires 2.
Durant la guerre froide, les États-Unis avaient installé plusieurs dizaines de bases et d’installations militaires au Groenland. À son pic, l’armée américaine disposait d’environ 15 000 militaires déployés sur l’île, contre environ 150 aujourd’hui.
Sources
- Arne Delfs, Andrea Palasciano et Sanne Wass, « Trump’s NATO Deal Would Mean US Mines and Missiles in Greenland », Bloomberg, 22 janvier 2025.
- Lara Jakes, Jim Tankersley et Zolan Kanno-Youngs, « Trump Says He Has Framework for Greenland Deal as NATO Mulls Idea of U.S. Sovereignty Over Bases », The New York Times, 21 janvier 2025.