Le 26 mai, le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a déclaré lors d’une réunion réunissant des acteurs du secteur de l’énergie que le gouvernement travaillait à des mesures pour garantir l’approvisionnement du marché intérieur en produits pétroliers, alors que les frappes ukrainiennes de drones sur les raffineries et les terminaux exercent une pression considérable sur les capacités de raffinage.

  • Selon des sources citées par Interfax, Moscou serait en train de se préparer à décréter une interdiction des exportations de diesel et de kérosène 1.
  • À l’issue de cette réunion, les entreprises pétrolières ont été « invitées » à diminuer leurs exportations vers l’étranger, potentiellement en préparation de cette décision.
  • Le gouvernement avait déjà mis en place en avril une interdiction d’exportation d’essence, qui devrait prendre fin le 31 juillet.

Les frappes ukrainiennes de drones ont conduit à une chute des capacités russes de raffinage de pétrole brut, qui sont tombées à 4,69 millions de barils par jour en avril, selon les données d’OilX, contre 5,34 millions de barils il y a un an – soit une baisse de 12 %. 

La dégradation des capacités de la défense antiaérienne russe et l’amélioration des capacités ukrainiennes en matière de drones ont rendu le secteur énergétique particulièrement vulnérable. 

  • Entre le 1er janvier et le 21 mai, au moins 32 frappes ukrainiennes ont endommagé des raffineries russes, selon le média Вот Так, contre 24 en 2025 2.

L’interdiction des exportations de diesel et de kérosène conduirait à une baisse des recettes perçues par le Kremlin, mais pourrait également avoir un impact sur les prix mondiaux, la Russie exportant environ 40 % de sa production.

  • Les dégâts provoqués par les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques ont déjà conduit à la mise en place de mesures de rationnement en Crimée, occupée par la Russie depuis 2014.
  • Le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, a annoncé le 22 mai la mise en place d’une limite d’achat de 20 litres par véhicule dans les stations-services du groupe TES 3.
  • L’an dernier, la campagne aérienne ukrainienne avait provoqué des pénuries de carburant dans la région de Louhansk, occupée à 99 % par l’armée russe.