Le discours à la nation appartient, dans la grammaire institutionnelle américaine, au registre le plus solennel de la parole présidentielle : un format rare, réservé aux guerres, aux crises et aux deuils nationaux. Donald Trump en a progressivement déplacé l’usage vers le registre partisan, mais celle prononcée dans la soirée du 16 juillet marque une étape supplémentaire, par son contenu comme par sa fonction.

Le président a consacré les premières minutes de son discours à dresser un bilan outrancier de son deuxième mandat. S’y succèdent des affirmations invérifiables ou contredites par les données — « zéro entrée irrégulière en quatorze mois », « un taux d’homicides au plus bas depuis 1900 », un pays « qui était mort » et serait aujourd’hui plus « hot » que jamais — ainsi que des dossiers de politique étrangère repeints en succès éclatants, du Venezuela à l’Iran, dont les « fruits » sont promis « très, très prochainement ». Plus singulier encore, ce bilan est ponctué d’invitations à consulter des plateformes gouvernementales au nom du président (trumprx.gov, trumpaccounts.gov) : l’allocution solennelle emprunte les codes de la publicité, signe d’un brouillage assumé entre fonction présidentielle, marque personnelle et campagne permanente.

La révélation de ce discours tient en une phrase : la Chine aurait mené, à partir de 2020, « la plus grande compromission de données électorales de l’histoire ». Cette affirmation opère un double déplacement. D’une part, elle cherche à substituer Pékin à Moscou dans le récit de l’ingérence, alors que les services de renseignement américains ont à plusieurs reprises désigné la Russie comme le principal acteur des interférences électorales et Donald Trump comme le bénéficiaire de cette aide. D’autre part, l’accusation s’appuie sur un second récit, celui d’une dissimulation par un « État profond » logé dans les agences de renseignement, les médias et les contre-pouvoirs : un motif ancien chez Trump, dont la volonté de réécrire le dossier russe de 2016 avait déjà constitué l’arrière-plan de sa première procédure de destitution. Avec un paradoxe logique : cet État profond aurait laissé Donald Trump se faire élire sous Obama puis sous Biden, mais aurait réussi à truquer une élection sous Trump lui-même.

Cette prise de parole ne peut se comprendre sans ses visées de reconfiguration discursive. À moins de quatre mois d’élections de mi-mandat que les sondages annoncent peu favorables aux républicains (qui pourraient aller jusqu’à perdre la majorité à la Chambre et au Sénat), l’administration multiplie les initiatives visant l’architecture électorale elle-même : pression pour l’adoption du SAVE America Act, contentieux du ministère de la Justice pour obtenir les fichiers d’électeurs des États — plus d’une douzaine de recours déjà rejetés par des juges fédéraux —, injonctions adressées aux États concernant leurs listes électorales. 

En se revendiquant de l’autorité du renseignement déclassifié pour établir que le système est « catastrophiquement » vulnérable, le discours constitue une base d’éléments plus ou moins vérifiables, mobilisables ultérieurement pour justifier des mesures d’exception ou contester des résultats défavorables. C’est du reste la lecture qu’en propose immédiatement Steve Bannon, écrivant à CNN qu’il faut « immédiatement une urgence de sécurité nationale sur les élections de mi-mandat » dont le discours « constitue un puissant prédicat », avant d’affirmer sur son émission que les midterms seront « volées, comme toutes les autres élections l’ont été ».

L’articulation d’une crise géopolitique — l’intensification de la guerre froide avec la Chine — à une dynamique intérieure ne doit pas être sous-estimée. Car ce que le président réactive ici, c’est le grand mensonge auquel il oblige ses affidés, ses alliés et ses soutiens — le voir en vainqueur de l’élection de 2020 —, au moment même où les purges frappent la hiérarchie militaire et où l’enrichissement personnel adossé aux mouvements de marché s’institutionnalise : le jour même du discours, Trump Media annonçait « Truth API », un flux payant vendant à Wall Street l’accès en quelques millisecondes aux saillies verbales du président, dont chacun sait désormais qu’elles font bouger les cours. 

C’est précisément parce que ces mots sont chaotiques, et comme toujours spectaculairement étonnants, qu’ils doivent être lus entre les lignes : leur désordre apparent est celui d’un discours qui teste, déplace et prépare.

Bonsoir. Avant de commencer, je suis fier d’annoncer que notre pays est plus sûr, plus fort et bien plus riche qu’il ne l’a jamais été. Nous nous portons à merveille. Il y a moins de deux ans, nous avons hérité d’un désastre économique et social, après la pire inflation en 48 ans, avec des frontières grandes ouvertes laissant entrer des millions et des millions de personnes venues du monde entier, y compris des criminels de toutes sortes, et 11 888 meurtriers, dont beaucoup avaient tué plus d’une personne.

