Selon une étude publiée le 14 août par deux chercheurs des universités Stanford et Berkeley, les entreprises qui n’ont pas modifié leurs politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) à la suite du décret promulgué par Donald Trump le 21 janvier 2025, soit le lendemain de son retour au pouvoir, n’ont pas subi d’effets négatifs sur les marchés, mais elles ont même surperformé par rapport à celles qui se sont conformées aux nouvelles directives de la Maison-Blanche 1.
- Le décret n°14173, intitulé « Mettre fin à la discrimination illégale et restaurer les opportunités fondées sur le mérite », fait partie des 42 signés par Trump dans les 10 premiers jours de son nouveau mandat.
- Il ordonne aux agences fédérales de mettre fin à tous leurs programmes DEI internes, et mandate l’investigation des programmes DEI dans le secteur privé, avec possibilité de poursuites contre les entreprises et les universités qui les maintiennent.
Selon Folsz et Grumbach, l’étude des « retours anormaux » – c’est-à-dire la différence entre les performances attendues d’une action boursière et ses performances réelles – démontre que le décret n’a pas pénalisé les entreprises qui ne s’y sont pas conformées, que ce soit en termes de rendements boursiers ou de chiffre d’affaires.
- Ces résultats soulignent les limites du slogan « go woke, go broke » (« le wokisme conduit à la faillite »), popularisé durant la campagne de 2024 et utilisé par des influenceurs conservateurs pour exercer une pression sur les entreprises jugées trop progressistes.
- De grandes sociétés, dont certaines avaient abandonné leurs programmes DEI à la suite du décret, ont depuis fait l’objet d’enquêtes du département de la Justice pour utilisation détournée du False Claims Act.
- C’est notamment le cas de Google et de Verizon, visés par l’administration Trump pour avoir pris en compte des critères de diversité lors du recrutement alors qu’ils détiennent des contrats avec le gouvernement fédéral – ce qui pourrait, selon cette interprétation, constituer un cas de « fraude » 2.
Les politiques destinées à dissuader les entreprises américaines de prendre en compte des critères de diversité, mises en place par l’administration républicaine, ont conduit à une baisse des nominations de femmes et de personnes issues de minorités.
- Leur part parmi les nouveaux administrateurs nommés par les entreprises du S&P 500 a atteint cette année son niveau le plus bas depuis 2014.
- Ainsi, sur les 364 nouveaux administrateurs indépendants nommés entre mai 2025 et avril 2026, seulement 40 % étaient des femmes ou des personnes issues de minorités, contre 72 % en 2022 3.
- Seulement 12 % des entreprises du S&P 500 déclarent désormais prendre en compte des critères de diversité dans leurs décisions relatives aux conseils d’administration, soit quatre fois moins qu’en 2024 (48 %).
Sources
- Hanna Folsz et Jacob M. Grumbach, « Markets Do Not Punish Firms for Maintaining DEI », 14 août 2026.
- Lydia Wheeler, « Justice Department Using Fraud Law to Target Companies on DEI », The Wall Street Journal, 28 décembre 2025.
- Ross Kerber, Bianca Flowers et Simon Jessop, « Trump’s diversity crackdown reverberates through US boardrooms », Reuters, 28 juillet 2026.