Techniques : réussir son changement de régime

Curzio Malaparte, Technique du coup d’État, Grasset, 1931 

Publié en français en 1931, Technique du coup d’État analyse les mécanismes, méthodes et tactiques pour s’emparer du pouvoir en dehors des voies institutionnelles.

Mettant en perspective la révolution bolchévique de 1917, la marche sur Rome de Mussolini en 1922 et le putsch raté d’Hitler en 1923, Malaparte montre que les coups d’État modernes ne dépendent pas tant du soutien militaire ou populaire que de la capacité à prendre le contrôle des moyens de communication et des infrastructures névralgiques de l’État sans pour autant provoquer de conflit ouvert.

Là où la révolution suppose une action en profondeur sur le corps social, le coup d’État est ici décrit comme une opération technique, presque chirurgicale, qui peut être menée à bien par une minorité déterminée.

Malaparte dresse un tableau inquiétant mais lucide des dérives autoritaires d’un XXe siècle où la technicité peut l’emporter sur la légitimité.

Edward N. Luttwak, Coup d’État : A Practical Handbook, Penguin, 1968

Dans le sillage de Malaparte, Edward Luttwak propose en 1968 un manuel pratique du coup d’État. 

Le ton froidement technique dont il use pour décrire la logistique du coup d’État n’a pas manqué de susciter des controverses — certains voyant dans l’ouvrage une cynique et immorale apologie du putsch. 

Opération technique nécessitant des troupes aguerries plutôt que nombreuses, le coup d’État suppose, selon Luttwak, de prendre le contrôle des centres du pouvoir – ministères, armée, médias, télécommunications.

Le but est de s’emparer des moyens de l’État pour les mettre à son profit sans les détruire. C’est pourquoi paradoxalement le coup d’État a d’autant plus de chances de fonctionner qu’il s’attaque à un État centralisé — pourvu que celui-ci souffre d’une faible légitimité et que ses élites soient divisées. 

S’appuyant sur de nombreux exemples historiques tirés de l’histoire contemporaine du Moyen-Orient, de l’Afrique ou de l’Amérique latine, Luttwak détaille les différentes phases du coup d’État, depuis sa planification jusqu’à la stabilisation qui le suit, en passant par son exécution.

William Burroughs, The Revised Boyscout Manuel : An Electronic Revolution, Ohio State University Press, 2018

Il n’est pas vraiment ici question de coup d’État mais plutôt de technique d’insurrection pour détruire les organes de l’État à l’heure des communications de masse.

Avant l’ère des fake news, William S. Burroughs avait développé dans un texte satirique ses réflexions sur la préparation à la révolution et la confrontation avec le pouvoir institutionnalisé sous la forme d’un guide.

Dans cet ouvrage, la parodie de Burroughs devient un ensemble de justifications et d’instructions pour déstabiliser l’État et renverser un gouvernement.

Edward L. Bernays, Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie, La Découverte, « Zones », 2007

Véritable guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund Freud, ce livre expose froidement les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays — qui l’a lui-même mise en pratique — appelait la « fabrique du consentement », décrit de manière inoubliable par le cinéaste Adam Curtis dans The Century of the Self.

Comment imposer une nouvelle marque de lessive ?

Comment faire élire un président ? 

Dans la logique des « démocraties de marché », ces questions se confondent.

Bernays assume pleinement ce constat : les choix des masses étant déterminants, ceux qui parviendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. 

La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement, invisible : la propagande. 

L’auteur se propose d’en perfectionner et d’en systématiser les techniques à partir des acquis de la psychanalyse.

Office of Strategic Services, Simple Sabotage Field Manual, OSS, 1944

Le Simple Sabotage Field Manual est un manuel publié en 1944 par l’Office of Strategic Services et destiné à être diffusé auprès de civils vivant dans des territoires contrôlés par l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le document fournit des instructions concrètes pour ralentir ou perturber les organisations ennemies sans recourir à la violence directe — par exemple en favorisant les retards administratifs, la mauvaise coordination, les erreurs de procédure, l’abus de réunions, la rigidité bureaucratique ou l’inefficacité volontaire dans les tâches quotidiennes.

