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Obama contre Trump : « Nous devons redresser notre boussole morale »

À quelques jours des élections de mi-mandat, Barack Obama est sorti de sa réserve pour dénoncer deux années de « chaos, de cruauté, de corruption et d’incompétence » et rappeler aux Américains qu’ils ont l’occasion de dire « ça suffit ».

Nous traduisons et commentons son discours de Cleveland dans l’Ohio

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Le Grand Continent
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© Jacob Giampa/Shutterstock

L’ancien président américain a fait campagne ce week-end aux côtés de plusieurs candidats démocrates dans l’Ohio et le Michigan, deux États clefs pour le contrôle du prochain Congrès qui avaient été remportés par Trump lors de l’élection présidentielle de 2024.

Son apparition aux côtés d’Amy Acton, candidate au poste de gouverneure de l’Ohio, de Sherrod Brown, candidat au Sénat dans le même État, mais aussi d’Abdul El-Sayed, candidat au Sénat dans le Michigan face au républicain Mike Rogers, et de Jocelyn Benson, candidate au poste de gouverneure dans le même État, tranche avec la posture qu’il avait jusqu’à présent adoptée.

Mis à part une courte apparition en mai aux côtés du candidat au Sénat du Texas James Talarico – qui pourrait devenir le premier démocrate élu sénateur de l’État depuis 1988 – puis une vidéo de soutien, en juillet, à Josh Turek, candidat au Sénat en Iowa, Obama s’était surtout consacré à des levées de fonds et à l’enregistrement de spots de campagne.

La carte électorale pour les élections de mi-mandat a toutefois considérablement évolué ces derniers mois, sur fond de hausse du coût de la vie, provoquée notamment par la guerre en Iran, et de plusieurs scandales de corruption qui ont conduit au départ de plusieurs membres de l’administration républicaine, dont l’ambassadrice en Grèce Kimberly Guilfoyle, qui a sollicité un donateur pour 100 000 dollars en échange d’un accès à l’administration, et l’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux Paolo Zampolli, accusé par le vice-secrétaire d’État Christopher Landau de mener des activités commerciales non autorisées, potentiellement illégales.

L’Ohio, un État récemment devenu un bastion républicain d’où est notamment issu le vice-président J.D. Vance, semble aujourd’hui à portée de main pour le Parti démocrate. Il avait été remporté par Trump avec une marge de 11,2 points il y a deux ans, mais les derniers sondages donnent une avance de près de 4 points à Brown pour le Sénat. S’il n’exerce plus de mandat depuis près de 10 ans, Obama est le démocrate le plus à même de jouer un rôle de « faiseur de rois » : selon une enquête NBC de septembre, 43 % des électeurs se disent plus enclins à voter pour un candidat soutenu par Obama, contre 33 % pour Bernie Sanders et 30 % pour Trump.

Sa tournée en Ohio et dans le Michigan vise ainsi autant à encourager les démocrates à se rendre aux urnes qu’à essayer de convaincre des électeurs indépendants ou des républicains déçus par le bilan de Trump depuis son retour au pouvoir, en janvier 2025.

Bonjour, l’Ohio. Bonjour, Cleveland. Bon, bon. On se calme. Attendez. Rapprochez-vous un peu, tout le monde. Ça bouge à fond à Cleveland en ce moment. Ça fait plaisir d’être de retour.

Quel plaisir d’être aux côtés de votre future gouverneure, Amy Acton. De votre futur sénateur, Sherrod Brown. Au passage, ceux qui ont une chaise, asseyez-vous : j’ai quelques petites choses à vous dire. Il faut bien l’avouer : ça fait longtemps que je fais ça.

Sherrod rappelait la première fois que je suis venu ici. Je n’avais pas un seul cheveu gris. Pas un seul. Bref, ça fait longtemps que je fais ça. Certains diront même un peu trop longtemps. À commencer par Michelle Obama. Mais elle m’a donné quartier libre ce week-end.

Et quand on fait campagne depuis aussi longtemps que moi, quand on a participé à autant d’élections que moi, on sait reconnaître une élection qui sort de l’ordinaire. Une élection où les gens sont tellement prêts pour quelque chose de nouveau, tellement avides de quelque chose de mieux. Tellement marre d’en avoir marre. Partout où l’on va, on sent que le changement est dans l’air. Et c’est exactement ce que je ressens ici, dans l’Ohio.

Dans dix jours, après deux années de chaos, de cruauté, de corruption et d’incompétence comme on n’en avait jamais vu de notre vivant, vous aurez l’occasion de dire : « Ça suffit ». Ici, dans l’Ohio, on vote pour le changement.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’ici, dans l’Ohio, vous pouvez voter par anticipation jusqu’au 1er novembre. Alors ne remettez pas ça à plus tard. Ne tergiversez pas. Prévoyez d’aller voter par anticipation ou le jour du scrutin. Pour savoir comment faire, rendez-vous sur iwillvote.com. Il y a des choses qui ne changent pas. Moi aussi, je vous aime. Vous le savez bien.

