Selon des chiffres de la plateforme Vortexa cités hier, mardi 21, par le Financial Times, au moins 19 pétroliers liés à l’Iran ont franchi le blocus américain pour quitter le golfe Persique depuis le 13 avril, tandis que 15 autres y sont entrés. Parmi ceux qui sont sortis, au moins 6 transportaient du brut iranien, pour un total de 10,7 millions de barils 1.
Ce niveau d’exportation est sensiblement similaire à celui observé avant l’entrée en vigueur du blocus.
- Kpler, une entreprise d’intelligence économique, estimait qu’environ 1,2 million de barils de brut iranien sortaient chaque jour du détroit d’Ormuz dans les semaines qui avaient suivi le lancement de la guerre israélo-américaine, le 28 février 2.
- Si ce chiffre est inférieur aux 1,5 millions de barils exportés en moyenne chaque jour par l’Iran avant le début de la guerre, il est resté stable depuis l’imposition du blocus maritime par les États-Unis, le 13 avril.
- Sur une moyenne mobile de 4 semaines, les chiffres de Vortexa ne laissent en effet — pour l’instant — voir aucun impact significatif du blocus sur les exportations de brut iranien.
Ces chiffres contredisent les propos de Donald Trump, qui a affirmé dans la nuit de mardi à mercredi 22 que le détroit était « complètement fermé », causant une perte économique de 500 millions de dollars par jour pour Téhéran. Ils pourraient également mettre au jour les failles de la stratégie américaine visant à asphyxier le régime iranien pour le contraindre à un accord.
- Le président américain a déclaré hier, mardi 21, que la trêve avec l’Iran resterait en vigueur indéfiniment « jusqu’à ce que ses dirigeants et représentants parviennent à présenter une proposition commune ».
- Or, depuis l’arrêt des combats, Téhéran exerce un contrôle quasi-total sur le détroit d’Ormuz et impose un droit de péage aux navires tout en bénéficiant d’un prix du baril plus élevé.
- Mercredi 22, les Gardiens de la révolution islamique ont saisi deux navires commerciaux, le MSC Francesca et l’Epaminondas, les accusant d’avoir tenté de traverser le détroit sans avoir sollicité leur autorisation.
- Dans le même temps, au moins 2 superpétroliers iraniens, le Hero II et le Hedy, capables de transporter conjointement 4 millions de barils de brut, tentaient de forcer le blocus américain.
Le trafic à Ormuz est toujours quasiment à l’arrêt. Entre minuit et 16h (Paris), seulement quatre navires sont passés par le détroit mercredi. Plusieurs navires ont renoncé à tenter la traversée suite à l’attaque du MSC Francesca et de l’Epaminondas, dont l’Ocean Jewel, un pétrolier chargé revendiquant un propriétaire chinois, et le CStar Voyager, un cargo.
Sources
- Alice Hancock et Nassos Stylianou, « Iranian tankers bypass US blockade », Financial Times, 21 avril 2026.
- Weilun Soon, « Iran Moves Its Own Oil Through Hormuz as It Chokes Other Traffic », Bloomberg, 18 mars 2026.