Nous avions du transgenre pour tout le monde, des hommes dans les sports féminins, la criminalité qui ravageait nos villes, et le monde entier se moquait de nous en tant que nation. Maintenant, c’est fini. Il y a deux ans, notre pays était mort. Aujourd’hui, nous sommes le pays le plus en vogue au monde. L’Amérique est respectée comme elle ne l’a jamais été.

Expression récurrente du style populiste trumpiste, fondée sur une série d’oppositions binaires portées au paroxysme : « We were dead — now we are the hottest country anywhere in the world ».

Nous avons plus d’argent investi aux États-Unis qu’à aucun autre moment de l’histoire de notre pays. 

Le chiffre repose sur des annonces d’investissements, non sur des flux réels : CNN a établi que la Maison-Blanche comptabilise des promesses vagues, dont certaines antérieures à l’élection de Trump, et que même le site officiel de l’administration affiche un total inférieur de moitié aux montants revendiqués publiquement par le président.

Plus d’Américains travaillent aujourd’hui que jamais auparavant. Cette semaine, on a annoncé que l’inflation avait connu sa plus forte baisse mensuelle en plus de six ans, ça vient de se produire. Ça vient d’être publié. Les médias l’ont rapporté et nous l’acceptons : le meilleur chiffre en six ans.

Le chiffre mensuel est authentique, mais l’Associated Press relève qu’il est largement porté par un recul de 12 % des prix de l’essence (provoqué par le cessez-le feu en Iran) recul qui s’est déjà inversé depuis (à l’image du cessez-le-feu). En glissement annuel, rappelle NBC News sur la base des données du BLS, l’inflation reste supérieure au niveau hérité en janvier 2025, après notamment la remontée provoquée par l’instauration des droits de douane généralisés.

Les baisses d’impôts de notre prévu par le « Great, Big, Beautiful Bill » font économiser des milliers et des milliers de dollars aux familles qui travaillent dur, grâce à des dispositions comme : pas d’impôt sur les pourboires, pas d’impôt sur les heures supplémentaires et pas d’impôt sur la sécurité sociale pour nos formidables seniors, ainsi que la déduction des intérêts sur un prêt utilisé pour acheter une voiture, mais uniquement si cette voiture est fabriquée en Amérique.

Et un amortissement à 100 % pour nos entreprises créatrices d’emplois. Nos marchés boursiers sont à leur plus haut niveau depuis de nombreuses années, en fait, on peut dire de tous les temps. Et vos plans 401-K, vos pensions et vos comptes de retraite battent des records chaque jour, les plus élevés de l’histoire. 

Pendant des années, nous avons payé le prix le plus élevé au monde pour les médicaments sur ordonnance. Aujourd’hui, nous payons le prix le plus bas grâce à ma politique de la Nation la Plus Favorisée, parce que j’ai réussi à faire en sorte que le reste du monde et les entreprises pharmaceutiques agissent de manière responsable. Les prix des médicaments baissent de 70, 80 et 90 pour cent. Trumprx.gov pour réduire le coût des soins de santé. Vous devez aller sur trumprx.gov et en profiter. Mais le coût des soins de santé est en train de baisser considérablement grâce à ce que nous avons fait avec les médicaments sur ordonnance.

Adresse web répétée, rabais égrenés en crescendo, injonction à « en profiter », le président de fait vend ici sa plateforme dans les codes exacts du spot télévisuel, en pleine allocution à la nation.

Et avec les comptes Trump, chaque enfant en Amérique a désormais accès à un compte d’investissement défiscalisé pour épargner pour son avenir. Des milliards et des milliards de dollars sont investis, versés par des entreprises et des particuliers pour prendre soin de nos enfants, de sorte qu’à 18 ans, ils auront potentiellement des centaines de milliers de dollars sur leur compte, et ils prendront un excellent départ dans la vie.

Alors pour cela, allez sur trumpaccounts.gov et inscrivez votre enfant, ou n’importe quel enfant que vous souhaitez inscrire. 

Nouveau renvoi vers une plateforme au nom du président, avec le style de la promotion télévisuelle : « Inscrivez votre enfant, ou n’importe quel enfant »

Nos frontières, autrefois grandes ouvertes, ont été transformées en frontières les plus sûres de l’histoire de notre pays, avec zéro clandestin admis aux États-Unis au cours des 14 derniers mois. C’est bien zéro.