Pour les élections de mi-mandat, les habitants de l’Ohio peuvent voter par correspondance ou en personne de manière anticipée depuis le 6 octobre, et ce, jusqu’au 1er novembre. Dans l’ensemble des États, on observe une hausse importante du vote anticipé : à vingt jours du scrutin, plus de quatre millions d’Américains ont déjà voté, d’après les chiffres communiqués par Spectrum News. Dans l’Ohio, 194 841 votes ont été enregistrés au cours de la première semaine d’ouverture du vote anticipé, d’après les données communiquées par le secrétaire d’État de l’Ohio. À la même période pour les élections de 2022, ce chiffre était d’environ 50 000. La participation anticipée est donc près de quatre fois plus forte qu’en 2022. On enregistre en revanche une baisse du vote par correspondance dans l’Ohio. 

Cette dernière tendance peut s’expliquer par les vives critiques qui l’entourent. Ce mode de scrutin est fortement critiqué par Donald Trump, bien qu’il l’utilise lui-même, comme en mars 2026 ou lors de la primaire de Floride en août 2026. Selon lui, le vote par correspondance aurait contribué à sa défaite en 2020. Le président américain avait tenté de restreindre le vote par correspondance par un décret signé le 31 mars, qui prévoyait notamment l’élaboration d’une liste fédérale des électeurs pouvant voter, au nom du risque de fraudes électorales. Si ce décret a été rejeté par la Cour suprême le lundi 14 septembre, le soupçon de fraude électorale par le vote par correspondance agité par Trump n’est pas sans conséquence. Un soupçon qui se retourne aujourd’hui contre lui, alors qu’il encourage désormais le vote par correspondance pour rattraper le retard des républicains dans les sondages. 

Vous avez entendu d’excellents intervenants avant moi. Inutile de vous dire à quel point la période est difficile. Mais il n’est pas inutile de rappeler comment nous en sommes arrivés là et les promesses que l’actuel occupant de la Maison-Blanche avait faites pendant la campagne il y a deux ans.

Ne huez pas. Visiblement, certains d’entre vous ne sont jamais venus à mes meetings, sinon vous sauriez qu’ici, on ne hue pas. Qu’est-ce qu’on fait à la place ? On vote ! Vos huées, ils ne les entendent pas. Votre vote, si. 

Il y a deux ans, beaucoup de gens n’étaient pas vraiment séduits par la personnalité de ce type, mais ils étaient exaspérés par l’inflation de l’après-Covid. Ils voyaient les prix grimper et l’ont entendu promettre monts et merveilles pour faire baisser le coût de la vie. Ce n’étaient pas les seules promesses qu’il avait faites. Il a également promis d’imposer des droits de douane qui allaient réduire le déficit. Il a promis de mettre fin à notre implication dans des guerres inutiles. Il a promis d’adopter une magnifique loi sur la santé, la plus belle des lois qui allait améliorer la vie de tout le monde.

Obama fait ici référence au troisième engagement du programme de Donald Trump de 2024, « End inflation, and make America affordable again », ainsi qu’à la politique commerciale America first. Si, en 2024, Trump s’était mis en scène comme « faiseur de paix », Obama fait notamment référence à la guerre contre l’Iran. Concernant la santé, l’ancien locataire de la Maison-Blanche fait référence au « One Big Beautiful Bill Act » de 2025, qui visait à réformer l’« Obamacare » ou « Affordable Care Act » (ACA), signé le 23 mars 2010 par Obama. Le jour même de son investiture, Trump avait signé un décret pour limiter la politique de santé insufflée par l’Obamacare. En 5 ans, près de 20 millions d’Américains non assurés auraient obtenu une couverture santé grâce à l’ACA.

Obama fait aussi référence au « Great Healthcare Plan », un projet de réforme annoncé en janvier 2026, vivement critiqué par les démocrates.

Voyons donc ce que sont devenues ces promesses. Tout d’abord, si vous trouviez déjà que tout coûtait trop cher avant, vous savez bien que tout est encore plus cher aujourd’hui. Votre crédit immobilier coûte plus cher, vos soins de santé coûtent plus cher, vos factures d’électricité et de gaz coûtent plus cher. Les taux d’intérêt ont augmenté. Sans parler de l’essence. 4 dollars le gallon, 5 dollars le gallon, le gazole dépasse les 6 dollars et continue de grimper.

Un gallon ≈ 3,8 litres.

Cela dit, je veux être juste. En tant qu’ancien président je peux vous dire que, parfois, des facteurs échappant au contrôle d’un président finissent par faire échouer les plans les mieux conçus. Ça arrive. Un président ne maîtrise pas l’ensemble de l’économie, mais ici, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. En l’occurrence, c’est bien la politique de cette administration qui est directement responsable de la flambée des prix.

Le président actuel a enchaîné les mauvaises décisions. Plus important encore, il a décidé de déclencher une guerre inutile que personne n’avait demandée et pour laquelle personne n’avait voté. Or, c’est un sujet que je connais un peu. Réfléchissons à cette guerre contre l’Iran.

À l’origine, l’argument était le suivant : il fallait intervenir pour les amener à renoncer à leur programme nucléaire, à leurs armes nucléaires. Sauf que l’Iran n’avait pas l’arme nucléaire, parce que j’avais conclu un accord qui, de l’avis général, l’empêchait de s’en doter. Et pour y parvenir, je n’avais pas eu à tirer un seul missile : la diplomatie avait suffi.