Il propose le premier guide de sabotage discret fondé sur la désorganisation interne plutôt que sur la destruction matérielle, montrant comment l’affaiblissement d’un système politique, économique ou administratif peut être obtenu par des comportements ordinaires, reproductibles et difficiles à détecter.

Mencius Moldbug (Curtis Yarvin), How To Occupy and Govern a Foreign Country, Unqualified Reservations, 4 septembre 2008

Presque vingt ans avant la décapitation du régime de Maduro au Venezuela, le Crown Theorist de l’Empire Trump avait, de manière inquiétante, déjà écrit la suite de l’histoire.

En se fondant sur une « théorie réactionnaire de la paix », Curtis Yarvin a développé un manuel pour réussir la colonisation au XXIe siècle.

Retrouvez la première traduction française de ce texte commentée ligne à ligne par le spécialiste de la pensée néoréactionnaire Arnaud Miranda

Doctrines : justifier le regime change

Barak M. Seener, Restoring Deterrence : Destabilising the Iranian Regime, London : The Henry Jackson Society, Centre for New Middle East, mai 2024

Publié par la Henry Jackson Society (HJS), un think tank néoconservateur basé à Londres « Restoring Deterrence : Destabilising the Iranian Regime » est un rapport de 24 pages daté du mois de mai 2024 2 — soit quelques semaines après l’attaque iranienne contre le sol israélien faisant suite à une série d’opérations des services de sécurité et de l’armée israélienne contre des espaces diplomatiques à Damas et sur le sol iranien.

Le rapport part d’un diagnostic.

La posture de dissuasion américaine face à l’Iran aurait échoué : « La stratégie consistait à localiser le conflit, à éviter une escalade régionale et à empêcher qu’une guerre plus vaste n’éclate au Moyen-Orient. Ironiquement, elle a conduit à l’exact contraire. En tentant d’empêcher la guerre, les États-Unis ont encouragé l’éclatement du conflit. »

L’Iran aurait pris l’ascendant en dictant le tempo, tandis que les États-Unis se seraient contentés de réagir, perdant ainsi l’initiative stratégique. 

Les Accords d’Abraham, censés instaurer un cadre de sécurité régional dissuasif, ont certes renforcé la sécurité d’Israël vis-à-vis des États sunnites, mais ils n’ont pas empêché l’Iran d’approfondir son influence géopolitique. En réponse, Téhéran a structuré une architecture de sécurité parallèle : d’un côté, une stratégie d’« unification des fronts » qui coordonne ses relais armés dans la région à une triple alliance avec la Chine et la Russie ; de l’autre, une « ceinture de feu » destinée à encercler Israël et à chasser les forces américaines du théâtre moyen-oriental.

Selon l’auteur, Washington aurait ainsi laissé le régime de Téhéran étendre son influence, développer son programme nucléaire et activer ses proxys sans subir de réelles conséquences.

L’émergence d’une guerre de l’ombre en conflit ouvert — ainsi que le fait que l’Iran soit désormais au seuil de devenir une puissance nucléaire — impliqueraient donc de changer de stratégie, en restaurant un équilibre de puissance favorable aux États-Unis et à Israël.

En août 2025, l’auteur a produit un important aggiornamento de cette doctrine, présentant le changement de régime comme une « nécessité » stratégique pour la région.

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Paul Wolfowitz, « Defense Planning Guidance », Department of Defense, 1992

Le draft memorandum du Defense Planning Guidance de février 1992 est un document interne du département de la Défense couvrant la planification stratégique pour les années 1994-1999 élaboré sous la supervision de Paul Wolfowitz après la chute de l’URSS.

Il part du constat que les États-Unis sont devenus la seule superpuissance mondiale.

