Selon des renseignements américains classifiés cités par Axios, Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires auprès de la Russie et de l’Iran depuis 2023 et les aurait stockés dans des positions stratégiques à travers l’île. Des officiers cubains auraient commencé à discuter de scénarios d’attaques contre la base américaine de Guantánamo, des navires de guerre, voire contre Key West, en Floride.  

  • Selon un responsable américain, La Havane chercherait à comprendre comment l’Iran résiste à l’opération américaine. 
  • Si les officiels américains ne considèrent pas Cuba comme une menace imminente, ce rapport pourrait servir de prétexte pour lancer une opération dans le pays 1

Depuis la capture de Maduro le 3 janvier, les États-Unis ont considérablement accru la pression sur Cuba.

  • Dès l’arrestation de Maduro, Trump a déclaré : « Plus d’argent ni de pétrole pour Cuba. »
  • Le 29 janvier, le président américain avait menacé d’appliquer des droits de douane à tout pays fournissant du pétrole à Cuba. Le Mexique, alors premier fournisseur de l’île, a cessé ses livraisons sous la pression américaine.
  • Le 1er mai, Trump a renforcé les sanctions visant les personnes et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et d’autres secteurs de l’île, ainsi que toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme » 2.
  • Le 7 mai, Marco Rubio a désigné le conglomérat militaire GAESA, décrit comme « le cœur du système communiste kleptocratique cubain », ainsi que sa présidente et la compagnie minière Moa Nickel S.A., bloquant leurs actifs et interdisant toute transaction financière ou commerciale avec elles 3

Le blocus imposé depuis le début de l’année a réduit les importations de pétrole cubaines de 80 à 90 %. Seul un pétrolier russe a été autorisé à livrer 730 000 barils en mars. Le 13 mai, le ministre cubain de l’Énergie a annoncé que le pays avait totalement épuisé ses réserves de gazole et de fioul, indispensables au fonctionnement de ses centrales électriques.

Le 14 mai, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu à Cuba, où il a notamment rencontré Raulito Castro.  

  • Si l’administration républicaine a déclaré à plusieurs reprises souhaiter un changement de régime à La Havane, Ratcliffe aurait souligné que la coopération était possible si le gouvernement procédait à des « changements fondamentaux » et aurait appelé les responsables cubains à tirer les leçons de l’opération du 3 janvier qui a renversé Nicolás Maduro au Venezuela. 
  • Dans le même temps, les vols de surveillance américains se multiplient au large des côtes cubaines 4.
  • Mi-avril, Trump avait déclaré : « On s’arrêtera peut-être à Cuba quand on aura fini avec ça [l’Iran] ». 
  • Le 7 mai, le président brésilien Lula a toutefois déclaré que Trump n’avait pas l’intention d’envahir l’îles 5

Une intervention militaire américaine à Cuba constituerait la confrontation la plus grave entre Washington et La Havane depuis la crise des missiles de 1962 mais aussi un test pour la géopolitique hémisphérique de Trump.

  • Ce mercredi, 20 mai, soit le jour de l’idépendance de Cuba, l’administration américaine prévoit de rendre public un acte d’accusation fédéral visant Raúl Castro pour le meurtre de quatre membres de l’organisation Brothers to the Rescue en 1996.