Le DHS revendique zéro remise en liberté après interpellation, pas zéro entrée. Ses propres données recensent encore près de 10 000 appréhensions au seul mois de mai, sans compter les « gotaways » passés sans être interceptés.  

Personne ne pensait que c’était possible. Nous avions la pire frontière de l’histoire de notre pays, et maintenant nous avons la meilleure. La criminalité chute dans tout le pays, avec un taux d’homicides au plus bas depuis 1900, soit il y a plus de 125 ans. Nous réalisons un investissement record dans nos forces armées, et nous avons de loin l’armée la plus forte et la plus puissante au monde.

Je l’ai bâtie pendant mon premier mandat et, malheureusement, nous sommes contraints de l’utiliser maintenant. Nous avons gagné au Venezuela, qui travaille désormais avec nous pour produire des millions et des millions de barils de pétrole. Nous sommes également en train de gagner largement en Iran, et vous verrez les fruits de ce travail très, très prochainement. L’Amérique est de retour et se porte vraiment bien.

Chacune de ces affirmations contribue à créer une réalité parallèle, suscitée et construite par le président américain : la baisse des homicides précédait son retour, le record « depuis 1900 » est invérifiable, l’armée « qu’il a bâtie » était déjà la première du monde avant 2017, et la victoire iranienne promise « très prochainement » l’est déjà mot pour mot depuis le premier jour. 

Mais nous avons encore un défi majeur qui doit être traité de toute urgence, car aucun pays ne peut être grand sans des élections équitables et honnêtes. Vous devez faire confiance à votre pays parce que, s’il ne peut y avoir de confiance, il ne peut y avoir de grandeur. Et c’est très simple : pas de confiance, pas de grandeur. Pendant de nombreuses années, j’ai appelé à une action audacieuse, rapide et décisive pour protéger l’intégrité des élections américaines.

Chaque Américain mérite de savoir que, lorsqu’il dépose son vote, ce vote sera compté avec exactitude dans un système et il s’agit de rendre ce système sûr. Un système où la tricherie et l’ingérence ne sont pas seulement difficiles, mais pratiquement impossibles. Malheureusement, le système que nous avons aujourd’hui est catastrophiquement en deçà de cette norme.

Les évaluations répétées des autorités compétentes (la CISA, l’agence fédérale de cybersécurité) n’ont révélé aucune activité malveillante ayant affecté l’intégrité du scrutin de 2024. 

Ce soir, j’annonce la déclassification et la publication immédiates de renseignements critiques révélant des vulnérabilités choquantes dans notre infrastructure électorale. Ces preuves montrent que le système électoral que nous avons est dangereusement exposé — et vraiment exposé, à des niveaux qu’on n’aurait jamais crus possibles — au piratage, à l’exploitation et à l’ingérence étrangère.

Tout aussi troublant : cette information vitale a été, pendant de nombreuses années, dissimulée et cachée à vous, le peuple américain, notre beau, notre grand peuple américain. Mais tout cela change dès maintenant. Les documents que nous publierons à partir de ce soir ont été rassemblés par le Groupe de travail sur la transparence gouvernementale de la Maison-Blanche — un formidable groupe de personnes — ainsi que par l’équipe du Conseil consultatif du président sur le renseignement, avec le soutien des chefs de nos principales agences de renseignement, qui ont tous personnellement examiné les conclusions que nous présentons ce soir et pleinement confirmé leur authenticité.

Les garants de l’authenticité invoqués sont tous des organes politiques du président : le Conseil consultatif sur le renseignement (PIAB) est présidé par Devin Nunes, le PDG de Truth Social ; le « Groupe de travail sur la transparence » a été créé par la Maison-Blanche elle-même ; et parmi les « chefs d’agences » figurent Kash Patel (FBI), John Ratcliffe (CIA), ainsi que Bill Pulte, le directeur du renseignement national par intérim. Ce dernier est un responsable du logement sans aucune expérience du renseignement. Il est connu pour ses références pénales visant les adversaires de Trump et le président lui aurait assigné la mission de « découvrir des choses sur les élections truquées ».

Vous pouvez consulter ces documents par vous-mêmes sur whitehouse.gov — c’est bien whitehouse.gov, allez voir. Notre objectif en divulguant ces informations n’est pas d’affaiblir la confiance dans les élections, mais de gagner cette confiance en affrontant les vulnérabilités et en les corrigeant très, très rapidement — et c’est ce que nous faisons.

Troisième réclame de la soirée, dirigée cette fois vers whitehouse.gov — le site officiel de la présidence, devenu sous Trump une plateforme partisane assumée. La « transparence » promise s’y résume à ce stade à des documents lourdement caviardés, parfois entièrement vides, présentés sans contexte selon l’AP, et recyclant selon CNN des vulnérabilités connues de longue date que les responsables électoraux corrigent depuis des années.