Le texte affirme que l’objectif central de la stratégie américaine devrait être de prévenir l’émergence de toute puissance rivale susceptible de contester la prééminence des États-Unis, notamment dans les régions stratégiques comme l’Europe occidentale, l’Asie de l’Est et le Moyen-Orient, et insiste sur la capacité d’agir de manière indépendante, y compris unilatéralement.

« Leaké » à l’époque par le New York Times, ce document a influencé durablement la réflexion stratégique américaine en posant les bases d’une doctrine de leadership global.

William Kristol et Robert Kagan, « Toward a Neo-Reaganite Foreign Policy », Foreign Affairs, 1996

Dans cet article séminal, Kristol et Kagan estiment que la politique étrangère américaine de l’après-guerre froide serait devenue inadaptée à la position réelle des États-Unis comme puissance dominante.

Ils appellent à une politique étrangère « néo-reaganienne » fondée sur la suprématie militaire et sur un leadership international assumé, avec un renforcement des capacités militaires et un engagement actif et durable dans les alliances.

Ils soutiennent que ce leadership serait à la fois stratégique et moralement justifié, la puissance américaine étant présentée comme un facteur central de stabilité et d’ordre international.

Avec « The Benevolent Empire » (voir infra), ce texte fait partie du canon doctrinal des néo-conservateurs du début des années 2000.

Robert Kagan, « The Benevolent Empire », Foreign Policy, 1998

Dans cet article, Robert Kagan soutient que la domination mondiale des États-Unis constituerait un facteur essentiel de stabilité pour l’ordre international et qu’elle pourrait être comprise comme une forme d’empire « bienveillant ».

Depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis seraient la seule puissance capable de garantir l’équilibre mondial et leur retrait créerait des vides de puissance favorables à l’instabilité.

Sa conclusion est présentée comme une évidence : l’engagement actif des États-Unis à l’étranger ne serait pas un choix mais une nécessité stratégique et morale dans un monde unipolaire.

L’influence considérable de cet article de Kagan s’étend jusqu’à aujourd’hui dans la Chine de Xi Jinping.

George W. Bush, Deuxième discours d’investiture, 2005

Dans son discours d’investiture du 20 janvier 2005, George W. Bush affirme que la sécurité des États-Unis dépend du succès de la liberté dans les autres pays et lie explicitement la sécurité nationale américaine à la diffusion de la démocratie — y compris par la force.

En janvier 2005, en pleine « guerre contre le terrorisme », il déclare que les États-Unis doivent soutenir les mouvements et institutions démocratiques dans le monde et aider les peuples à trouver leur propre voie politique.

Sans parler explicitement de regime change, Bush pose les bases d’une justification des interventions à l’étranger en présentant la fin de la tyrannie comme une mission morale et stratégique centrale de la politique étrangère américaine.

Samuel Huntington, The Third Wave : Democratization in the Late Twentieth Century, University of Oklahoma Press, 1991

Samuel Huntington montre que la démocratisation du monde s’est opérée par vagues. Il en distingue trois successives : la première, au XIXe siècle, marquée par la montée des démocraties en Europe et en Amérique ; la deuxième, après la Seconde Guerre mondiale, qui a vu l’émergence de démocraties en Europe de l’Est et en Asie ; la troisième vague qui a débuté dans les années 1970 et s’est intensifiée après la chute du communisme en 1989.

Dans ce livre, il analyse cette troisième vague de démocratisation qui a déferlé sur le monde à partir des années 1970. Elle débute avec les transitions démocratiques en Espagne, en Grèce et au Portugal, et entraîne une série de changements politiques majeurs, notamment en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Huntington explore les causes de cette vague, telles que l’effondrement des régimes autoritaires, l’action des élites et des mouvements sociaux, ainsi que l’influence de facteurs externes comme les pressions internationales. Il examine également les obstacles à la consolidation démocratique.

