Essais

Adam Curtis la vérité est dans ces poireaux

Ce n’est pas à Tchernobyl, ni dans les livres d’Ulrich Beck que réside la clef de la crise de notre temps. Un essai du plus génial cinéaste de la BBC.

Si cet essai est avant tout prétexte à exhumer un magnifique document d’archive sur les légumes, c’est aussi un moyen de montrer comment la science moderne a radicalement changé le monde d’une manière qui n’a pas encore été pleinement comprise.

Avec les nouveaux mondes qu’elle se donnait pour défi de créer, la science est passée d’une source extraordinaire de promesses à une force puissamment conservatrice, qui freine le progrès et tend à maintenir les individus sous cloche. 

Les légumes — pas n’importe lesquels — ont joué un rôle étrange dans cette entreprise de divulgation.

Notons qu’il existe deux univers scientifiques parallèles. L’un correspond au travail quotidien des scientifiques, qui mènent patiemment des recherches aux quatre coins du monde, dans l’espoir de faire des découvertes extraordinaires — qu’ils font parfois.

L’autre aspect concerne le rôle que joue la science dans l’imaginaire collectif, à travers l’influence considérable qu’elle exerce sur la façon dont des millions d’individus perçoivent le monde.

Souvent, ces deux planètes convergent et les scientifiques peuvent nous donner un aperçu de leurs découvertes extraordinaires. Mais il arrive parfois que les scientifiques se piquent de politique et de réforme sociale, par l’intermédiaire même de leurs travaux. C’est à ce moment précis que la science fait l’objet d’une mutation radicale. 

C’est ce qui s’est produit de manière spectaculaire dans la seconde moitié du XXe siècle. La science a joué un rôle prépondérant pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, des scientifiques ambitieux ont promis de bâtir un monde nouveau.

Mais, dès les années 1970, il est apparu clairement que cela entraînerait des conséquences imprévues. Tout a commencé par la pollution chimique, notamment le DDT, qui décimait la faune et les écosystèmes. 

Il revient cependant à l’énergie nucléaire d’avoir véritablement brisé cette confiance optimiste que les individus plaçaient dans la science. 

Évidemment, il y a eu Tchernobyl — on y reviendra. Mais c’est en réalité avant cela, avec l’accident nucléaire de Three Mile Island survenu aux États-Unis en 1979, que commence à s’installer une profonde méfiance envers l’idée que la science et les experts technocrates pourraient bâtir un monde meilleur.

Le rassemblement antinucléaire organisé à New York, au lendemain de cet incident, illustre bien ce changement d’état d’esprit. 

Jane Fonda y fait une apparition remarquée, et son interview restitue parfaitement l’atmosphère de l’époque. J’aime tout particulièrement la chanson contestataire qui conclut l’événement, comme vous pouvez le voir dans ce document d’archive.

« Donne-moi simplement la force tumultueuse du vent,

Donne-moi la lueur réconfortante d’un feu de bois,

Mais, je t’en prie, emporte avec toi toute ta puissance atomique empoisonnée »

Si on peut accuser les scientifiques d’avoir fait preuve de naïveté, la réaction hostile qui s’en est suivie l’était tout autant.

En réalité, ce n’était peut-être pas la science elle-même qui était en cause, mais la façon dont elle se trouvait déformée et corrompue par les impératifs économiques et politiques qu’on lui imposait.

Voici un extrait de film que j’ai réalisé sur les manquements qui ont ponctué la construction des premiers grands réacteurs nucléaires. 

Il montre comment les entreprises chargées de leur construction — comme General Electric — subissaient d’énormes pressions économiques et politiques dans le contexte de la guerre froide. De même, les ingénieurs ont conçu des systèmes gigantesques, dont ils savaient qu’ils pouvaient présenter des risques.

Puis survint la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Tous les soupçons accumulés au fil des années à l’égard de la science et de sa capacité à repousser les frontières se sont soudain trouvés confirmés au grand jour. La science cessait d’être la solution ; elle devenait le problème.