Les documents couvrent cinq grands domaines de préoccupation. Premièrement, ils montrent que, sur une période de plusieurs années, à partir du cycle électoral de 2020, la République populaire de Chine a mené ce que l’on estime être la plus grande compromission de données électorales de l’histoire, aboutissant à l’acquisition illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d’électeurs américains.

Cette affirmation qui constitue le coeur de l’annonce est jugée trompeuse par le fact-checking de CBS : on ignore, écrit-elle, comment la Chine aurait accédé à ces données et ce qu’elle en aurait fait une fois obtenues. La journaliste de CBS rappelle surtout un élément de contexte que le discours passe entièrement sous silence : une grande partie de ces informations d’électeurs, noms, adresses et affiliation partisane comprises, sont tout simplement publiques aux États-Unis. Certains États comme la Caroline du Nord ou l’Ohio mettent leur fichier électoral en ligne gratuitement, note-t-elle, quand d’autres le vendent aux campagnes et aux partis. Gabrielle Ake convoque enfin un bulletin conjoint CISA/FBI de septembre 2020, selon lequel l’acquisition de telles données par des cyberacteurs n’a eu aucun impact sur le processus de vote ni sur les résultats, aucune cyberattaque n’ayant jamais empêché un électeur de voter ni compromis l’intégrité d’un seul bulletin.

Ces informations comprennent des noms, des adresses, des numéros de téléphone, des préférences partisanes et d’autres données sensibles nécessaires pour s’inscrire sur les listes électorales et se livrer à d’autres activités malveillantes, ce qui est exactement ce qui se passait. Cette perte de données représente un cauchemar sans précédent pour la sécurité électorale. Le renseignement montre même que la Chine a affecté une unité d’exploitation de données spécifiquement à ce nouveau projet.

Aggravant ce scandale, la deuxième série de documents que nous publions révèle que des membres de l’État profond — un groupe de personnes très, très célèbre, dans bien des cas — au sein de notre agence de renseignement, ont œuvré activement à supprimer et à minimiser les informations sur l’ampleur de l’ingérence électorale sinistre de la Chine, en la dissimulant à la fois au président et au peuple américain, comme personne ne l’aurait cru possible.

L’« État profond » est la clef de voûte rhétorique du trumpisme : importée du vocabulaire politique turc (derin devlet) et popularisée dès 2017 par Steve Bannon, l’expression désigne chez Trump non pas un réseau clandestin avéré mais l’administration fédérale de carrière elle-même (fonctionnaires, juges, agents du renseignement) requalifiée en conspiration dès lors qu’elle contredit le président. Son usage a une fonction discursive : elle transforme les actions des contre-pouvoirs ordinaires (enquêtes, évaluations du renseignement, contrôles internes) en preuves du complot qu’ils sont accusés de servir, rendant le récit infalsifiable, tout démenti devient dissimulation. Ainsi qu’une fonction de plus en plus transformative, en justifiant des purges. À noter, les agences accusées de dissimulation étaient dirigées par les propres nommés de Trump — dont John Ratcliffe, son DNI d’alors, aujourd’hui directeur de la CIA et garant des « révélations », et le président a reçu en personne, le 7 janvier 2021, l’évaluation concluant à l’absence de toute altération étrangère du vote, sans objection connue de sa part. 

Les agences d’espionnage américaines ont commencé à avoir connaissance de la compromission des fichiers d’inscription des électeurs en 2020, lorsqu’elles ont découvert que les données de dizaines de millions d’électeurs — pensez-y, les données de dizaines de millions d’électeurs — dans 18 États avaient été achetées, volées ou piratées par la Chine. Pourtant, ceux qui étaient chargés de tirer la sonnette d’alarme ont au contraire gardé l’information secrète et cachée.

Ils ne me l’ont pas divulguée, à moi le président, ni à personne d’autre. Et à notre connaissance, ils n’en ont pas informé le Congrès. En fait, tout ce qu’ils n’arrêtaient pas de dire, c’est : « c’est l’élection la plus sûre de l’histoire de notre pays », une formule toute faite, très convenue, qu’on distribuait à la ronde. 

