Selon l’enquête conduite par l’institut Ipsos pour Reuters publiée mercredi 2 avril, Donald Trump ne jouit plus que d’une opinion favorable de 43 % des Américains (-2 points par rapport à la précédente enquête du 21-23 mars) 1. Ce chiffre est pour le moment significativement plus bas que les moyennes agrégées par divers instituts et analystes indépendants (qui placent Trump autour de 47 % de popularité), mais pourrait augurer d’une chute de confiance durable suite au Signal gate puis à l’imposition de tarifs « réciproques ».

  • Réalisé du 31 mars au 2 avril, le sondage d’Ipsos reflète avant tout l’impact du scandale Signal gate : le partage d’informations hautement sensibles portant sur des frappes américaines au Yémen sur une messagerie publique non-sécurisée, révélé par un article de The Atlantic le 24 mars.
  • L’enquête révèle que plus de la moitié des électeurs républicains (58 %) considèrent qu’il est « imprudent » que des hauts responsables de l’administration Trump utilisent des applications de messagerie non-sécurisée.
  • Depuis la révélation de l’existence du groupe « Houthi PC small group », des sources proches du conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz, responsable du Signal gate, ont déclaré que ce dernier avait « au moins 20 groupes » dédiés à diverses crises mondiales 2.

Si ce scandale a fragilisé Trump, l’administration républicaine a été en mesure de rapidement détourner l’attention du public en façonnant d’elle-même de nouvelles crises, suivant la stratégie théorisée par Steve Bannon lors du premier mandat Trump. En 2018, l’ancien directeur de campagne du président désignait « les médias » et non les Démocrates comme la véritable force d’opposition. Afin de mettre en place son agenda, il appelait Trump à « inonder la zone » avec des annonces, décisions et déclarations pour semer le chaos et limiter la capacité des médias à opposer une résistance.

Après avoir testé les limites de la loi en contestant ouvertement une décision de justice et déporté « par erreur » un résident du Maryland dans une prison salvadorienne, Trump a annoncé mercredi 2 avril la mise en place de « tarifs réciproques » sur la grande majorité des partenaires commerciaux des États-Unis.

  • Ces nouvelles mesures douanières ont provoqué un effondrement du marché boursier américain, qui peinait à regagner la confiance des investisseurs suite aux premières semaines du deuxième mandat Trump.
  • Dans un sondage YouGov réalisé le lendemain, jeudi 3 avril, près de la moitié (47 %) des électeurs républicains reconnaissaient que ces tarifs étaient susceptibles de conduire à une hausse des prix.
  • Plus des deux-tiers des soutiens de Trump continuent néanmoins d’approuver un tarif minimum de 10 % sur toutes les importations aux États-Unis en provenance d’autres pays.

Contrairement au Signal gate et aux déportations illégales vers des pays tiers, la politique commerciale menée par Trump est susceptible d’avoir des conséquences négatives sur le pouvoir d’achat des foyers américains. C’est par ailleurs en matière de commerce et de droits de douane que Trump est le plus faible dans les sondages, avec une approbation moyenne de seulement 39 % sur le mois de mars 3. En cas d’augmentation rapide des prix, le soutien républicain dont il bénéficie toujours massivement pourrait commencer à s’éroder.

Sources
  1. Reuters/Ipsos “Signalgate” and Tariffs Survey, 2 avril 2025.
  2. Dasha Burns, « Waltz’s team set up at least 20 Signal group chats for crises across the world », Politico, 2 avril 2025.
  3. G. Elliott Morris, « Polls : Trump is underwater on tariffs, inflation and the economy », Strength in Numbers, 3 avril 2025.