L’Allemagne n’est pas le seul grand pays industriel à souffrir d’une concurrence accrue de la Chine, avec la montée en gamme de ses produits et le développement de ses exportations dans des secteurs à plus haute valeur ajoutée comme l’automobile, la chimie ou les machines-outils.

  • Le Japon et la Corée du Sud en particulier partagent une grande proximité en termes de structure industrielle et d’exportations avec la Chine.
  • Ces deux pays, tout comme Taïwan, ont développé de fortes interdépendances commerciales avec Pékin, et ont longtemps bénéficié de sa croissance en lui fournissant des intrants – notamment les plus high-tech – et des équipements de production outils. 
  • Mais leur excédent commercial avec la Chine s’est réduit progressivement au cours de la dernière décennie à mesure que Pékin montait en gamme et développait son autosuffisance.

Cela n’est pas sans conséquence sur leurs industries.

  • Dans le secteur de l’automobile, le marché intérieur chinois s’est tourné vers les constructeurs nationaux, ce qui a entraîné une baisse des ventes des constructeurs étrangers.
  • En 2025, Hyundai n’a vendu que 128 000 véhicules en Chine, contre 502 000 en 2020. 
  • Toyota se distingue, car il parvient jusqu’à présent à maintenir ses ventes (1,8 million de véhicules par an).
  • Dans le même temps, la part de marché mondiale des constructeurs chinois dépasse désormais celle des constructeurs japonais. 
  • Sur le marché coréen, les marques chinoises représentent 33,6 % des ventes de véhicules électriques en 2025 1.

Cette dynamique ne se limite pas au secteur de l’automobile.

  • Dans le secteur de la chimie, la concurrence chinoise a notamment touché les producteurs japonais d’éthylène, qui cherchent désormais à regrouper leurs activités pour survivre 2.

Le sujet du second choc chinois ne s’est toutefois pas imposé dans le débat public de la même manière qu’en Europe, car ces pays sont portés par le boom de l’intelligence artificielle.

  • Taïwan profite ainsi de la demande de GPU, fabriqués par TSMC, et de serveurs, grâce à ses nombreux sous-traitants, dont Foxconn.
  • La Corée du Sud concentre la production de puces mémoires grâce à Samsung et SK Hynix, dont les prix ont été multipliés par plus de quatre depuis l’été 2021. 
  • Le Japon est également un producteur important de puces mémoire (Kioxia, usines Micron au Japon) et un grand fabricant d’équipements et de composants pour l’industrie des semi-conducteurs.

Le fait que les économies d’Asie de l’Est, en particulier Taïwan et la Corée du Sud, soient portées par le développement de l’intelligence artificielle et de la demande en semi-conducteurs et en électronique n’est pas sans risque. 

  • Dans sa dernière livraison d’analyse économique mensuelle, la Banque de Corée souligne la concentration accrue des exportations, qui dépendent de plus en plus du seul secteur de l’informatique. Les autres secteurs souffrent, eux, « de la concurrence chinoise et de la guerre commerciale américaine ».
Sources
  1. Ahn Sung-mi, « Chinese EVs surge, Japan retreats in Korea’s shifting auto rivalry », The Korea Herald, 4 mai 2026.
  2. Emi Okada, « Japan ethylene makers consolidate as China glut forces shutdowns », Nikkei Asia, 27 janvier 2026.