Barack Obama avait signé en 2015 l’accord sur le nucléaire iranien, le JCPOA, conclu entre l’Iran et le groupe dit « P5+1 » (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Donald Trump en a retiré les États-Unis dès 2018, lors de son premier mandat. Dans un communiqué publié à l’époque, Obama avait violemment critiqué ce choix, le qualifiant de « grave erreur ». Un choix qui, selon lui, revenait à « tourner le dos aux alliés les plus proches des États-Unis ». Il avait alors souligné l’efficacité du JCPOA, qui avait « considérablement freiné le programme nucléaire iranien », et noté que « son régime d’inspections et de vérifications correspond exactement à ce que les États-Unis devraient s’efforcer de mettre en place avec la Corée du Nord. » 

Il s’est retiré de cet accord, puis il a déclenché cette guerre, sept mois plus tard, six mois après qu’ils eurent proclamé leur victoire. Car rappelez-vous, ils avaient dit : « Eh bien, c’est la meilleure guerre de tous les temps. Ça se passe à merveille. » Alors, sept mois plus tard, où en est cette guerre ? Nos alliés et nos bases ont été attaqués. Des Américains ont été tués. Des centaines d’Américains ont été blessés. Nous avons épuisé notre stock de missiles.

Et l’Iran dispose désormais d’un droit de veto sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite une grande partie du pétrole mondial. C’est la raison pour laquelle le prix du pétrole a augmenté. Personne ne le conteste. C’est la raison pour laquelle le prix du gazole a augmenté. C’est la raison pour laquelle le prix de pratiquement tout a augmenté.

Pendant ce temps, vous avez le secrétaire à la Défense qui est parfaitement concentré. Attendez, attendez, ne bougez pas. Attendez, attendez, attendez. Non, non, non. Il se concentre énormément sur des questions importantes comme la mâchoire carrée et le taux de testostérone de nos soldats, ainsi que sur la diffusion en direct d’exécutions, car c’est ainsi, selon lui, qu’on cultive cet esprit guerrier viril.

Cette allusion au physique des militaires fait référence aux nouvelles mesures annoncées par le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui souhaite la mise en place de tests de testostérone pour tous les militaires de plus de 30 ans. Lors de ses diverses prises de parole, Pete Hegseth multiplie les propos virilistes, comme dans son discours annuel sur l’« État des forces » du 30 septembre : « Pas de mauviettes », a-t-il lancé depuis la base des marines de Quantico, en Virginie. « Pas de gros, pas de trans, pas de barbus, pas de cinglés, pas de mauviettes, pas d’extrémistes. Juste des guerriers, coriaces, prêts et dévoués. » 

La « diffusion en direct d’exécutions » mentionnée par Obama fait référence au souhait de Pete Hegseth de retransmettre en direct l’exécution de Nidal Hasan, projet initialement validé par Donald Trump, puis abandonné face aux nombreuses critiques. 

Combien de temps pensez-vous que ce secrétaire à la Défense passe à se regarder dans le miroir le matin ? Je veux dire, il se coiffe, parce que c’est à ça que ressemblent les guerriers. Ce ne sont pas des gens sérieux. Ce ne sont pas des gens sérieux. Et le problème, c’est que c’est vous qui finissez par payer le prix de leur manque de sérieux.

Bon, les cours du pétrole ne sont pas la seule raison pour laquelle les prix ne cessent d’augmenter. Il y a aussi toute cette histoire de droits de douane. Notre président actuel adore les droits de douane. Il les adore. Les droits de douane. Or, on l’avait prévenu à l’époque : quand on impose des droits de douane, ce sont les consommateurs qui paient la note, car ce ne sont pas seulement les biens que vous utilisez directement qui ont été importés d’ailleurs. C’est aussi la voiture que vous fabriquez ici, aux États-Unis : elle peut nécessiter une pièce provenant d’ailleurs, et soudain, celle-ci est soumise à un droit de douane.

Du coup, les prix augmentent. On l’avait prévenu à ce sujet. « Non, ce n’est pas ce qui va se passer. Ça va être génial. Tout va très bien se passer. » Non, ce n’est pas ce qui s’est passé. En réalité, les droits de douane ont contribué à la hausse des prix.

Et la grande guerre commerciale qu’il est en train de mener concerne cet empire du mal bien connu, le Canada. Ce sont les gens qui nous ont donné le sirop d’érable et Martin Short. Les Canadiens sont les gens les plus sympas qui soient. Ils sont tellement sympas. Ce sont nos gentils voisins du Nord. Et lui, il cherche la bagarre avec eux.

Et au lieu de réduire les déficits comme il l’avait promis avec ces droits de douane, nous avons désormais une dette s’élevant à 40 000 milliards de dollars. On pourrait penser qu’avec tout ce qui se passe, notre président actuel aurait au moins dû faire adopter quelques lois pour faire baisser les prix. On pourrait le penser, n’est-ce pas ? Mais le seul projet de loi significatif qu’ils aient adopté ces deux dernières années était un allègement fiscal de plusieurs milliers de milliards de dollars qui a principalement profité aux Américains les plus riches. Qu’est-ce que je vous ai dit ? On ne hue pas.

