Thomas Belaich


Christine Lagarde, nommée pour remplacer Mario Draghi à la gouvernance de la BCE, laisse une place vacante à la tête du FMI. Concernant sa succession, la tradition instaurée à Bretton Woods est claire : un américain pour la Banque Mondiale, un européen pour le FMI. Et le vieux continent entend bien conserver la coutume : après d’âpres négociations, Bruno Le Maire a annoncé vendredi 2 août la candidature européenne unique de l’économiste bulgare Kristalina Georgieva. Les critiques montent, au premier rang desquelles celles des pays émergents. Ainsi, l’habituel concert-marathon des nominations rend inaudible un débat pourtant bienvenu sur le rôle à venir du FMI. Le cœur du problème, la relation toxique de l’Union au FMI, et l’incohérence entre la vision européenne rêvée du multilatéralisme et sa gestion des institutions qui le règlent.

Alors que les exportations chinoises commencent à décliner du fait de la guerre commerciale avec les États-Unis et que la demande domestique ralentit, le PIB de Shenzhen dépasse celui de Hong-Kong pour la toute première fois. Une performance certes très symbolique du modèle chinois, mais qui arrive à point nommé — d’autant que, pour une fois, le succès est « à domicile » et non tourné vers l’extérieur.

Le charmant village alpin a baigné le temps de quelques jours dans une ambiance de fin de règne. Les participants ne se sont pas vraiment occupés du programme officiel mais se sont inquiétés de la dégradation de l’ordre mondial.

La promesse de construire un mur pour tenir à distance les immigrants illégaux du sol national, afin de le préserver — supposément — du crime et du chômage, est responsable de ce qui devient le plus long shutdown de l’histoire du Congrès. A l’heure où l’immigration suscite de nombreux réflexes obsidionaux du genre, cette impasse parlementaire exceptionnelle est l’occasion de se pencher plus en détail sur le coût économique des murs.

Le dissensus entre les conseillers protectionnistes et libre-échangistes de l’administration Trump à l’approche du sommet avec Xi Jinping rend le règlement de la guerre commerciale sino-américaine incertain, mais traduit de façon plus audible que jamais le clivage du trumpisme au pouvoir, partagé entre protectionnisme vindicatif et responsabilité libérale.