Malgré de multiples tentatives menées par les soutiens les plus zélés du président, de Mike Lindell, le PDG de MyPillow qui promettait la preuve d’un piratage chinois et dont le « cyber-symposium » de 2021 n’accoucha de rien, à Rudy Giuliani, depuis condamné à 148 millions de dollars de dommages pour avoir diffamé deux agentes électorales de Géorgie et privé de sa licence d’avocat, il n’a jamais existé la moindre preuve substantielle de votes supprimés, perdus ou altérés par les machines, contrairement à ce qui avait été martelé. Les quelque soixante recours déposés après 2020 ont tous été rejetés, y compris par des juges nommés par Trump, et l’affaire s’est même retournée contre ses promoteurs : Fox News a dû verser 787,5 millions de dollars à Dominion Voting Systems pour avoir relayé ces accusations de machines truquées. 

La dissimulation de cette colossale faille de sécurité est d’autant plus troublante à la lumière des informations supplémentaires montrant que la Chine s’est livrée à d’autres activités liées aux élections pour saper ma première administration et notre campagne de 2020.

Ils ne voulaient pas, ils n’en voulaient tout simplement pas. Ils se sont battus comme des diables pour ne pas avoir Donald Trump vainqueur, et pour une bonne raison. Comme le montrent les documents que nous publions, un rapport de la CIA indiquait explicitement, et je cite : à la mi-2018, la politique du Parti communiste chinois était de mobiliser tous les éléments intérieurs et étrangers opposés au président américain, dans un effort visant à réduire les voix du président américain et à le faire démissionner ou à empêcher sa réélection.

Le rapport cité décrit une opération d’influence visant à peser sur l’opinion, pas une ingérence dans le vote : l’évaluation officielle de mars 2021 concluait que Pékin avait envisagé puis renoncé à intervenir, sans toucher à l’infrastructure électorale. 

C’est charmant, n’est-ce pas ? De même, à la mi-2018, la Chine travaillait à influencer les résultats des élections de mi-mandat américaines, puis les résultats de l’élection présidentielle de 2020 elle-même. Par ailleurs, à la mi-2019, la stratégie du gouvernement chinois contre les États-Unis était axée sur l’affaiblissement de la confiance intérieure envers le président américain.

Ils voulaient simplement donner l’impression que votre président n’était pas si formidable, alors qu’en réalité votre président a fait un excellent travail. Et ils ont tout fait pour y parvenir. Le document poursuit — et ceci vient de la CIA — la stratégie comprenait des efforts pour utiliser les contacts chinois avec de grandes entreprises américaines afin d’influencer les dirigeants d’affaires américains pour qu’ils se retournent contre le président des États-Unis d’Amérique.

Le gouvernement chinois a cherché à identifier des journalistes américains qui avaient publié des articles négatifs sur le président américain et à leur verser de fortes sommes d’argent pour qu’ils écrivent davantage d’articles négatifs sur lui, autant qu’ils le pouvaient, et peu importe ce qu’ils disaient. Le gouvernement chinois voulait que le président américain perde l’élection suivante.

Et la raison pour laquelle ils voulaient que je perde, c’est qu’ils savaient que j’avais compris leur jeu. Je leur ai imposé des milliards et des milliards de dollars de droits de douane et j’ai bâti l’armée la plus forte au monde. Nous avons l’armée la plus forte au monde. Ce sont des citations exactes des rapports de la CIA. Le nom de la personne à l’origine de la citation est actuellement en cours d’examen — mais c’est encore pire.

Des renseignements bruts obtenus par le FBI en 2020, mais enterrés par des bureaucrates dévoyés, indiquaient que les activités de la Chine comprenaient même une tentative de fabriquer des bulletins de vote illégaux en faveur de Joe Biden. Les documents montrent que, pendant cette période, des dizaines de rapports importants de la CIA et de la NSA sur le ciblage des élections par la Chine ont été tenus à l’écart du briefing présidentiel.

C’étaient des briefings que je recevais presque tous les jours ; tout ce qui avait de l’importance en était exclu. Un courriel entre analystes du renseignement admettait qu’ils avaient, je cite, « délibérément trafiqué » le briefing quotidien du président afin de dissimuler les informations concernant les activités chinoises liées à l’élection. Une autre responsable au sein du FBI a écrit qu’elle dirigeait, je cite, « un gouvernement de l’ombre », fin de citation, pour empêcher que les renseignements sur l’ingérence électorale de la Chine ne soient connus et pour les tenir à l’écart de l’honorable presse.

D’autres responsables témoins de tels agissements ont perçu leur motivation comme étant ouvertement politique. Récemment, nous avons trouvé un nombre important de « burn bags » d’informations — il s’agit d’un ensemble de sacs utilisés pour détruire des informations — remis par le président Barack Hussein Obama pour être brûlés ; ils étaient censés être brûlés.

