Les trois dernières enquêtes créditent l’AfD, menée par Ulrich Siegmund, de 42-43 % des voix, loin devant la CDU du ministre-président sortant Sven Schulze (22-23 %).

  • Die Linke (11-13 %) et le SPD, en chute à 6-8 %. 
  • Les Verts oscillent autour du seuil de 5 %, tout comme l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), à 4-5 %. 
  • Selon nos simulations, une majorité absolue de l’AfD au Landtag est désormais le scénario le plus probable dans 54 % des cas. La branche régionale du parti est classée « mouvement extrémiste de droite avéré » par les services de renseignement intérieur depuis novembre 2023. 
  • À défaut d’une majorité absolue de l’AfD, la Constitution du Land permet, dès le troisième tour de scrutin pour l’élection du ministre-président, une victoire à la majorité simple des suffrages exprimés, ce qui donnerait au BSW, s’il franchit le seuil de 5 %, la capacité de faire élire un chef de gouvernement AfD par une simple abstention. 
  • Le parti de Sahra Wagenknecht, en concurrence frontale avec l’AfD sur une ligne anti-immigration et hostile au soutien à l’Ukraine, a récemment jugé que « le cordon sanitaire avait échoué ».

Ulrich Siegmund, a déclaré dans un entretien la semaine dernière : « Nous ne pouvons que gagner. »

  • Le parti promet une refonte du système éducatif visant à éliminer tout « endoctrinement de gauche », l’immigration restant au cœur de son programme. L’AfD promet ainsi de mettre en place une « cellule d’expulsion » pour cibler les personnes en situation irrégulière ou les étrangers ayant commis des délits, de supprimer les prestations d’asile et d’aide sociale et de priver les réfugiés ukrainiens des allocations chômage. Selon ses plans, les centres d’accueil seraient transformés en centres de détention en vue de l’expulsion. 
  • Des plans seraient également en cours d’élaboration pour purger la fonction publique de ceux qui ne sont pas alignés sur les objectifs de l’AfD 1.

Le chancelier Friedrich Merz, dont la popularité s’effondre dans les sondages, a de nouveau exclu, le 28 août, toute coopération de la CDU avec l’AfD, invoquant des désaccords fondamentaux concernant l’Union et l’OTAN. 

  • Il a déclaré que « Le Land subira des dommages considérables » si l’AfD l’emporte. 
  • Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, et le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Cem Özdemir, ont déclaré qu’il faudrait saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle examine la possibilité d’interdire l’AfD dans quatre Länder de l’Est. Ils ajoutent que les sections locales de l’AfD en Saxe-Anhalt, en Saxe, en Thuringe et dans le Brandebourg sont dominées par des personnalités ethno-nationalistes considérant les « vrais Allemands » comme des personnes ayant « le bon sang, le bon pedigree et les bonnes convictions ». « Ils ne veulent pas d’une meilleure démocratie ; ils veulent en finir avec la démocratie. » 
  • Malgré ses prises de position, les signes de fissures se sont multiplié en amont du scrutin : un responsable de la CDU de Stendal a fait un don de 10 000 euros à l’AfD et, en juillet, Michael Kretschmer, ministre-président de la Saxe voisine, a plaidé pour « parler avec tous ceux qui veulent bien discuter ». 

Outre le Land de Berlin, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale votera à son tour le 20 septembre, avec l’AfD également en tête des sondages. Au niveau national, le parti s’approche des 30 % dans les sondages. 

Sources
  1. Kamil Kowalcze, « German Far-Right Plots Purge of Civil Service in Eastern State », Bloomberg, 27 mai 2026.