Un homme a su analyser ce basculement avec une force singulière. 

Il s’agit d’un politologue allemand, Ulrich Beck, auteur d’un ouvrage intitulé La Société du risque et publié juste avant l’explosion de Tchernobyl. Au lendemain de la catastrophe, le livre a saisi l’imaginaire collectif et n’a cessé, depuis, d’exercer une influence considérable sur la pensée sociale et politique en Occident.

La force du livre tenait à un regard neuf posé sur le monde. Beck y affirmait que les scientifiques et les technologues, à travers leurs projets gigantesques, n’avaient nullement bâti l’avenir radieux qu’ils annonçaient. Presque sans s’en apercevoir, ils avaient accompli exactement l’inverse : ils avaient multiplié les dangers.

Beck utilisait le mot « risque » car, selon lui, les scientifiques avaient « fabriqué des risques ».

Autrefois, les principales menaces qui pesaient sur les sociétés humaines venaient de phénomènes naturels exceptionnels — tremblements de terre, éruptions volcaniques, tempêtes. Désormais, elles trouvaient leur source dans l’ingéniosité et l’ambition mêmes de l’homme. Une large part de ce qui avait été créé dans les dernières années par la science recelait des effets secondaires capables de menacer le monde entier, à l’image des retombées radioactives et des catastrophes écologiques.

Le monde avait basculé. Ce n’était plus la nature qui menaçait l’existence humaine : c’étaient la science et la technologie elles-mêmes, désormais capables de détruire la nature et la planète tout entière. Et le phénomène n’allait pas s’arrêter de sitôt — il s’agissait d’un danger non seulement nouveau, mais croissant.

Cela signifiait, selon Beck, une transformation inévitable du rôle même de la politique. Autrefois, les responsables politiques avaient pour ambition première de bâtir une société plus juste, plus égalitaire. Cet horizon s’éloignait. Dans la nouvelle « société du risque », leur priorité serait désormais d’assurer la sécurité.

Beck n’y est pas allé par quatre chemins :

« Tandis que l’utopie de l’égalité est riche d’une quantité d’objectifs de transformation sociale à contenu positif, l’utopie de la sécurité reste singulièrement négative et défensive : au fond, il ne s’agit plus d’atteindre quelque chose de ‘bien’, mais simplement d’empêcher que ne se produise le pire. Le rêve de la société de classes est le suivant : tous veulent et doivent avoir leur part du gâteau. L’objectif que poursuit la société du risque est différent : tous doivent être épargnés par ce qui est toxique. »

«  Vous auriez peut-être plus de chances de vivre plus longtemps si vous vous unissiez et utilisiez ce pouvoir collectif pour changer la société. De quoi s’amuser un peu plus que de compter laborieusement ses légumes.  »

Ces mots ont été écrits en 1986 — et ils sont d’une remarquable clairvoyance. Car ce court paragraphe décrit assez fidèlement les conceptions politiques qui ont aujourd’hui cours dans notre société. Un monde où chacun évalue en permanence les risques que présente sa propre vie, tandis qu’on attend des responsables politiques qu’ils anticipent et évitent tous les dangers futurs.

Parallèlement, tout le monde abandonne le projet de faire advenir l’égalité, ce qui permet aux inégalités de se développer considérablement.

Le livre de Beck, qui se réclame de la gauche libérale, est extraordinaire et mérite d’être relu aujourd’hui. Pourtant, sa thèse revient à dire ceci : face aux nouveaux risques potentiels, il faudra renoncer à l’idée politique de progrès et de réforme sociale, pour adopter une posture purement défensive et ainsi anticiper tous les dangers qui pourraient surgir de l’obscurité.

