Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré jeudi 19 mars que « plus de 120 navires » de l’armée iranienne avaient été coulés depuis le 28 février. Si Hegseth n’a pas précisé quels types de bâtiments avaient été détruits, des images satellites ont montré que d’importantes unités de surface, comme des frégates, ainsi qu’un sous-marin ont été visés par des frappes.

  • Le Bayandor, une corvette de construction américaine, a été coulé, tandis que le Shahid Bahman Bagheri, un porte-conteneurs converti en porte-drones qui avait été livré en février 2025, a été frappé dans les premières heures de l’opération.
  • La base navale de Bandar-Abbas, qui abrite le quartier-général de la marine du corps des gardiens de la révolution, a été visée à plusieurs reprises depuis le début de la guerre.
  • Les bases de Konarak et Chabahar, où se trouve le seul port en eau profonde de la République islamique qui donne sur l’océan Indien, auraient également subi des dégâts importants, tout comme la base de Bouchehr, qui abrite le quartier général du 2e district naval de la marine du corps des gardiens de la révolution.

Les capacités navales de la marine iranienne ont en effet été considérablement affaiblies par la puissance de feu israélo-américaine. L’un des principaux risques en mer aujourd’hui est toutefois la guérilla navale, menée à l’aide de petits navires rapides pouvant servir de plateformes de lancement de drones et de missiles, notamment contre les navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz.

  • Or, seulement 30 de ces petits bateaux rapides équipés de missiles antinavires auraient été détruits, alors que Téhéran disposait de 200 embarcations de ce type avant le début de la guerre 1.
  • Si les capacités « conventionnelles » de la marine iranienne ont été en grande partie détruites, Téhéran conserve ainsi les moyens de perturber sérieusement le trafic dans le détroit.
  • Ces embarcations pourraient également être utilisées pour mettre en place des mines avec une simple rampe.

Selon le porte-parole de Tsahal, « plus de 85 % des systèmes de défense aérienne et des radars iraniens ont été neutralisés ». Cette estimation semble cohérente avec l’apparente supériorité aérienne acquise par les armées israélienne et américaine dans le ciel iranien.

  • L’armée américaine est désormais en mesure de faire voler des bombardiers B-1 non furtifs au-dessus de l’espace aérien iranien, ainsi que des hélicoptères d’attaque Apache et des avions d’appui aérien rapproché A-10 Warthog, qui frappent des cibles dans le Sud du pays, selon le chef d’état-major américain Dan Caine.
  • Ces avions A-10, qui sont équipés d’un canon leur permettant de tirer 70 projectiles par seconde, sont plus vulnérables aux défenses anti-aériennes que les chasseurs, notamment en raison de leur faible vitesse. 
  • Leur déploiement en Iran suggère que les défenses aériennes stratégiques du pays auraient été en grande partie détruites ou neutralisées. 

L’armée iranienne aurait toutefois été en mesure d’endommager un avion de chasse américain F-35 alors que celui-ci « effectuait une mission de combat au-dessus de l’Iran », selon une déclaration de l’armée américaine faite jeudi 19 mars 2.

  • L’appareil a été contraint d’effectuer un atterrissage d’urgence sur une base aérienne américaine au Moyen-Orient.
  • Il s’agirait de la première fois qu’un avion de chasse américain de dernière génération est endommagé par des « tirs » iraniens depuis le début de la guerre.
  • À ce stade, rien ne permet toutefois de confirmer si l’appareil a été touché par un missile tiré par un système de défense anti-aérienne.

En matière de missiles, l’armée israélienne estime que plus de 70 % des capacités iraniennes de tir de missiles balistiques auraient été « neutralisées ». Les attaques américaines et israéliennes ont ciblé les lanceurs et stocks de missiles dès les premières heures de l’opération Epic Fury.

  • Ces frappes ont lourdement réduit les capacités offensives du régime iranien, comme en témoigne la baisse du nombre de projectiles tirés par jour sur Israël et les pays du Golfe.

Après avoir atteint leur niveau le plus faible le 11 mars, les lancements de drones et de missiles sont toutefois en hausse depuis.

  • Selon les chiffres fournis par Israël et les ministères de la Défense des pays du Golfe et compilés par Dmitri Alperovitch, l’Iran aurait tiré la semaine dernière en moyenne 30 missiles et 80 drones par jour.
  • Au cours de la première semaine de la guerre, ces chiffres étaient respectivement de 90 et 280 par jour.
Sources
  1. Gerry Doyle, « Iran Left With Midget Subs, Speedboats After Week of Strikes », Bloomberg, 6 mars 2026.
  2. Haley Britzky et Oren Liebermann, « US F-35 damaged by suspected Iranian fire makes emergency landing, sources say », CNN, 19 mars 2026.