Adrien Jouteau


Après vingt-cinq ans de domination des islamo-conservateurs (Recep Tayıp Erdoğan de 1994 à 1998 puis divers maires AKP), le CHP et son candidat Ekrem Imamoğlu ont repris la ville la plus importante du pays. Effectué une première fois le 31 mars dernier puis annulé par le YSK (Conseil électoral supérieur), le scrutin avait été marqué par une très courte victoire d’Ekrem Imamoğlu (13 000 voix d’écarts). Le verdict de cette nouvelle élection est sans appel : un peu plus de 54% des suffrages pour Ekrem Imamoğlu contre 45% pour l’ancien Premier ministre Binali Yıldırım.

À quelques semaines de la livraison à Ankara du premier des quatre S-400 commandés à Moscou en décembre 2017, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté le 11 juin 2019 une résolution « exprimant [sa] préoccupation à l’égard de l’alliance entre la Turquie et les États-Unis ». Non contraignante, cette résolution s’ajoute néanmoins à une liste importante de rappels à l’ordre et de résolutions du Sénat – contraignantes – relatives au devenir de la relation de défense turco-américaine.

Le Conseil Supérieur des Élections turc, Yüksek Seçim Kurulu (YSK), a annoncé lundi 6 mai la tenue d’un nouveau scrutin municipal à Istanbul. Moins de trois semaines après la déclaration des résultats définitifs donnant le candidat de l’opposition, Ekrem Imamoğlu, vainqueur à une très courte majorité, les stambouliotes vont devoir retourner aux urnes le 23 juin prochain. Une perspective pour comprendre la signification politique et les enjeux de cette décision.