Beck reste évasif sur la nature exacte de cette société anxieuse et pessimiste, qui découlera de cette nouvelle approche politique. En revanche, il en affirme le caractère inéluctable. Son livre offre ainsi, presque malgré lui, le portrait très lucide d’un état d’esprit libéral qui, à la fin des années 1980, s’est replié dans un pessimisme morose et un peu hautain, dont la seule réaction face au monde tient en une exclamation : « Oh la la. »

Qu’est-ce qui est à l’origine de ce basculement ? 

Je me demande s’il ne s’agit pas de la frustration d’une génération qui, voyant sa jeunesse s’évanouir et incapable d’accepter sa propre mortalité, a commencé à projeter ses angoisses sur le reste de la société. Des penseurs comme Beck ont ensuite transformé ce ferment en une vaste idéologie pessimiste.

Je vous invite à regarder et à méditer ce document exceptionnel. 

C’est un film tourné sur le vif, lors des événements de 1986, qui révèle de manière saisissante à quel point notre rapport au risque était, autrefois, différent. On y suit un groupe de techniciens soviétiques, qui se sont portés volontaires pour pénétrer dans le cœur du réacteur détruit de Tchernobyl, au lendemain de la catastrophe.

L’épisode est saisissant : toutes les personnes que vous voyez dans ces images savaient qu’elles allaient mourir. Le film le montre crûment — leur protection contre les radiations se résumait à quelques bouts de scotch sur les poignets et les chevilles, et guère plus. Pourtant, ils sont entrés. C’était le seul moyen de comprendre comment maîtriser la catastrophe.

L’étonnement suscité par ces images s’explique par le fait que ces hommes appartiennent visiblement à un autre temps. Pour eux, le risque n’a pas vraiment de sens. Ils croient en quelque chose de plus grand — quelque chose qui dépasse leur propre vie. On y découvre aussi cette caméra télécommandée, absolument géniale, montée sur un char miniature, dont les images sont d’une beauté frappante.

Le concept de « société du risque » fait de la science et de la technologie modernes les grandes responsables de ces nouveaux périls — et, du même coup, leur porte un coup décisif.

En effet, l’ère du risque a permis à la science de se renouveler. Une nouvelle génération de scientifiques s’est fait entendre, affirmant savoir analyser les dangers et anticiper les risques. Renonçant à l’ambition de bâtir un avenir radieux pour la planète, ils s’attacheront plutôt à préserver la sécurité mondiale, en détectant les dangers avant même qu’ils ne se concrétisent.

Ce fut le point de départ d’une science moderne, qui imprègne aujourd’hui le monde contemporain, dont je ne pense pas que nous ayons encore pleinement pris la mesure. Elle est désormais au cœur de tous les domaines — de la médecine et de la santé publique au changement climatique, en passant par la finance et l’État-providence — et même de la prévention du terrorisme et de la criminalité.

Ce que font les scientifiques et les technologues, c’est rechercher des schémas, des liens et des corrélations dans de vastes quantités de données. Cette pratique a marqué l’imaginaire collectif, principalement grâce aux rapports réguliers qui établissent des liens entre certaines maladies et le comportement humain. Les journalistes en raffolent — l’un de mes préférés est un rapport scientifique qui affirme que le fait de ronfler favorise le risque de cancer.

On ne peut nier, pourtant, que cette science repose sur des fondements solides. C’est précisément ce type de recherche des corrélations en présence qui a permis aux scientifiques de prouver l’existence d’un lien réel entre tabagisme et cancer. Ces études scientifiques ont changé le monde et ont sauvé des millions de personnes d’une mort prématurée.

C’est grâce à ce genre de travaux que la science moderne a pu renaître sous une forme différente — et redevenir un pilier de la société —, car elle nous mettait désormais en garde contre les dangers.

Mais cette approche scientifique présente une faiblesse, qui peut la rendre susceptible d’être influencée et manipulée par des forces sociales et politiques plus larges.

En effet, lorsque l’on recherche des corrélations, on n’a souvent aucune idée réelle de la raison pour laquelle un phénomène se produit — on constate simplement qu’il existe un lien quelconque. D’où la mise en garde classique : « corrélation n’implique pas causalité ».

