Le cacao est l’une des matières premières dont le prix a le plus chuté. D’un pic à plus de 12 000 dollars en décembre 2024, la tonne de cacao s’échange désormais contre 3 300 dollars environ au 1er avril à la bourse de New York. Malgré cette baisse, le prix du chocolat vendu en magasin devrait continuer d’augmenter.

  • En France, l’UFC-Que Choisir estime que les friandises chocolatées coûteront en moyenne 4 % plus cher que l’an dernier (et 36 % de plus qu’en 2022).
  • En Suisse, le lapin de Pâques recouvert d’un emballage doré sera vendu 20 % plus cher cette année qu’en 2025, soit une hausse de 1 franc suisse pour un chocolat de 100 grammes.
  • Au Royaume-Uni, le prix des œufs de Pâques à la crème de Cadbury a augmenté de 81 % depuis 2023, selon une étude de l’Energy and Climate Intelligence Unit 1.

La hausse des prix de l’hiver 2024 a entraîné un effondrement de la demande. Conjuguée à une hausse de la production, cette situation a permis d’équilibrer le marché : l’excédent de cacao pour la saison a atteint 400 000 tonnes, soit son niveau le plus élevé depuis au moins les années 1980 2.

  • Toutefois, comme les entreprises fixent les prix de livraison plusieurs mois à l’avance pour se protéger des fluctuations, les fabricants continuent d’acheter du cacao à des prix supérieurs à ceux du marché.
  • Puisqu’ils bénéficient moins de la baisse des prix, ils ont également moins de marge de manœuvre.

Les crises et guerres successives ainsi que le réchauffement climatique contribuent à faire du chocolat un produit de luxe qui pourrait devenir de plus en plus rare — et de plus en plus cher. 

L’an prochain, les récoltes de cacao pourraient être davantage perturbées par le retour du phénomène El Niño, qui apporte un temps chaud et sec en Afrique de l’Ouest, où se trouvent deux des principaux producteurs au monde : la Côte d’Ivoire et le Ghana.

  • L’augmentation des températures — et notamment la multiplication des vagues de chaleur extrême — pourrait conduire à une augmentation du prix des denrées alimentaires allant jusqu’à 3 % par an à partir de 2035 3.
  • Lors de la vague de chaleur qu’a subi l’Europe au cours de l’été 2022, la hausse des températures avait contribué de 0,43 à 0,93 points de pourcentage à l’augmentation du prix des denrées alimentaires.
Sources
  1. Easter Eggflation, Energy and Climate Intelligence Unit, 25 mars 2026.
  2. Mumbi Gitau et Ekow Dontoh, « Cocoa’s Boom and Bust Is Rewriting Long-Held Rules of the Market », Bloomberg, 14 février 2026.
  3. Kotz, Maximilian, Kuik, Friderike, Lis, Eliza, et al. « Global warming and heat extremes to enhance inflationary pressures », Communications Earth & Environment, 2024, vol. 5, n°1.