Ces sacs devaient être traités à un autre niveau, par d’autres personnes, incinérés et vérifiés, mais cela ne s’est jamais produit. Peut-être avons-nous eu de la chance. Nous pensons que cela n’a pas été fait exprès, mais plutôt par l’incompétence flagrante des personnes qui étaient censées brûler les sacs. Mais les découvertes sont stupéfiantes. Aujourd’hui, je demande au Bureau du directeur du renseignement national, au ministère de la Justice, au FBI et à la CIA d’enquêter sur la manière dont des informations aussi cruciales ont été cachées et sur les raisons de cette dissimulation, de licencier les personnes impliquées dans cette dissimulation et de déposer des poursuites pénales, le cas échéant, contre ces personnes.

Or, dissimuler l’ingérence de la Chine n’était que le début. La troisième série de documents que nous publions prouve que, pendant de nombreuses années, on a effrontément menti aux Américains sur la sécurité de notre infrastructure électorale, y compris les machines à voter électroniques et les systèmes de comptage des bulletins — malhonnêtes, presque tous. Ils sont vulnérables, ils sont facilement compromis, et des personnes au sein de notre gouvernement le savaient.

Ce soir, nous publions une série d’évaluations de la communauté du renseignement américain et d’autres rapports auparavant classifiés, prouvant que notre gouvernement sait depuis longtemps que ces machines sont extrêmement exposées aux attaques. Comme l’indique l’une de ces évaluations : nous estimons que les adversaires des États-Unis, y compris au minimum la Russie, la Chine, l’Iran, la Corée du Nord, ainsi que des groupes non étatiques, ont la capacité de compromettre l’infrastructure électorale américaine.

Fin de citation — mais c’est une sacrée déclaration, n’est-ce pas, faite par de prétendus grands patriotes de notre pays. Le document poursuit en indiquant, je cite : nous estimons que les dépôts centralisés de données liées aux élections, tels que les bases de données d’inscription des électeurs, les registres électoraux et autres sites web électoraux officiels, sont les plus vulnérables à l’exploitation, et des adversaires pourraient utiliser l’accès à ces systèmes pour perturber les processus électoraux aux États-Unis d’Amérique.

Ce soir, nous publions l’ensemble de ces conclusions, qui s’étendent de janvier 2020 à juin 2026. Il s’agit d’une cybermenace visant le cœur même de notre démocratie. Beaucoup de gens se sont demandé s’il était réellement possible de manipuler électroniquement les totaux de votes ou de modifier les résultats des élections sur ces terribles machines.

Aujourd’hui, nous publions des documents montrant que la CIA a obtenu des informations sur un complot précis visant à truquer massivement les résultats en faveur du régime corrompu de Maduro au Venezuela — et c’est exactement ce qui s’est passé : ils ont conspiré pour truquer numériquement les élections de leur propre pays en 2020. Et c’est ce qu’ils ont fait. Ces informations comprenaient des détails précis sur les méthodes développées par le régime pour altérer numériquement les totaux de votes d’une manière indétectable, même avec un audit, aussi approfondi soit-il.

Dans ce document déclassifié, le renseignement américain évoquait une tentative du régime d’exploiter une vulnérabilité hypothétique d’un système de vote utilisé dans ce pays — un système absent des États-Unis, son fabricant, Smartmatic, n’intervenant sur le sol américain que dans le comté de Los Angeles. CBS rappelle ensuite pourquoi les machines américaines sont particulièrement difficiles à compromettre : elles sont étroitement surveillées, déconnectées d’Internet et adossées à des bulletins papier qui peuvent être audités manuellement. Dans son article de fact-checking, le journaliste Aaron Navarro cite David Becker, du Center for Election Innovation & Research, pour qui ces machines restent sous scellés jusqu’aux tests publics, et même après, ce sont les bulletins papier qui font foi. Concernant les vulnérabilités identifiées par la CISA en 2022 sur les systèmes Dominion, le journaliste de CBS précise qu’elles n’étaient exploitables que dans des conditions très spécifiques, nécessitant un accès physique aux machines, et que l’agence n’a trouvé aucune preuve qu’elles aient jamais été exploitées lors d’une élection. Aaron Navarro conclut en citant Geoff Hale, du Center for Democracy & Technology, qui rappelle que découvrir une faille et la corriger est le signe d’un système mature, et non d’un système cassé.

Ces renseignements soulignent pourquoi nous devons agir d’urgence pour garantir que notre propre système ne puisse jamais, au grand jamais, être piraté ou compromis comme il l’a été par le passé. La quatrième série de documents révèle que même lorsque des preuves significatives de fraude ont été détectées, elles ont été enterrées et dissimulées. Parmi les révélations de ce soir figurent des dossiers du FBI détaillant des preuves de fraude présumée par une opération d’inscription d’électeurs à grande échelle dans le Michigan.