Obama évoque ici la loi fiscale et budgétaire adoptée par le Congrès le 3 juillet 2025, le « One Big Beautiful Bill Act ». D’après l’analyse publiée par le Congressional Budget Office (CBO) le 12 juin 2025, en moyenne, les ménages verraient leurs ressources disponibles augmenter durant la période 2026-2034, mais la répartition serait inégale entre les ménages. Celles des ménages les plus modestes, en revanche, diminueraient. Selon les estimations du CBO fondées sur le projet adopté par la Chambre en mai 2025, la loi aurait pour effet d’augmenter le déficit fédéral d’environ 2 773 milliards de dollars sur dix ans. 

J’ai donc entendu l’argument selon lequel le président a fait certaines choses que les gens attendaient de lui en renforçant la sécurité aux frontières. Et vous savez quoi ? Je crois que nous devons effectivement veiller à ce que nos frontières soient bien gérées et sécurisées, et à ce que les personnes qui souhaitent venir ici le fassent en toute légalité. Et d’ailleurs, lorsque j’étais président, j’ai été critiqué par certains de mes proches alliés démocrates pour avoir renforcé les contrôles aux frontières.

Mais je ne me souviens pas que quiconque ait fait campagne en promettant d’envoyer des agents masqués courir dans nos rues. Je ne me souviens pas que quiconque ait parlé d’arrestations, de détentions ou de tirs visant des citoyens respectueux de la loi. Nous n’avons pas demandé cela. Ce n’est pas ce qu’il faut faire pour maîtriser nos frontières.

Donc, quand on passe tout cela en revue, le bilan des promesses, les choses ne se sont pas déroulées comme les gens l’espéraient. Même si je dois dire que je m’y attendais. Et soyons honnêtes, est-ce que quelqu’un pense vraiment que ce type qui se trouve actuellement à la Maison-Blanche passe tout son temps à réfléchir à ces questions ?

Je veux dire, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais il semble très concentré sur la rénovation de sa maison. Il devrait passer sur HGTV. Il construit une salle de bal plus grande que la Maison-Blanche. Il a fait recouvrir la roseraie de béton. Il a installé un héliport sur la pelouse sud et il y a de l’or partout. C’est quoi cette histoire d’or ? Toujours encore plus d’or. Il a transformé la Maison-Blanche en un restaurant Cheesecake Factory, ouvert par Saddam Hussein. De l’or partout. Charmant, non ?

La Cheesecake Factory est une chaîne de restaurants américaine connue pour ses intérieurs à la décoration ostentatoire et chargée. En évoquant Saddam Hussein, Obama fait ici un clin d’œil au goût pour une esthétique « tape-à-l’œil », utilisée comme symbole de puissance par le régime irakien.

Donc, il est clair qu’il ne se concentre pas sur la baisse des prix pour vous. Maintenant, il y a une chose sur laquelle il semble se concentrer en plus de la rénovation de sa maison : c’est comment s’enrichir, et enrichir sa famille et ses copains. Il suffit de regarder ces deux dernières semaines.

On a une ambassadrice américaine qui fait chanter un donateur pour qu’il règle une facture de carte de crédit de 100 000 dollars. Puis on apprend qu’il y a un milliardaire vénézuélien qui voulait une grâce, et qui a versé 50 millions de dollars à l’une des avocates personnelles de Trump pour qu’elle devienne directrice juridique d’une entreprise dont personne ne sait rien. Et voilà, il obtient sa grâce, comme tombée du ciel. 

L’ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, est accusée d’avoir demandé 100 000 dollars à Eric Deters, un donateur de Trump et ancien candidat au Congrès. Elle lui aurait demandé de régler sa facture de carte de crédit avant son audition de confirmation devant le Sénat. Ancienne personnalité des médias et procureure, Kimberly Guilfoyle est une proche de la famille Trump et l’ex-fiancée du fils aîné du président. 

La deuxième affaire à laquelle fait référence Obama concerne le banquier milliardaire vénézuélien Julio Herrera Velutini et l’ancienne avocate personnelle de Trump, Alina Habba. L’enquête a été révélée par le New York Times le 21 octobre. 

Et cette culture est ancrée au plus haut niveau. Nous n’avons jamais vu un président exceller à ce point dans l’art de l’escroquerie pure et simple aux dépens des contribuables. Jamais vu un président aussi déterminé à vendre des faveurs et à extorquer de l’argent aux gens. Nous avons perdu le compte de toutes les transactions que lui et sa famille ont conclues, des « meme coins » aux contrats financés par les contribuables pour les entreprises de ses enfants. Et voilà quelqu’un qui s’est enrichi de plusieurs milliards de dollars pendant son mandat. Et d’ailleurs, cela n’est pas contesté. Je n’invente rien. Tout est là.

Et pas un seul républicain au Congrès n’a levé le petit doigt pour y mettre un terme. Ni Jon Husted, ni aucun des républicains en lice ici, dans l’Ohio. La plupart d’entre eux l’ont soutenu à chaque étape. Vous vous souvenez donc de toute cette histoire d’« assécher le marais » ? La seule chose qui a été asséchée, c’est le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial – après qu’un contrat attribué sans appel d’offres l’a complètement saccagé. Et ensuite, ils ont essayé de rejeter la faute sur un triple olympien en affirmant qu’il l’avait vandalisé.

« Drain the swamp » (« Assécher le marais ») était le slogan de la campagne présidentielle de Trump en 2016. À travers cette formule, le président américain promettait de lutter contre les lobbys et la corruption, et de promouvoir la transparence au sein du gouvernement. 

