Résultat pour : trump


À la tête du pays le plus sanctionné au monde et alors que la nouvelle administration américaine semble se plier à toutes ses demandes, le maître du Kremlin met en scène son retour sur la scène internationale

Dans son dernier grand entretien, Vladimir Poutine annonce une nouvelle réalité  : le partage de l’Ukraine marquera le retour du temps des Empires — la «  normalisation  » avec Washington marquera la vassalisation définitive du continent.

L’analyse des 72 décrets signés par Donald Trump depuis le 20 janvier permet de comprendre l’ampleur de son projet  : le président républicain s’est principalement concentré sur le démantèlement de l’État fédéral, la dérégulation et les guerres culturelles (lutte contre les politiques DEI, l’identité de genre, l’équité). L’économie et l’inflation, pourtant au cœur de sa campagne, ont jusqu’à présent fait l’objet d’une seule mesure exécutive — qui ne vise pas à baisser le coût de la vie.

De la nomination de l’antivax Robert F. Kennedy Jr. à la tête du ministère de la santé en passant par le retrait de l’OMS et la suppression d’USAID par Elon Musk, les États-Unis de Donald Trump sont en train de mettre gravement en danger la santé de millions de personnes à l’échelle mondiale.

Dans une étude fouillée, Louis-Charles Viossat passe en revue le bilan d’un mois d’action systématique depuis l’investiture du président américain pour saper les fondements de la protection sanitaire mondiale.

Trente jours après son entrée à la Maison Blanche, la cote de popularité de Trump s’arrête à 46,6  %.

Le pays reste toutefois fortement polarisé  : un socle dur de 34  % des personnes interrogées dit soutenir la plupart de ses politiques alors que 24  % des Américains aucune.

La politique d’expansion territoriale du président américain obtient des résultats élevés au sein du parti Républicain  : 72  % se dit favorable à l’annexion du canal de Panama, 57  % du Groenland, 42  % du Canada et 34  % de Gaza.

«  Un dictateur sans élections, Zelensky ferait mieux d’agir vite — ou il n’aura plus de pays.  »

Dans un message posté mercredi 19 février sur son réseau social, le président américain a accusé l’Ukraine d’avoir déclenché la guerre d’agression qu’elle subit de la part de la Russie de Poutine. C’est à ce jour la prise de position la plus agressive de Donald Trump contre Kiev.

En pleine négociations avec Moscou sur la fin de la guerre, une condition russe, légitimée par Washington, semble émerger  : l’éviction de Volodymyr Zelensky.

Après les paroles de Sergio Mattarella contre «  la vassalisation heureuse  », l’ancien président du Conseil italien et banquier central a prononcé hier à Bruxelles un discours clef  : un manifeste européen dans l’ère Trump.

Cet appel à l’action part d’un impératif  : «  nous devons être optimistes  ».

Et d’un cap  : «  il est de plus en plus évident que nous devons agir comme si nous étions un seul État.  »

Nous le traduisons.

Le président américain a signalé, par l’intermédiaire de son secrétaire au Trésor, vouloir «  échanger  » les ressources naturelles de l’Ukraine (lithium, uranium, terres rares…) contre le maintien de l’assistance américaine dans l’attente de la conclusion d’un accord de paix. Trump considère également que l’exploitation des sols de l’Ukraine par des entreprises américaines permettrait de «  rembourser  » les États-Unis pour l’aide fournie depuis 2022.

Lors de la rencontre entre la délégation américaine, menée par Marco Rubio, et une délégation russe menée par Sergueï Lavrov aujourd’hui, mardi 18 février, en Arabie saoudite, Washington a signalé vouloir «  prendre les mesures nécessaires pour normaliser le fonctionnement de nos missions diplomatiques respectives  ».

Une rencontre entre Trump et Poutine pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine.

Les États-Unis exigent de Kiev un paiement faramineux  : 500 milliards de dollars, une somme qui dépasse les réparations imposées à l’Allemagne après sa défaite au cours de la Première Guerre mondiale. Le montant de l’aide américaine, estimé à 114 milliards d’euros depuis le début de la guerre, a pris principalement la forme de prêts.

Dans le cas – probable – où Zelensky rejetterait formellement les conditions imposées par ce traité inégal, Donald Trump pourra prétexter l’absence de volonté de coopération ukrainienne, laissant ainsi la main libre à la Russie.

Moins d’un mois après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a signé près de 70 décrets présidentiels et utilisé extensivement son pouvoir exécutif afin de démanteler et réformer en profondeur l’État fédéral. Pour guider son action, le président américain s’est en grande partie appuyé sur les recommandations de la Heritage Foundation et de son agenda radical — allant parfois plus loin, notamment vis-à-vis de la main-d’œuvre fédérale et de l’Agence pour le développement international (USAID).