Ce texte a été mobilisé pour justifier les opérations d’ingérence en ce qu’Huntington met en garde contre le risque de « retour en arrière » vers des régimes autoritaires — soulignant que si la démocratisation a été une tendance mondiale forte, sa pérennité n’est jamais garantie.

Histoires : le grand contexte de l’interventionnisme américain au Moyen-Orient — et dans le monde

Stephan Haggard et Robert R. Kaufman, Dictators and Democrats : Masses, Elites, and Regime Change, Princeton University Press, 2016

Stephan Haggard et Robert R. Kaufman explorent les dynamiques complexes du changement de régime.

À travers une analyse comparative de plusieurs cas historiques, ils montrent que les transitions politiques sont rarement linéaires et que la relation dynamique entre les masses, les élites et les institutions joue un rôle crucial dans le succès ou l’échec des changements de régime. 

Les auteurs expliquent comment les transitions peuvent aboutir à un renversement total du pouvoir ou à une évolution plus graduelle en mettant en lumière le rôle de la pression sociale et de l’action collective dans les changements de régime, tout en soulignant l’impact des élites qui peuvent favoriser le passage à la démocratie ou au contraire œuvrer au maintien d’un régime autoritaire.

Stephen Kinzer, All the Shah’s Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, John Wiley & Sons, 2003

Dans cette monographie de référence, Stephen Kinzer décrit comment, en août 1953, des agents de la CIA et du MI6 ont orchestré un coup d’État pour renverser le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh et restaurer le pouvoir monarchique du Shah Mohammad Reza Pahlavi. 

L’opération secrète — connue sous le nom de Operation Ajax ou TP-AJAX — avait été planifiée conjointement par les services de renseignement américains et britanniques face à la nationalisation par Mossadegh de l’industrie pétrolière iranienne.

Kinzer retrace les étapes de la préparation du plan Ajax, en particulier la collaboration entre la CIA dirigée par Kermit Roosevelt Jr. et les responsables du MI6 pour persuader le Shah d’émettre un décret de destitution de Mossadegh, organiser une campagne de propagande et financer des émeutes qui finiront par exacerber l’instabilité politique à Téhéran. 

Le renversement effectif eut lieu du 15 au 19 août 1953, lorsque des manifestations instiguées et financées par les agences de contre-espionnage étrangères et le soutien de l’armée iranienne aboutirent à la chute de Mossadegh et à la nomination du général Fazlollah Zahedi comme Premier ministre.

Ervand Abrahamian, The Coup : 1953, the CIA, and the Roots of Modern U.S.–Iranian Relations, The New Press, 2013

L’historien iranien Ervand Abrahamian analyse le coup d’État de 1953 en le remplaçant au cœur des relations américano-iraniennes plus contemporaines. 

Il montre que l’intervention commença après que le Premier ministre démocratiquement élu Mohammad Mossadegh eut nationalisé l’industrie pétrolière iranienne, ce qui provoqua une forte réaction du Royaume-Uni et des États-Unis qui craignaient une perte de contrôle sur les ressources pétrolières et une expansion de l’influence soviétique dans la région.

Abrahamian documente comment, dès mars 1953, le directeur de la CIA Allen Dulles autorisa un budget pour renverser Mossadegh, et comment la CIA, avec l’aide du MI6, mobilisa des réseaux d’agents, des politiciens iraniens pro-Shah, des journalistes et des figures religieuses pour créer un climat politique favorable à un coup. 

Le livre relie ces événements à une stratégie plus large de politique étrangère occidentale durant la Guerre froide et considère l’opération Ajax comme un tournant qui non seulement renversa un gouvernement élu en instaurant le pouvoir autoritaire du Shah, mais sema surtout les graines d’une méfiance durable entre l’Iran et les États-Unis.