La rénovation du bassin du Lincoln Memorial à Washington a été attribuée par l’administration Trump à l’entreprise Atlantic Industrial Coatings, sans qu’aucun appel d’offres ne soit lancé. À la suite de la rénovation, le revêtement s’est décollé. Plutôt que de remettre en cause la qualité des travaux, les responsables ont incriminé le vandalisme. L’athlète canadien David Hearn, qui a concouru à trois reprises aux Jeux olympiques, a été accusé d’avoir endommagé le bassin. Les poursuites à son encontre ont finalement été suspendues en juillet 2026, et la mauvaise qualité des travaux a été reconnue comme étant à l’origine de cette dégradation. 

La liste pourrait s’allonger. Et voici le plus dur, que ça vous plaise ou non. Je veux donc qu’on revienne un peu à la réalité. Il nous reste encore deux ans avec cette administration. Attendez. Un instant. C’est ainsi que fonctionne notre système politique.

Mais vous savez quoi ? Vous savez ce qu’on n’est pas obligé de subir ? Un Congrès sans colonne vertébrale et des gouverneurs républicains qui cautionnent le non-droit, la négligence, la cruauté et l’indifférence envers les travailleurs. Nous ne sommes pas obligés de subir ça. Nous ne sommes pas obligés de subir des gens qui favorisent des politiques qui prélèvent de plus en plus sur votre salaire, réduisent votre couverture santé et font grimper les prix. Nous ne sommes pas obligés de subir ça.

Cette élection est notre dernière et meilleure chance de freiner au moins une partie des absurdités de cette administration. C’est le disjoncteur du système. Nous devons actionner ce disjoncteur. Nous devons commencer à demander des comptes à cette administration.

Et tout aussi important, nous devons commencer à montrer au peuple américain, qui a soif de solutions, à quoi ressemble un véritable leadership, à quoi ressemblent des plans concrets qui réduisent réellement le coût de la vie, rendent les soins de santé et le logement plus abordables, et permettent de maîtriser les factures d’énergie. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être contre le comportement de cette administration. Nous devons commencer à leur montrer à quoi peut ressembler un avenir au-delà de cette administration.

Et cela commence par vous, l’Ohio. Cela commence par vous. Cela commence par élire Amy Acton au poste de gouverneure. Cela commence par envoyer Sherrod Brown au Sénat des États-Unis. Cela commence par eux.

À présent, j’ai presque de la peine pour leurs adversaires républicains, presque. Mon Dieu. Parce qu’après avoir passé ces deux dernières années à ne faire que chanter les louanges de ce président, à obéir à ses ordres, ils se rendent compte aujourd’hui que tout le monde est plutôt en colère face à toutes ces promesses non tenues. Alors, que font-ils ? Tout d’abord, ils font comme s’ils n’avaient jamais entendu parler de ce type. « Donald qui ? Pardon, qui ? » 

Face au bilan de Trump et à sa popularité au plus bas, certains républicains prennent leurs distances. Plusieurs républicains ont ainsi supprimé la mention du nom de Trump sur leur site. Dans les spots publicitaires également, Trump est de moins en moins cité. Selon le New York Times, moins de 1 % des publicités républicaines mentionnaient Trump entre le 9 septembre et le 17 octobre, contre 20 % chez les démocrates. 

Et puis, bien sûr, ils font aussi ce qu’ils font toujours, c’est-à-dire diffuser toutes sortes de publicités effrayantes pour vous faire croire que les démocrates sont des radicaux et des communistes, et que la « police du politiquement correct » va vous arrêter et vous gaver de tofu. Vous savez bien qu’on ne va pas tomber dans le panneau. Ils ressortent le même vieux refrain à chaque élection, mais on ne se laisse pas avoir. C’est démodé.

Pour nous, le choix est clair lors de cette élection. Jon Husted est un type qui, comme Sherrod l’a déjà mentionné, a voté non pas une fois, ni deux fois, mais 14 fois en faveur de la guerre en Iran, ce qui contribue à faire grimper les prix de l’essence ici, dans l’Ohio. 14 fois. Ne le huez pas. Non, il a voté trois fois pour empêcher les gens de limiter les droits de douane qui font grimper le coût de la vie. Il a voté pour exclure des centaines de milliers d’habitants de l’Ohio de Medicaid et augmenter les coûts des soins de santé.

D’ailleurs, c’est le même type qui, en tant que lieutenant-gouverneur, a tant milité pour l’implantation de centres de données. On l’a surnommé « le meilleur ami des centres de données ». Bon, je ne sais pas si c’est un titre que je voudrais, mais c’est comme ça. 

Le sénateur républicain Jon Husted est l’adversaire du démocrate Sherrod Brown dans l’État de l’Ohio. Alors qu’il était lieutenant-gouverneur de l’Ohio entre 2019 et 2025, Husted a publiquement défendu les entreprises, leur accordant des avantages fiscaux pour la construction et l’expansion de centres de données. 