En 2020, la police d’État du Michigan a perquisitionné une organisation démocrate de mobilisation électorale (« Get Out the Vote ») — un groupe corrompu — à Muskegon, et ils ont été tellement préoccupés par ce qu’ils ont trouvé. Ils étaient tellement préoccupés, ils n’arrivaient pas à y croire, en fait, qu’ils ont contacté le FBI à Détroit. Les documents indiquent que certains démarcheurs ont admis auprès d’agents du FBI qu’ils avaient signé des formulaires d’inscription électorale au nom d’autres personnes, soumis des inscriptions frauduleuses pour des personnes qui n’existaient pas, et reçu des cartes-cadeaux liées au nombre de demandes qu’ils produisaient.

En d’autres termes : payer, jouer et tricher. Les agents du FBI travaillant sur l’affaire estimaient que des crimes avaient été commis, et pourtant le ministère de la Justice de Biden a fait traîner l’enquête et l’a enterrée. Ce soir, je demande au directeur du FBI de veiller à ce que l’affaire fasse l’objet d’une enquête complète et de travailler avec le ministère de la Justice pour poursuivre les responsables de tout crime éventuel.

Enfin, pour révéler à quel point nos élections restent vulnérables, nous publions les résultats d’une enquête stupéfiante du ministère de la Sécurité intérieure. Selon cet examen du DHS portant sur les listes électorales des États et les registres publics, environ 278 000 non-citoyens ont été identifiés comme inscrits pour voter aux élections fédérales.

Comme les États démocrates refusent de partager leurs fichiers électoraux, le vrai chiffre est en réalité bien plus élevé que cela. Pourtant, même cette analyse limitée a révélé plus d’un quart de million d’étrangers illégalement inscrits sur les listes électorales. Mises bout à bout, ces révélations dévoilent un système électoral si défaillant et si vulnérable que personne ne peut le défendre. Il est indéfendable.

Des centaines de millions de fichiers d’électeurs américains sont entre les mains de gouvernements étrangers. Nos machines et nos systèmes de comptage des bulletins sont exposés au piratage, à la manipulation et à la corruption. La Chine et d’autres pays ont tenté de s’ingérer dans nos élections. Des preuves de fraude ont été enterrées. Des centaines de milliers de non-citoyens et de personnes décédées figurent, avec un statut actif, sur les listes électorales.

Cette affirmation est exagérée et surtout, elle présente de manière malveillante et inexacte les conséquences de cette situation : figurer sur une liste n’équivaut pas à voter. Comme le montre CBS, la Caroline du Nord a bien recensé 34 000 personnes décédées sur ses listes en avril, sans qu’aucun vote illégal n’ait été émis en leur nom. Concernant les non-citoyens, le journaliste cite le cas de l’Iowa : une estimation initiale de 2 186 inscrits est retombée, après audit, à 277 cas confirmés, dont seulement 35 votes en 2024. Un ordre de grandeur sans rapport avec les chiffres avancés dans le discours.

Et pourtant, nous continuons d’organiser des élections sans pièce d’identité pour voter, sans preuve de citoyenneté, et avec des dizaines de millions de bulletins flottant sans but dans le courrier. Comme exemple de cette folie : la récente élection en Californie pour le maire de Los Angeles et le gouverneur s’est tenue le 2 juin — il y a longtemps — mais elle ne s’est achevée qu’il y a quelques jours, le 10 juillet. Pensez-y : bien plus d’un mois.

Il a fallu un mois pour compter les voix. Je me demande ce qu’ils fabriquaient. C’est pire que n’importe quel pays du tiers-monde. Aucun pays du tiers-monde n’a des élections comme les nôtres. Fait rare, NBC et ABC, les fake news, ont tous deux annoncé qu’ils ne couvriraient pas ce discours. Ils savaient de quoi il s’agissait — parce qu’ils n’aiment pas le sujet, parce qu’ils savent à quel point notre système est corrompu et qu’ils ne veulent pas le révéler. Eux et d’autres dans les médias font partie d’un complot.

Trump a accusé NBC et ABC de boycotter son discours pour cacher la corruption du système, mais les deux chaînes l’ont diffusée en intégralité en streaming, sur YouTube et sur leurs sites, seule l’antenne principale n’était pas mobilisée.

Ils veulent que cette fraude continue, pour une raison ou une autre. Ils veulent la faire perdurer. Ils veulent protéger la gauche radicale. On ne peut pas avoir un grand pays — et c’est vrai : on ne peut pas avoir un grand pays sans élections libres et équitables. Une fraude de cette ampleur devrait entraîner la révocation de leurs licences. Ils utilisent nos ondes publiques, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, sans débourser un centime.