Lindsey A. O’Rourke, Covert Regime Change : America’s Secret Cold War, Cornell University Press, 2021

Lindsey A. O’Rourke examine dans cet ouvrage les opérations secrètes menées par les États-Unis pendant la Guerre froide pour renverser des régimes étrangers jugés hostiles à leurs intérêts, principalement en Asie, en Afrique et en Amérique latine. 

Elle met en lumière la manière dont, au nom de la lutte contre le communisme, la CIA a orchestré des actions illicites favorisant l’installation de régimes militaires ou autoritaires perçus comme étant plus favorables aux intérêts américains. 

Trois cas emblématiques de renversements de régimes sont scrutés à la loupe : Iran (1953), Indonésie (1965) et Chili (1973).

Au prétexte de maintenir l’ordre mondial et de mettre un terme à l’expansion soviétique, ces opérations ont eu des conséquences à long terme sur la stabilité de ces pays et sur leur développement politique.

En analysant les motivations qui ont présidé à ces actions, Lindsey A. O’Rourke montre qu’elles sont loin de s’être toujours avérées efficaces sur le long terme. 

Mario Vargas Llosa, Tiempos recios, Alfaguara, 2019

Dans ce roman, Mario Vargas Llosa plonge son lecteur dans les coulisses du coup d’État militaire qui, au Guatémala en 1954, mit un terme au gouvernement de Jacobo Árbenz, soupçonné par Washington de sympathies communistes et porta au pouvoir Carlos Castillo Armas avec le soutien de la CIA.

À travers le parcours d’un jeune intellectuel tiraillé entre ses idéaux et la réalité brutale du monde qui l’entoure, Mario Vargas Llosa explore la manière dont les régimes politiques peuvent vaciller, souvent de manière violente, dans une Amérique latine marquée par une forte polarisation idéologiques et la banalisation des dictatures.

Le roman met en lumière les contradictions inhérentes aux changements de régimes : des révolutions qui commencent avec de nobles idéaux mais qui se terminent souvent par de nouvelles formes d’autoritarisme, de répression ou de corruption. 

Alexander B. Downes, Catastrophic Success. Why Foreign-Imposed Regime Change Goes Wrong, Cornell University Press, 2021

Dans cet essai, Alexander B. Downes explore le paradoxe récurrent du « succès catastrophique » : pourquoi des interventions militaires étrangères réussissent-elles à renverser rapidement des régimes, mais échouent-elles systématiquement à en instaurer de meilleurs, engendrant des conséquences catastrophiques à long terme ?

Downes souligne que la clef de ce paradoxe réside dans l’incapacité des puissances d’ingérence à anticiper et gérer les dynamiques politiques internes des pays concernés par leurs interventions.

S’appuyant sur les exemples irakien et afghan, il montre comment les puissances de regime change sous-estiment systématiquement la complexité des sociétés auxquelles elles s’attaquent et les conséquences de leurs interventions sur le long terme.

Sophie Baby, Le mythe de la transition pacifique. Violence et politique en Espagne (1975-1982), Casa de Velázquez, 2012

La sortie d’un régime autoritaire pour retrouver la démocratie peut-elle se faire sans violence ?

Sophie Baby remet en question l’idée largement répandue que la transition espagnole de la dictature franquiste à la démocratie se serait effectuée de manière fluide et pacifique. 

L’ouvrage explore la période charnière entre 1975 et 1982, durant laquelle l’Espagne a effectué une transformation politique majeure, marquée par la mort du dictateur Francisco Franco, l’instauration de la démocratie et l’émergence de nouveaux acteurs politiques. Sophie Baby démontre que cette transition ne s’est pas faite en douceur, mais a supposé violence et conflictualité.

Elle montre la persistance de la violence politique à travers des attaques terroristes, des répressions policières et des confrontations violentes entre différents groupes de pression. Elle souligne que la transition n’a pas été simplement une série de compromis entre les élites, mais a été aussi marquée par une résistance populaire et des luttes de pouvoir qui ont eu des conséquences profondes sur la formation du nouvel ordre démocratique.