Brown a dépensé plusieurs millions de dollars en publicités pour dénoncer le soutien de Husted aux centres de données L’une de ces publicités affirmait que « Husted a imposé à l’État ces installations gigantesques et gourmandes en énergie, accordant aux entreprises plus de 2,5 milliards de dollars d’allègements fiscaux incontrôlés et provoquant une flambée des factures d’électricité de plusieurs milliers de dollars ». Dans une note interne du Comité national républicain du Sénat (NRSC), obtenue par le Washington Post, on s’alarme de l’impact d’une possible défaite de Husted aux élections : « S’il perd et que les centres de données sont tenus pour responsables, les responsables politiques de tout le pays en prendront bonne note — et ils ne s’approcheront pas du prochain projet. » Communiquée aux entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle, cette note confidentielle les appelle à « redorer l’image des centres de données auprès des habitants de l’Ohio », transformant ainsi un enjeu électoral n’engageant que le siège d’un sénateur en un enjeu bien plus profond engageant tout un secteur. 

Vous savez qui n’a jamais été qualifié ainsi ? Sherrod Brown. S’il y a une chose que nous savons tous à propos de Sherrod Brown – et je le connais depuis deux décennies –, c’est qu’il ne défend pas les intérêts des puissants. Il ne travaille pas pour le compte de ceux qui mènent la grande vie. Il se bat pour les gens qui travaillent honnêtement toute la journée et qui ont quand même du mal à joindre les deux bouts. Et c’est ça, son profil. C’est comme ça qu’il a toujours été.

Et d’ailleurs, ça se voit à sa façon de s’habiller. Je veux dire, ce n’est pas le genre de type à s’être enrichi en faisant de la lèche aux grandes entreprises. Il porte toujours le même costume que celui qu’il avait quand je l’ai rencontré il y a 20 ans. Et vous savez, il s’est fait couper les cheveux pour ce rassemblement, mais vous savez tous qu’il est trop radin pour aller chez le coiffeur plus d’une fois tous les deux mois – je dirais. Il porte ce pull à col zippé. Ça, c’est Connie qui est passée par là : « Tu sais quoi ? Il faut qu’on te rende un peu plus présentable. »

Obama évoque ici Connie Schultz, l’épouse de de Sherrod Brown, une journaliste et écrivaine américaine, lauréate du prix Pulitzer du commentaire en 2005. 

Sherrod n’est pas du genre à faire semblant de défendre les travailleurs. Il a toujours été là pour vous. Même quand c’est difficile, même s’il risque de perdre une élection, même s’il sait que certains vont dépenser des millions de dollars contre lui, il remet toujours en cause le statu quo, s’attaque toujours au système, se bat toujours pour vous. Et c’est ce qu’il fera au Sénat des États-Unis.

Il interdira aux membres du Congrès de négocier des actions et leur interdira à vie de faire du lobbying après leur départ. Il plafonnera les hausses de tarifs autorisées pour les entreprises de services publics. Et en ce qui concerne les centres de données, il veillera à ce que ce soient les entreprises, et non les habitants de l’Ohio, qui paient l’intégralité du coût de leurs besoins énergétiques. Il se battra pour que les décisions concernant les centres de données ne soient pas prises dans le cadre d’accords secrets, mais au grand jour, par vous, au sein des communautés de l’Ohio.

Et il s’appuiera sur l’excellent travail que nous avons accompli, car il était présent à chaque étape de l’adoption de la loi sur les soins abordables. Il interdira aux laboratoires pharmaceutiques de faire payer aux Américains plus cher qu’à l’étranger. Il s’attaquera aux compagnies d’assurance qui refusent de prendre en charge les soins des habitants de l’Ohio et protégera l’accès aux soins de santé pour des centaines de milliers d’entre eux. Voilà qui est Sherrod.

Donc, si vous voulez un coût de la vie moins élevé, votez pour le changement. Votez pour Sherrod. Vous voulez mettre fin à la guerre et maîtriser les prix de l’essence ? Votez pour le changement et votez pour Sherrod. Vous voulez mettre un terme à la corruption et aux escroqueries ? Votez pour le changement. Votez pour Sherrod Brown.

Et puis, il y a la course au poste de gouverneur ici. Parlons-en.

Récemment, on a demandé à un observateur politique si Vivek Ramaswamy souhaitait être un bon gouverneur ou une sorte de célébrité politique. Et cet observateur a répondu : « Je ne sais pas. Je suppose qu’il veut être les deux. » Et ce n’est pas un commentateur démocrate qui a tenu ces propos. C’était le gouverneur républicain Mike DeWine. Pour les partisans de Vivek eux-mêmes, vous savez, tout ce qui compte, c’est ce qu’il a à y gagner.

On connaît tous ce genre de type, vous voyez, celui qui est avide d’attention, qui veut à tout prix se faire remarquer, prêt à tout pour y parvenir. Et ces derniers jours, on a vu qu’il n’y a aucune limite qu’il ne franchirait pas, aucune bassesse à laquelle il ne s’abaisserait pas, pour tenter de se retrouver sous les feux de la rampe. Je veux dire, pensez à cette dernière publicité qu’il a diffusée.

La polémique à laquelle renvoie Obama fait référence à la publicité diffusée par le candidat républicain Vivek Ramaswamy, dans laquelle Donna Arthur, la mère de son adversaire démocrate Amy Acton, accuse sa propre fille d’avoir « menti toute sa vie ». Or, la candidate démocrate a plusieurs fois déclaré avoir été agressée sexuellement par son beau-père entre 10 et 12 ans, sans que sa mère intervienne pour la protéger. Ce dernier avait été arrêté et inculpé pour viol. Les réactions se sont multipliées depuis cette diffusion, à la fois du côté des démocrates et des républicains, avec une notable exception : le vice-président J.D. Vance a défendu Ramaswamy. 

