Seulement 6 navires ont traversé le détroit d’Ormuz jeudi 30 avril, entre minuit et 15h (Paris), soit un chiffre relativement stable ces deux dernières semaines. Si le trafic maritime entre le golfe Persique et d’Oman continue à un rythme ralenti, aucun pétrolier lié à l’Iran n’est sorti du détroit ces derniers jours, selon l’entreprise d’intelligence économique Kpler 1.
- Cela ne signifie pas pour autant que le pétrole iranien n’est plus exporté vers l’océan Indien : suite à l’imposition du blocus américain, plusieurs dizaines de pétroliers liés à l’Iran, mais naviguant sous des pavillons d’autres pays, ont réussi à sortir du détroit d’Ormuz.
- Les chiffres de LSEG indiquent toutefois que l’Iran n’a exporté en moyenne que 0,5 million de barils de brut par jour depuis le début du mois d’avril, soit quatre fois moins qu’en février.
- Les réserves iraniennes de pétrole sont actuellement pleines à environ 60 %, ce qui devrait contraindre Téhéran à commencer à réduire sa production au cours des prochaines semaines.
Le blocus a des coûts importants aussi pour Washington, qui a dépensé 25 milliards de dollars depuis le début de la guerre, le 28 février.
- Si les munitions représentent une part significative de ces dépenses, la marine américaine dispose de plusieurs dizaines de navires déployés à proximité des côtes iraniennes, dont 3 porte-avions (l’USS Gerald R. Ford, l’USS George H.W. Bush et l’USS Abraham Lincoln).
- Le Ford, qui est en mer depuis plus de 300 jours, devrait quitter le théâtre d’opérations au cours des prochains jours.
Après avoir rejeté hier, mercredi 29, une proposition iranienne visant à ouvrir le détroit en échange de la levée du blocus américain – mais en différant les négociations nucléaires –, Donald Trump devrait être briefé aujourd’hui, jeudi 30, par l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain, sur de nouvelles options militaires 2.
Le dernier briefing similaire reçu par Trump de Cooper remonte au 26 février, soit deux jours avant le lancement de la guerre.
À ce stade, trois principales options semblent être à l’étude :
- une nouvelle série de frappes aériennes « courtes et massives » contre des infrastructures clef ;
- une prise de contrôle par l’armée américaine d’une partie du détroit d’Ormuz, afin de permettre le retour du trafic ;
- ou bien une opération des forces spéciales qui viserait à extraire les réserves d’uranium hautement enrichi du régime.
Le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré aujourd’hui, jeudi 30, que le régime ne comptait pas renoncer à ses « technologies de pointe », soit ses programmes nucléaire et balistique, et qu’il comptait maintenir son contrôle sur le détroit d’Ormuz.
- Des négociations entre les États-Unis et l’Iran sont toujours en cours via l’intermédiaire du Pakistan.
- Téhéran pourrait soumettre d’ici demain une proposition révisée.
- À 115 dollars, le prix du baril de Brent est à son niveau le plus élevé depuis le début de la guerre, le 28 février.
Sources
- Nerijus Adomaitis et Ahmad Ghaddar, « US naval blockade squeezes Iran’s oil exports, forces crude onto floating storage », Reuters, 30 avril 2026.
- Barak Ravid, « Commanders to brief Trump on new Iran military options Thursday », Axios, 30 avril 2026.