Ils ne paient rien. Tout ce que nous voulons, c’est l’honnêteté dans nos élections et l’honnêteté dans l’information. Ils ne paient rien pour des actifs valant plusieurs milliards de dollars. Un grand tort a été causé à notre pays. Nos élections ont été laissées vulnérables au trucage et au vol, et la confiance du peuple américain a été perdue. Cela ne peut pas être toléré plus longtemps.

Chaque Américain, que vous soyez républicain, démocrate, indépendant ou autre, devrait pouvoir convenir que nous méritons le système électoral le plus sûr, le plus honnête et le plus équitable au monde. Des élections sûres devraient être une question partisane — enfin, vraiment, nous devrions être ensemble, démocrates, républicains, indépendants, tout le monde, et cela ne devrait pas être une question partisane.

Cela devrait être une cause qui nous unit, pas qui nous divise. Cela devrait être une cause — nous devrions être unis, pas divisés. À la lumière des informations toutes nouvelles et irréfutables que j’ai révélées ce soir, mon administration est en train de notifier les États dont les données électorales ont été compromises par la République populaire de Chine et bien d’autres.

Nous travaillerons en étroite collaboration pour atténuer tout préjudice, et nous prenons des mesures rapides pour garantir que les données sensibles des électeurs soient mieux protégées, afin que nous ne puissions jamais être achetés, jamais être piratés, et que nous n’assistions plus jamais à une élection volée. Demain, le secrétaire à la Sécurité intérieure tiendra un briefing pour présenter les travaux récents de son ministère confirmant les cybervulnérabilités de nos systèmes de vote électroniques.

Elles sont graves. Nous sommes en train d’informer les gouverneurs, les sénateurs et les membres du Congrès des problèmes potentiels dans leurs États. Si vous regardez le vote aujourd’hui, il est en si mauvais état dans tant d’États, et nous nous engageons à y remédier ; nous nous engageons également à travailler avec ces États et collectivités locales pour les aider à corriger et à colmater les vulnérabilités techniques connues avant les élections de mi-mandat.

Nous avons des élections très importantes qui approchent. Nous voulons que ces élections soient honnêtes. J’ai également ordonné au DHS de notifier chaque État de la présence de non-citoyens sur ses listes électorales et de leur enjoindre de retirer immédiatement tous les électeurs inéligibles de ces listes. Mais surtout, faire face à cette crise de la sécurité électorale exige que le Congrès adopte le SAVE America Act.

Comme c’est facile à faire, à moins que vous ne vouliez tricher. La seule raison de ne pas le faire, c’est que vous voulez tricher, parce que vos politiques sont si mauvaises et vos candidats si pathétiques que vous ne pouvez pas vous en sortir ou vous faire élire autrement. Cette loi historique exige que tous les électeurs présentent une pièce d’identité avec photo. Comme c’est simple, non ?

Puis-je avoir votre photo, s’il vous plaît ? Une pièce d’identité avec photo pour voter. Tous les électeurs doivent fournir une preuve de citoyenneté. Êtes-vous citoyen de notre pays, s’il vous plaît ? Et, espérons-le, il n’y aura plus de bulletins de vote par correspondance corrompus — qui, si vous avez regardé la Californie et tant d’autres endroits, sont intrinsèquement corrompus. Donc, plus de vote par correspondance, sauf en cas de maladie, de handicap, de déploiement militaire ou de déplacement, si vous partez en voyage d’affaires ou en vacances.

Le président américain a justifié la quasi-suppression du vote par correspondance prévue par le SAVE America Act en le qualifiant d’intrinsèquement corrompu. Selon la Brookings Institution, la fraude postale représenterait environ quatre cas pour dix millions de bulletins (0,000043 %). Et comme le note une journaliste de CBS, Trump a lui-même voté par correspondance cette année en Floride, prétextant ne pas pouvoir se déplacer, alors qu’il passait le week-end de vote anticipé à jouer au golf près de Mar-a-Lago.

Ces réformes sont nécessaires de toute urgence pour mettre fin aux vulnérabilités que j’ai mentionnées. À tous les Américains : je vous demande de prendre votre téléphone demain, d’appeler vos représentants à la Chambre et au Sénat, et d’exiger qu’ils adoptent le SAVE America Act sans délai. Ensemble, nous restaurerons la foi et la confiance dans notre pays, et nous serons plus grands, meilleurs et plus forts que jamais.

Merci. Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse notre grande armée. Et que Dieu bénisse l’Amérique. Merci beaucoup.

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