Ne huez pas, je veux juste qu’on se concentre là-dessus. Attendez. Vous savez, il y a une décence que l’on est en droit d’attendre de nos responsables politiques. Et je ne sais pas ce qui s’est passé pour que les normes de comportement soient tombées si bas qu’on puisse diffuser une publicité comme celle-là. Il doit bien y avoir quelque chose en vous qui vous fait dire : « Aucune fonction ne vaut la peine de s’abaisser à ce point », parce que vous savez quoi ? Le caractère, ça compte.

Amy a parlé de manière émouvante de son enfance douloureuse, de tout ce qu’elle a vécu : les maltraitances, la négligence et le fait de se retrouver sans domicile. Et elle n’a jamais oublié les personnes qui ont veillé sur elle, qui ont refusé de détourner le regard lorsqu’elle avait besoin d’un coup de main. C’est pourquoi elle a consacré sa vie et sa carrière à veiller sur les habitants de l’Ohio, à veiller sur les personnes dans le besoin, à veiller sur celles qui n’ont peut-être pas eu leur chance.

C’est ce qu’elle a fait lorsque Mike DeWine l’a recrutée pour rejoindre son cabinet et diriger le département de la santé de l’Ohio. Et c’est ce qu’elle fera en tant que gouverneure. Elle réduira les impôts de pas moins de 775 000 familles de l’Ohio afin de faire baisser le coût de la vie, de vous laisser plus d’argent dans vos poches et de sortir les gens de la pauvreté.

Elle comprend que la garde d’enfants ne doit pas grever le budget familial. Elle rendra donc la garde d’enfants plus abordable et annulera les dettes médicales, car personne ne devrait se retrouver ruiné à cause d’une intervention médicale. Et dès son premier jour en tant que gouverneure, elle signera des décrets anti-corruption pour s’assurer que le gouvernement de l’Ohio œuvre pour les habitants de l’Ohio et non pour des intérêts particuliers. Amy Acton ne se lance pas dans cette aventure pour devenir une sorte de célébrité politique. Elle s’engage pour vous.

Médecin de formation, Amy Acton a dirigé le département de la santé de l’Ohio de 2019 à 2020. Elle avait été nommée par le gouverneur républicain Mike DeWine. Elle a ainsi joué un rôle important dans la gestion de la crise de la Covid-19. 

Dans son programme « ActOn Costs », l’une de ses mesures phares est l’effacement des dettes médicales, à l’image de ce qui se fait déjà dans des villes comme Cincinnati, Cleveland et Toledo. Elle promet également de protéger Medicaid et Medicare, ainsi que de rendre les médicaments moins chers grâce à la création d’une plateforme en ligne s’appuyant sur le pouvoir d’achat du Medicaid de l’État. Axant notamment sa campagne sur le coût de la vie, elle souhaite également réduire le coût des primes d’assurance, des factures d’énergie et des impôts des familles actives. 

Écoutez, nous vivons une période troublée.

L’économie évolue rapidement. L’intelligence artificielle est là, et nous devons veiller à ce qu’elle profite à tout le monde, pas seulement à quelques milliardaires. Nous devons réformer notre système éducatif pour l’ère nouvelle que l’intelligence artificielle est en train d’inaugurer. Nous sommes confrontés à une pénurie de logements et nous devons construire des millions de logements. Nous devons maîtriser le coût des services de garde d’enfants afin que les jeunes familles puissent se les permettre. Nous devons veiller à ce que personne n’ait à s’inquiéter du montant élevé des cotisations d’assurance maladie.

Je comprends la frustration. Je comprends la colère et le cynisme, car le système ne fonctionne pas : en partie à cause du découpage électoral abusif, en partie parce que les riches et les puissants sont capables d’acheter et de vendre les élections comme jamais auparavant. En y injectant des sommes d’argent sans précédent. En partie parce que nous avons un Parti républicain qui défendait autrefois un État plus léger et qui semble désormais prôner un gouvernement corrompu, ou incompétent, ou encore l’absence totale de gouvernement.

Et en partie parce que cela vaut aussi trop souvent, même parmi les personnes bien intentionnées, y compris les démocrates : il arrive que nous soyons tellement pris dans les procédures et la bureaucratie que nous ne parvenions pas à obtenir des résultats assez rapidement pour changer véritablement la vie des gens. Les gens sont alors frustrés de ne pas voir suffisamment de changements, et c’est la raison pour laquelle nous avons besoin de personnes sérieuses à Washington et dans les capitales des États. Nous traversons une période grave.

Et ce qui frappe le plus en ce moment, c’est à quel point les personnes aux commandes manquent de sérieux. Des gens qui s’intéressent davantage à se mettre en avant, à frimer, à publier sur les réseaux et à rabaisser les autres plutôt qu’à les soutenir.

Tout cela signifie que lorsque vous voyez quelqu’un comme Sherrod, lorsque vous voyez quelqu’un comme Amy, quelqu’un qui se soucie sincèrement des gens, quelqu’un qui a fait ses preuves et qui propose de vraies solutions, quelqu’un qui ne s’engage pas pour s’enrichir ou pour être sous les feux de la rampe, mais parce qu’il veut servir, alors vous devez vous rendre compte à quel point c’est précieux.

