Le Somaliland, une ancienne région du Nord de la Somalie qui a déclaré son indépendance en 1991, actée par un référendum tenu en 2001, peine depuis 35 ans à faire reconnaître son indépendance. En décembre, Israël est devenu le premier pays membre des Nations unies à faire ce pas.
Six mois plus tard, mardi 16 juin, c’est à Jérusalem – et non à Tel-Aviv – qu’Hargeisa a ouvert sa première mission diplomatique dirigée par un ambassadeur.
- L’ouverture de l’ambassade s’est tenue durant une visite du président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi en Israël, au cours de laquelle il s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar et Netanyahou.
- La proximité affichée par Israël avec le Somaliland a fait l’objet en décembre d’une condamnation de la Somalie, de l’Union africaine et d’une dizaine de pays musulmans, parmi lesquels l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, qui craignent de voir l’émergence de nouveaux mouvements sécessionnistes.
- Les Émirats arabes unis et l’Éthiopie, deux pays qui ont signé des accords d’investissements portuaires avec Hargeisa ces dernières années, sont quant à eux restés silencieux.
Le rapprochement entre Israël et le Somaliland tient notamment à son positionnement géographique. Idéalement situé sur le golfe d’Aden, à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, le territoire se trouve à seulement 200 kilomètres des côtes yéménites, et offre ainsi à Israël un éventuel point d’ancrage stratégique à proximité de voies maritimes qui avaient été durablement perturbées par les Houthis en 2023.
- Pour Hargeisa, l’éventuel développement de liens sécuritaires avec Israël est à double tranchant : si le pays pourrait bénéficier de partenariats dans les domaines technologique et agricole, il pourrait également devenir une cible pour les Houthis.
- L’Éthiopie et les Émirats arabes unis sont les pays les plus susceptibles de suivre Israël en reconnaissant l’existence du Somaliland, tout comme le Kenya, qui a accueilli un nombre important de réfugiés de la région durant les années 1980.
Pour Hargeisa, le rapprochement opéré avec Israël pourrait également constituer un moyen de développer des liens avec les États-Unis. Bien que Washington ne reconnaisse pas le pays, la représentante américaine adjointe à l’ONU, Tammy Bruce, avait défendu fin décembre la décision d’Israël, dressant un parallèle avec la Palestine : « Plus tôt cette année, plusieurs pays, dont des membres de ce Conseil, ont pris la décision unilatérale de reconnaître un État palestinien inexistant, et pourtant aucune réunion d’urgence n’a été convoquée pour exprimer l’indignation de ce Conseil ».
- En ce sens, le président du Somaliland s’était engagé fin décembre à rejoindre les accords d’Abraham, le projet de normalisation des liens avec Israël poussé par Trump durant son premier mandat qui compte notamment les Émirats arabes unis.
- Le pays pourrait également être amené à jouer un rôle dans le projet israélo-américain pour Gaza en accueillant sur son sol des Palestiniens déplacés de force de l’enclave, selon Mogadiscio 1.
- Israël et le Somaliland ont toutefois démenti ces accusations.
Sources
- Faisal Ali, « Somali minister says Israel plans to expel Gaza Palestinians to Somaliland », Al Jazeera, 11 janvier 2026.