La dette intérieure contractée par Moscou pour financer sa guerre contre l’Ukraine devrait continuer d’augmenter cette année, en raison notamment de la hausse des dépenses de défense. Au cours des dix prochaines années, la Russie devrait ainsi allouer au moins 15 % de son PIB au paiement des intérêts sur sa dette, soit l’équivalent de l’encours total de sa dette publique 1.
- Selon des sources russes, les dépenses de défense pourraient dépasser de 5 000 milliards de roubles (60 milliards d’euros) soit une hausse de 40 % par rapport au le montant initialement prévu dans le budget.
- Le coût du service de la dette russe a été multiplié par trois depuis le lancement de l’invasion de l’Ukraine, en 2022, passant de 1 300 milliards de roubles (15 milliards d’euros) à 3 200 milliards l’an dernier (38 milliards d’euros).
- Cette année, Moscou devrait consacrer près de 4 000 milliards de roubles (48 milliards d’euros) pour sa dette, soit près de 9 % du budget fédéral, ce qui en fait le cinquième poste de dépense après la défense, la sécurité nationale, la politique sociale et l’économie.
Si la Russie présente un ratio dette/PIB inférieur à celui de nombreux pays (environ 16 %, contre 138 % en Italie, 118 % en France et 103 % en Espagne), le coût de la dette intérieure est élevé pour l’État.
- Malgré une baisse de 6,75 points par rapport au pic de 21 % atteint à l’été 2025, les taux directeurs de la Banque centrale restent deux fois plus élevés qu’avant la guerre.
- Les rendements des obligations d’État à long terme sont quant à eux proches de 15 %, soit environ le double de leurs niveaux sur la période 2017-2019.
- Ainsi, si le niveau de la dette russe est assez bas, Moscou a consacré en 2025 la même part de son budget au paiement des intérêts que le Royaume-Uni, dont la dette représente plus de 90 % du PIB.
En raison du coût élevé de la guerre, la chambre basse du Parlement russe a adopté début juin une loi autorisant le ministère des Finances à relever le plafond de la dette au-delà des 44 000 milliards de roubles (525 milliards d’euros) initialement prévus.
- Outre le financement de la guerre, la dette sert également à compenser la baisse des recettes pétrolières et gazières qui, malgré la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran, sont à leur niveau le plus faible niveau depuis 2023.
- Sur la période mars-mai, Moscou n’a perçu que 2 100 milliards de roubles pour ses ventes d’hydrocarbures, contre 2 700 milliards en 2025 et 3 300 milliards en 2024.
- Selon l’économiste allemand Janis Kluge, la part des recettes pétrolières et gazières est passée de 9 % du PIB en 2018 à 3,5 % au premier trimestre 2026. Cette baisse a été partiellement compensée par une hausse de la TVA, qui a été relevée à 22 % en début d’année, contre 20 % auparavant.
Sources
- « Russia Piles Up Debt as Costs of War in Ukraine Outrun Budget », Bloomberg, 18 juin 2026.