Et nous devons être à la hauteur de leurs attentes. Nous devons faire élire Sherrod au Sénat et Amy au poste de gouverneure. Car Amy et Sherrod comprennent bien que cette élection ne les concerne pas eux. Elle vous concerne. Elle nous concerne.

Et il y a une autre chose qu’ils comprennent. Ils comprennent ce qui nous afflige en ce moment. Qu’est-ce qui déséquilibre autant notre pays ? Ce n’est pas seulement une question de prix. Ce n’est pas seulement une question d’économie. Ces aspects sont certes très importants, mais il s’agit aussi de valeurs. Les choix auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui comportent une dimension morale.

Nous ne parviendrons pas à réparer le système économique ou le système politique qui sont défaillants. Nous ne parviendrons pas à assainir notre économie tant que nous aurons une culture où tout est permis, où les personnes occupant les plus hautes fonctions du pays estiment qu’il est acceptable de mentir, de tricher et d’intimider, et où l’argent est la seule mesure de notre valeur. Et cela fait partie de ce qui se passe en ce moment.

Nous avons perdu le contact avec ce qui compte vraiment dans la vie : prendre soin de nos familles, aider nos voisins, veiller sur nos enfants, rire avec eux, les serrer dans nos bras, tenir parole, faire preuve d’intégrité et traiter les autres avec respect. Des choses élémentaires. Autrefois, cela n’était ni démocrate ni républicain. C’était américain. C’était humain. C’était ainsi que nous nous traitions les uns les autres. Juste un peu de décence élémentaire.

C’est justement ce qui manque à notre débat public : juste un peu de décence élémentaire. Nous devons nous souvenir des paroles d’un pasteur de 25 ans qui, dans un sermon prononcé en 1954, a déclaré : « Si nous voulons aller de l’avant aujourd’hui, nous devons revenir en arrière et redécouvrir certaines valeurs bien précieuses que nous avons laissées de côté. » Ce pasteur, c’était Martin Luther King Jr., à 25 ans.

Il a déclaré : « Nous n’avons pas appris à être justes. Nous n’avons pas appris à être honnêtes, bienveillants, sincères et aimants. Et c’est là le fond de notre problème. » Le véritable problème, disait-il, c’est que « grâce à notre génie scientifique et technologique, nous avons fait de ce monde un quartier, mais nous n’avons pas su mettre notre génie moral et spirituel au service de la fraternité. »

Et, Ohio, ce qui était vrai à l’époque l’est encore aujourd’hui. Oui, nous devons réduire le coût de la vie. Nous devons mettre de l’argent dans les poches des gens. Oui, nous devons mettre fin à cette guerre et à la corruption à Washington, mais nous ne ferons rien de tout cela si nous ne redressons pas notre boussole morale en tant que nation.

Si nous ne revenons pas à certaines de ces vertus d’antan, si notre attitude fondamentale, les uns envers les autres, consiste à essayer de faire du mal aux autres pour qu’ils ne nous en fassent pas d’abord. Si nous sommes animés par la peur plutôt que par l’espoir. Si nous pensons qu’il est acceptable d’arracher des enfants à leurs parents ou de supprimer des programmes destinés aux personnes âgées ou aux personnes fragiles, afin que les puissants puissent obtenir tout ce qu’ils veulent, nous continuerons à croupir dans la colère et la division.

Et je ne sais pas pour vous, mais j’en ai assez d’être en colère. Et j’en ai assez d’être divisé. Je veux tendre la main à mon voisin et lui serrer la main. Je veux me mettre au travail pour faire quelque chose pour quelqu’un d’autre.

Nous ne sommes pas arrivés à cette situation du jour au lendemain. Nous n’en sortirons pas du jour au lendemain. Et aucun d’entre nous ne devrait prétendre qu’une seule personne, à un poste quelconque, va d’une manière ou d’une autre nous sauver la mise, et que le reste d’entre nous peut simplement recommencer à agir comme avant. Nous allons tous devoir changer certaines choses.

Mais Ohio, voici ce que je sais. Cette élection peut être un début. Cette élection peut être un tournant. Cette élection peut être un changement de cap dans le long parcours de l’Amérique vers une union plus parfaite.

Car si nous sommes prêts à nous mobiliser en masse ici, dans l’Ohio, et dans tout le pays, si nous sommes prêts à voter pour le changement, et à voter pour les démocrates à tous les niveaux, alors cette élection pourrait bien marquer le moment où ce pays a commencé à s’engager dans une meilleure direction. Lorsque nous laissons derrière nous nos pires pulsions et que nous commençons à aligner notre politique sur nos idéaux les plus élevés, rien n’arrête un changement dont l’heure est venue. Vous et moi Ohio, nous l’avons déjà prouvé. 

Dans dix jours, vous aurez l’occasion de le faire à nouveau. Alors, je vous le demande : êtes-vous motivés ? Êtes-vous prêts à vous lancer ? Faisons d’Amy Acton la gouverneure. Faisons de Sherrod Brown le sénateur. Engageons-nous sur la voie qui mènera à une Amérique meilleure. Merci, je vous aime. 

Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique.

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