«  Un documentaire réalisé en 1972 se concentre sur un concours de culture de poireaux à Newcastle. C’est très kitsch  : on y voit plein d’hommes discuter de la longueur et du diamètre de leurs poireaux.  »

Les scientifiques le savent très bien — et ils s’efforcent constamment de vérifier si la corrélation est réelle ou fallacieuse, en tenant compte de toutes sortes de variables. Ils recherchent les facteurs cachés qui pourraient réellement être à l’origine d’un phénomène et tentent d’ajuster les données en fonction de ceux-ci. Ils ont même appelé ces facteurs cachés, les « facteurs de confusion résiduels ».

Le problème, cependant, c’est qu’ils essaient sans cesse d’imaginer quelles sont ces variables cachées — et le choix de ce qu’on imagine ou non est inévitablement influencé par une vision plus large du monde, tant sur le plan social que politique.

C’est ce qui nous amène à la question des légumes. 

Il y a quelques années, un rapport scientifique a été publié, qui illustre très clairement ce danger.

Émanant de l’University College London, il indiquait que les personnes qui consomment sept portions de légumes ou plus par jour — au lieu des cinq portions recommandées — vivent plus longtemps. Et il ne s’agit pas seulement d’une légère prolongation de la durée de vie : l’un des auteurs du rapport a déclaré que l’effet était « stupéfiant ».

Ces affirmations ont fait mouche. Selon ce rapport, consommer jusqu’à cinq portions par jour réduirait le risque de décès de 29 %, mais en consommer sept ou plus réduirait ce risque de 42 %.

En conséquence, ce rapport a fait l’objet d’une large couverture médiatique, certains estimant que les recommandations nationales devaient être modifiées. Voici quelques exemples des programmes télévisés et des articles de presse qui y ont été consacrés.

Mais, en examinant le rapport de plus près, deux éléments plutôt surprenants apparaissent.

Premièrement, les données ne sont pas suffisamment solides pour étayer les conclusions catégoriques des chercheurs. Comme me l’a confié un scientifique n’ayant aucun lien avec ce rapport, il s’agit bien plus d’un vœu pieux que d’une conclusion scientifiquement prouvée.

Deuxièmement, les scientifiques à l’origine de cette étude ont peut-être ignoré une autre conclusion — très différente — que ces données pourraient suggérer. À savoir que, si l’on veut vivre plus longtemps, il faudrait rien moins que changer la société.

Pour rédiger ce rapport, les chercheurs se sont appuyés sur les données des enquêtes de santé menées en Angleterre. Chaque année, un échantillon aléatoire de personnes est interrogé sur son mode de vie, et l’une des rubriques leur demande quelle quantité de fruits et légumes ils ont consommée au cours des dernières vingt-quatre heures.

Les chercheurs ont utilisé les réponses issues d’une de ces enquêtes datant d’il y a douze ans et ont comparé les données relatives à la consommation de fruits et légumes avec la liste des personnes décédées au cours des douze dernières années. Tout simplement. Le rapport s’appuyait sur ce que soixante-cinq mille personnes avaient déclaré avoir mangé un seul jour, il y a longtemps.

J’ai interrogé le professeur Tom Sanders, professeur de nutrition au King’s College de Londres, sur les recherches qui ont donné lieu au rapport.

Il s’est montré assez cinglant. Les données sont douteuses, a-t-il déclaré avec malice, car il n’y a aucun moyen de savoir si les personnes interrogées ont menti : « Les hommes mentent sur le tabac. Les femmes mentent sur les légumes. »

Mais ce qui est bien plus important, a-t-il ajouté, c’est qu’ils aient pu mal interpréter les données. La raison pour laquelle certaines personnes interrogées vivent plus longtemps n’a peut-être aucun lien direct avec le fait de manger davantage de légumes. Il se pourrait simplement que manger davantage de légumes soit une habitude propre aux personnes issues de milieux sociaux plus favorisés.

