Dimanche 24 mai, le président français Emmanuel Macron a appelé son homologue biélorusse, Alexandre Loukachenko, afin de « le mettre en garde contre les risques de se laisser entraîner dans la guerre russe contre l’Ukraine ». Quelques heures plus tôt, la Russie lançait l’une de ses attaques aériennes les plus importantes depuis le début de l’année, ciblant notamment Kiev et sa banlieue avec un missile Oreshnik.

Il s’agissait du premier contact direct entre le président français et Loukachenko depuis 2022.

  • Malgré la proximité de la Biélorussie avec Moscou, qui relève d’une quasi-vassalisation, Minsk s’est efforcé de minimiser son rôle dans la guerre de Poutine depuis le lancement de l’invasion à grande échelle en 2022. 
  • Si la présence russe sur son territoire est importante, l’espace aérien biélorusse n’a que rarement été utilisé par l’armée russe pour lancer des frappes de drones et de missiles sur l’Ukraine ces derniers mois.

Les dirigeants militaires biélorusses dénoncent régulièrement la « menace militaire » qui pèserait sur le pays en raison des « hostilités » entre la Russie et l’Ukraine. Mardi 26 mai, le secrétaire d’État du Conseil de sécurité biélorusse, Alexandre Volfovich, a accusé Kiev de tenter d’endommager des infrastructures en lançant des drones au-dessus du territoire biélorusse.

La situation à la frontière entre l’Ukraine et la Biélorussie n’a jamais été apaisée depuis que Moscou a utilisé le territoire biélorusse pour lancer son invasion en février 2022.

  • Ces tensions interviennent toutefois dans un contexte de fort ralentissement de l’avancée russe sur le front et d’une pression constante exercée par l’Ukraine via ses frappes de drones en profondeur sur le territoire russe.
  • Le 15 mai, Volodymyr Zelensky avait déclaré que Moscou essayait « d’impliquer davantage la Biélorussie dans la guerre contre l’Ukraine », notamment via le lancement d’opérations depuis le territoire biélorusse en direction de Tchernihiv et de Kiev 1.

L’armée biélorusse compte actuellement 45 000 à 50 000 hommes, soit légèrement plus que le « groupe d’invasion nord », composé de soldats russes, qui avait tenté d’atteindre Kiev en février 2022 en partant du territoire biélorusse (35 000 à 37 000 hommes) 2.

  • À ce stade, le scénario le plus probable pourrait être une augmentation de la fréquence et du nombre de drones russes lancés sur l’Ukraine depuis le territoire biélorusse.
  • Les accusations du lancement par Kiev de drones sur ses infrastructures pourrait être mobilisé par Minsk pour justifier des frappes de représailles, notamment contre les routes utilisées par l’armée ukrainienne dans le nord-ouest du pays, qui relient Kiev à la Pologne.