Le 21 mai, le secrétaire de la Marine américaine, Hung Cao, a annoncé que Washington mettait en pause ses ventes d’armes à Taïwan afin de « s’assurer de disposer de munitions suffisantes » pour la guerre contre l’Iran. Quelques jours plus tôt, Pékin signalait son intention de refuser une visite cet été du sous-secrétaire à la politique de Défense, Elbridge Colby, si Washington approuvait une vente d’armes de 14 milliards de dollars à Taipei 1.

  • Donald Trump a déclaré avoir discuté de cette vente avec Xi Jinping lors de sa visite à Pékin, du 13 au 15 mai, au cours de laquelle le président chinois avait averti Washington que si « la question de Taïwan était mal gérée », les États-Unis et la Chine risquaient un « affrontement » qui pourrait « plonger les relations sino-américaines dans une situation très dangereuse ». 2
  • Lors de son retour, Trump avait affirmé toutefois ne pas avoir pris de décision, et ce alors que le contrat, qui comprend notamment des missiles intercepteurs pour Patriot et des missiles sol-air, est en discussion depuis plusieurs mois.
  • Selon des sources internes à la Maison Blanche, le risque d’une invasion de Taïwan par la Chine au cours des cinq prochaines années serait désormais accru.

L’armée américaine a épuisé une part importante de ses munitions offensives, mais également de ses munitions utilisées par des systèmes de défense anti-aérienne pour protéger ses bases et ses alliés dans la région, dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Selon une étude du CSIS, les États-Unis disposent toutefois de suffisamment de missiles pour poursuivre la guerre – que ce soit dans le cadre d’une nouvelle campagne aérienne, ou bien d’un éventuel déploiement de troupes au sol.

Trump a suggéré cette semaine – à deux reprises – qu’il pourrait parler prochainement avec le président taïwanais.

  • Un tel appel serait vivement condamné par Pékin.
  • Aucun président américain n’a parlé directement avec un président taïwanais depuis au moins 1979, lorsque Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taipei.

Trump s’était toutefois entretenu avec l’ex-présidente Tsai Ing-wen en 2016, avant qu’il ne soit investi. Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, avait qualifié l’appel de « manœuvre mesquine de la part de Taïwan ».