Or, les personnes issues des classes sociales supérieures ont tendance à vivre plus longtemps — en raison de toutes sortes d’autres facteurs, comme l’accès à de meilleurs soins de santé tout au long de leur vie, moins de stress, le fait de vivre dans des quartiers plus agréables et moins pollués. Toutes ces choses que l’on a tendance à obtenir quand on a plus d’argent et plus de liberté.

J’ai fait remarquer au professeur Sanders que les chercheurs avaient indiqué dans le rapport qu’ils avaient « ajusté les données en fonction de la classe sociale ». Mais il a rejeté cette affirmation, affirmant que les données utilisées pour ce faire étaient « incroyablement faibles » et parfois inexistantes.

Et si vous lisez le rapport, vous trouverez, enfouie quelque part, une admission selon laquelle l’une des corrélations les plus frappantes — à savoir que les personnes qui mangent des fruits en conserve plutôt que des fruits frais meurent beaucoup plus tôt — pourrait être due à un tout autre facteur.

Il n’y a absolument rien de mal à manger sainement et il est tout à fait judicieux de consommer régulièrement des fruits et des légumes.

Mais il y a autre chose qui se joue ici. Les scientifiques à l’origine de ce rapport abondent dans le sens de nos craintes et nous disent qu’il faut manger encore plus d’aliments sains pour éviter de mourir prématurément. Alors qu’en réalité, les données pourraient indiquer tout le contraire.

Pour éviter de mourir prématurément, il faut réformer et restructurer la société, afin que les personnes défavorisées aient davantage accès non seulement à une meilleure alimentation, mais aussi à toutes les opportunités dont bénéficient les plus aisés. Il s’agit là d’un ensemble de facteurs sociaux, allant des soins de santé, du logement et de l’éducation à l’isolement social, au stress, au chômage et aux professions à haut risque. Ce sont ces éléments-là qui influent également sur l’espérance de vie.

Tout mettre sur le dos des légumes est injuste.

La science et les scientifiques accomplissent toutes sortes de choses merveilleuses. Mais, lorsqu’ils s’aventurent dans le monde social et politique, ils ont tendance à se plier à la direction dans laquelle souffle le vent idéologique.

Autrefois, c’était pour soutenir les politiciens qui cherchaient à étendre leur pouvoir en remodelant la société. Aujourd’hui, à l’ère de l’individualisme, c’est pour nous maintenir à notre place, en promouvant l’idée que nous devrions simplement nous concentrer sur nous-mêmes et notre corps. Et ne pas penser aux problèmes plus larges que sont les inégalités croissantes et les injustices qu’elles engendrent.

Les scientifiques nous disent : « Allez, mangez une banane ou un chou de plus, et tout ira bien. » Ils font porter tout le poids de la responsabilité sur l’individu isolé.

De tels rapports — et ils sont nombreux — nous maintiennent prisonniers des angoisses de la « société du risque ». En réalité, vous auriez peut-être plus de chances de vivre plus longtemps si vous vous unissiez et utilisiez ce pouvoir collectif pour changer la société. De quoi s’amuser un peu plus que de compter laborieusement ses légumes.

En guise de joyeux antidote à tout cela, voici un magnifique film sur les légumes. 

Il s’agit d’un documentaire réalisé en 1972 sur un concours de culture de poireaux à Newcastle. C’est très kitsch : on y voit plein d’hommes discuter de la longueur et du diamètre de leurs poireaux. Il est également tout entier consacré aux statistiques et aux chiffres, car ce sont les mesures qui détermineront le vainqueur. 

Mais, dans ce cas, il ne s’agit pas d’une peur de la mort. 

Il s’agit uniquement de fierté et de gloire liées aux légumes, parmi des hommes qui mènent une vie des plus malsaines, fumant et buvant sans arrêt, tout en parlant de leurs poireaux bien-aimés.